Carte postale de Washington DC

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait quelques temps que je n’ai pas écrit ici. Je me suis un peu perdue dans mes lectures anglophones, dans la reprise de ma vie sociale dallassoise … N’allez pas croire, je ne m’ennuie pas du tout. Nous nous sommes perdus tous les deux dans nos lectures sous la couette, l’université de Dallas ayant fermé 4 jours ces derniers 15 jours à cause du verglas / de la neige … Oui, le Texas sous la neige, ça existe, mais c’est rapidement la panique, puis la boue (ils ne salent pas, ils sablent).

Donc vendredi, nous nous sommes mis en route pour 4 jours à Washington DC, pour le congrès de l’American Mathematic Society. Nous partons tôt, l’avion décolle à 10h19, nous avons prévu d’arriver à l’aéroport vers 9h. Et nous y sommes, mais en arrivant au terminal C (celui qu’on a vu la veille au soir sur internet), nous découvrons que le vol est déplacé au terminal A (celui par lequel la navette qui venait du parking est passée). Nous grommelons, et nous remontons dans la navette. Cette fois ci avec une gentille dame, qui conduit doucement pour prendre soin de nos lombaires. Mais même après qu’elle aie compris que nous étions franchement en retard et qu’elle aie fait sauter son autobus … Nous avons raté notre vol de 3 minutes … Après avoir fait la queue derrière seulement 4 personnes (pour une hôtesse) pendant 45 minutes, nous avons eu de justesse (en temps et en place) une place sur le vol suivant … Ouf, sauvés (sinon, c’était le lendemain à 18h … )

pentagon

Nous n’y avons pas été, mais nous ne sommes pas passés loin … 

Une fois à Washington, nous nous sommes installés dans notre hôtel, à l’intérieur du campus de Georgetown, une des célèbres universités …

Georgetown vu du Potomac

Georgetown, vu depuis le Potomac 

Georgetown

Le quartier de Georgetown

Le premier soir, avant de retrouver nos amis pour un super dîner italien (hello John and Sarah !), nous nous sommes promenés le long de Pennsylvania Avenue. Et j’ai découvert la plus célèbre adresse des Etats Unis (1600 Pennsylvania Avenue) : j’ai nommé la Maison Blanche (de nuit avec jardin enneigé … j’adore).

Maison Blanche

La Maison Blanche

Le lendemain, pendant que Monsieur travaillait, je suis partie en métro jusqu’à la station Smithsonian. C’est au milieu du Mall, cette célèbre place qui réunit à l’est le Capitol, à l’ouest le Washington Memorial (et plus au nord la Maison Blanche), encore plus à l’ouest le Lincoln Memorial. Oui, il y des mémoriaux en l’honneur de pratiquement tous les présidents des Etats Unis, de leurs valeurs humanistes. Un jour je vous raconterai peut-être la Constitution des USA …
Washington Memorial

Le Washington Memorial

Lincoln Memorial

Le Lincoln Memorial

Abraham Lincoln

La fière statue d’Abraham Lincoln

Abraham Lincoln vivant

 Sur les marches, Abraham Lincoln vivant, pour fêter le 150ème anniversaire de son discours d’intronisation. 

Cette place est entourée sur tout son pourtour d’une dizaine de musée, gratuits, dépendant du Smithsonian Institution. En vous écrivant je regarde les sites internets que je n’ai pas pu voir pendant. Monsieur Smithson était Anglais, fils illégitime ayant voyagé toute sa vie, mais jamais aux USA. Décédé en 1829, il offre toute sa fortune pour la création d’une institution pour l’accroissement et la diffusion de la connaissance à Washington. Je n’ai pas visité le musée de l’espace, ni le musée de la poste, ni le museum d’histoire naturelle (j’irai voir les dinosaures quand j’aurai des enfants qui aiment les dinosaures), ni la Art Gallery …
Smithsonian Castle

 Le château du Smithsonian

L'intérieur du Smithsonian Le château du Smithsonian, vu de l’intérieur

J’ai visité le samedi le National American History Museum. Je l’ai choisi parce que j’essaye de comprendre l’état d’esprit de mon pays d’adoption. Et je crois que cela passe par l’histoire. J’ai vu l’Amérique à travers ses guerres, j’ai découvert l’exploration des USA à travers le développement des transports (le train, puis la voiture, un peu moins les bus), j’ai vu l’exposition temporaire Hear My Voice où des scientifiques, par une technique laser, on reproduit les disques de cire cassés avec des enregistrement de la voix d’Alexander Graham Bell vers 1885 … Un plongeon dans le son du passé. Allez voir sur leur site (le lien du titre de l’expo), il y a la vidéo avec le son du disque !! J’ai fini cette journée avec un peu de glamour, en regardant les robes du bal d’introduction des First Ladies. Lorsque leur mari est élu Président, il y a un bal de gala le premier soir. La tradition depuis 100 ans veut que chaque First Lady offre sa robe au Smithsonian, et ils en ont fait une exposition … J’ai donc découvert qu’initialement, la First Lady n’était pas forcément l’épouse du Président, mais une femme de son entourage (par exemple sa fille, sa nièce, sa soeur) lorsqu’il était veuf ou célibataire … Elle était l’hôtesse chargée de l’accueil au sein de la maison présidentielle. On imagine les dîner de l’ancien temps, avec les hommes en uniforme, les femmes en robe longue …

American Indian Museum

L’American Indian Museum

Le dimanche, après avoir continué mon tour du Mall (malheureusement pour moi le Capitol est recouvert d’échafaudages), j’ai fini à l’American Indian Museum. Dans le temps, j’étais une fan des tribus inuits, ceux qui s’appellent les « hommes » et appellent les autres tribus d’Amérique du Nord les « chiens » … Mais la vie me fait visiter cette Amérique du Nord et j’avais envie de découvrir ces autres peuples.
J’ai exploré les traditions de quelques tribus, les traités qui ont été signés puis souvent ignorés par les blancs entre les USA et les tribus indiennes, le travail de conservation de ces cultures avec des adultes qui interviewent les anciens pour enregistrer les histoires qui normalement sont de transmission orale, pour conserver aussi une trace de la langue que les adultes maitrisent encore, mais essayent de transmettre parfois difficilement à leurs enfants. J’ai découvert le principe de Indian Blood Quantum : quand les personnes des tribus indiennes se marient avec des personnes blanches, noires, d’autres tribus indiennes, on compte la proportion de « sang » de chaque tribu. Par exemple, mon danish blood count est de 1/2 (mes 2 grands parents maternels étaient danois, mes deux grands parents paternels étaient français). Certaines tribus réclament un compte de 1/2 pour être membre de leur tribu, d’autres de 1/32 pour être membre d’une tribu … J’ai ensuite découvert les Indiens de Chicago, déplacés par le passé, ayant tellement mélangé leurs sangs entre tribus qu’ils n’ont plus le quantum. Mais étant encore de culture américaine native très prononcée, s’est développée une communauté urbaine toujours très vivante …
J’ai enfin failli craquer pour le livre de recettes du musée, colligeant plusieurs recettes traditionnelles indiennes.

Rewe center

Le Rewe, le vrai nom du totem des Mapuche

Lenape

Comment les Lenape ont été déplacés depuis 300 ans

Lundi, avec mon chéri, nous sommes retournés nous promener sur le Mall, pour voir le château du Smithsonian, leur centre d’accueil.

Le jardin du SmithsonianUn petit bout du jardin du Smithsonian

Finalement, ne me demandez pas si le centre-ville à proprement parler est joli, je ne l’ai pas vu. Ne me demandez pas de détail sur le campus de Georgetown, je ne l’ai pas vu correctement non plus. Ne me demandez pas le nom d’un restaurant indien (d’Inde), j’ai expérimenté le pire (avec le serveur qui me demande de vérifier ce que j’ai dans mon assiette, qui ressemble à ce que mon voisin a aussi dans son assiette, mais qui devrait être différent …)

Jefferson's Memorial

 Lui, c’est Jefferson, dans le Jefferson’s Memorial

Mais assurément, je vous conseille la promenade autour du Mall, au milieu de l’histoire des USA, ceux qui ont été créés en 1776, lors de la déclaration d’Indépendance. Au milieu de tout ce gigantisme « humaniste ». Assurément je vous conseille la visite du Smithsonian, collection impressionnante de musées sur tout !

Je vous embrasse,

La grenouille historienne

Le capitole en camisole

Le Capitole

PS : demandez à Google « Washington DC map » et regardez la forme de la ville … Savez vous pourquoi cette forme carrée d’un côté et « amputée » de l’autre ? Parce que cette zone était le centre des USA à l’époque, qu’il avait été convenu de réaliser un carré parfait en prenant un petit bout du Maryland au Nord et un petit bout de la Virginie au sud … Devinez qui est revenu sur sa parole au dernier moment ???

Réveil frileux

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait quelques temps que je n’ai pas écrit. Initialement complètement absorbée par mon travail de pneumologue intérimaire (oui, ça existe !!), j’ai ensuite beaucoup angoissé à l’idée de mon voyage vers les USA. Je suis partie le 18 février, après à peine un peu plus de 2 mois en France (je le note pour plus tard …).

Le vol s’est lui-même bien passé, y compris la correspondance d’1h50 à l’aéroport de Londres (avec changement de terminal, passage de la sécurité, passage de la pré-immigration sans difficulté, re chek-in et pique-nique). Les choses se sont un peu compliquées à l’arrivée. Je fais gentiment la queue à l’immigration, dans la file ESTA. Quand je passe devant l’officier d’immigration, il me demande pourquoi je viens aux USA et quand je rentre en France. Ma réponse est prête, I’m visiting my husband. Et je rentre le 4 mai … parce que le 5 mai mon ESTA expire (et je ne lui ai pas dis que ça m’a coûté 200 euros pour m’en être rendue compte la veille de mon départ et pour modifier à la dernière minute la date de mon retour qui était initialement le 15 mai …).

Et là, la réponse qui tue : You spend more time in the USA than in France …  Parce qu’il a sous les yeux mon historique de voyage. Et comme j’ai passé 3 mois aux USA entre septembre et décembre, seulement 2 mois en France (vous l’aviez bien noté hein?) … Et me voilà dans la salle du temps qui s’arrête. La numéro 3. Celle où on fait un peu peur aux gens, où on leur posera plus de question quand ce sera le bon moment …

Donc je m’assois et je patiente, partie pour de longues heures d’attente en mon for intérieur. J’ai lu récemment l’histoire d’une résidente française aux USA, qui a passé 3 heures dans ce genre de salle, avant de recevoir un coup de tampon en 3 minutes … Alors je suis préparée à attendre longtemps, un pincement au coeur pour mon chéri qui m’attend de l’autre côté du mur. En fait, l’attente a duré tout au plus un quart d’heure. Et on m’appelle …  par mon prénom, alors je ne réponds pas tout de suite. L’officier d’immigration (un autre cette fois), me demande pourquoi je viens aux USA. I’m visiting my husband. Il vérifie donc un peu la véracité du husband. Pas en me demandant son nom ou mon livret de famille, que j’ai dans mon sac. Mais en me demandant quand nous nous sommes mariés, où, de quand à quand a-t-il vécu en France … Et finalement il me demande si je comprends bien que je devrai rentrer en France le 4 mai. Je lui réponds que oui, que j’ai mon rendez-vous à l’ambassade pour finaliser mon visa d’épouse et que pour rien au monde je ne le manquerais.  Alors avec un grand bruit bureaucratique, mon passeport reçois le tampon « Admitted » … Ouf, je peux sortir libre de la salle numéro 3 et je rejoins 5 minutes plus tard, en larmes, mon mari.

Parce que le tampon « Admitted » est teinté de culpabilité. Oui, j’ai reporté d’un mois mon rendez-vous à l’ambassade pour permettre ce voyage. Oui, je ne travaille de nouveau plus pendant 2 mois. Ou du moins je travaille d’un travail non reconnu par la société : apprendre l’anglais, faire un projet professionnel pour mon retour.
Je me suis morfondue pendant 2 jours. Un peu perdue dans cet océan d’accent texan, bien perdue dans un jetlag … Et puis samedi la vie a commencé à reprendre. Nous avons fait les courses à Central Market (ce magasin pour bobo qui mangent des trucs bio et du bout du monde). Nous avons rendu visite à Belle-Maman, qui est toujours très accueillante et encourageante. Dimanche j’ai retrouvé notre paroisse. Celle où tout le monde m’a souri en me disant « Welcome back ». La langue de l’un d’entre eux a même fourché et m’a souhaité Welcome Home… Ici je suis Madame Frog, l’épouse de Monsieur Frog. Et je suis accueillie … Et c’est bon.

La morale de l’histoire, c’est qu’il ne faut jamais compter sur l’officier de l’immigration pour se sentir accueillie aux USA… Surtout quand on joue à la limite des règles du jeu …

dallas glacée

Enfin, j’ai intitulé ce billet « Réveil frileux » parce que notre météo fait des siennes. J’ai découvert le « sleet ». La pluie verglassante à la texane. Le sol est devenue une plaque de verglas géante. Ben oui, les texans vont quand même pas avoir un « plan salage » pour une ou deux journée dans l’année … Du coup nous sommes avec mon chéri en mode cocooning à la maison… Et c’est bon !!!

Je vous embrasse,

Madame Frog …

Dallas sous la glace

Une carte postale de Lorraine

Bonjour,
Howdy y’all,

Aujourd’hui était une journée « je me morfonds ». Télévision, tricot … Une certaine impression de ne pas faire ce que je devrais. Mais c’était sans compter sur mon mari chéri qui m’a poussée à sortir me promener dans mon village lorrain. Je voulais me pousser à faire des photos, alors voici le thème qu’il m’a trouvé : Chercher l’esprit de mon village.

Today was a day « I mope ». Television, knitting … A feeling of not doing what I should do. But that was before my dear husband pushed me to take a walk out in my Lorraine village. I wanted to take some pictures, so there is the theme he found for me : Find the spirit of my village.

Alors je vous montre ce que j’ai vu … C’est sûrement un peu kitsch … en lorrain dans le texte …

So I will show you what I saw … It’s surely a bit kitsch  … in Lorraine’s language in the text …

Je suis d’abord allée vers « le haut du village ». Là où se trouve une vieille grange à l’abandon. Dans le temps, il y a avait une butte juste à côté où on faisait de la luge les jours de neige.
I first went to the « high part of the village ». Where there is an old abandoned barn. In the old days, there was a mound where we rode our sleds on snowy days. 

grange

 

Puis vers le « bas du village », un petit chemin entre les maisons.
Then to the « low part of the village », a path between the houses. au bout du chemin

 

Une place du village
A village square

place du village

La rue « des chats »
The « cats’ street »

rue des chats

 

En remontant, le village s’ouvre vers les champs et un ciel gris parsemé de quelques traits de lumière.
Going up, the village opens toward the fields and a grey sky, sprinkled with a few rays of light. 

ciel d'hiverl'entrée du champ

Et finalement la vieille ferme dans ma rue. Seule la fermière est encore en vie. Elle ne sort plus de sa maison …
And finally the old farm in my street. The farmer lady is the last alive. She never leaves the house anymore.

 vieille ferme

A la question « Ai-je trouvé l’esprit de mon village », la réponse est Oui, dans la rue des chats. Mais la photo ne le montre pas assez. Alors je vous montre la traversée de la rue, avec le son (mais sans l’odeur …)

To the question « Have I found the spirit of my village », the answer is Yes, in the cats’ street. But the picture doesn’t show it enough. So I will show you the crossing of the street, with the sound (but without the odors …)

 

 

 

Bon baisers de Lorraine,
La grenouille dans la neige