Pourquoi je blogue ?

Howdy y’all !

 

J’avais dit que j’écrirais plus souvent, je ne suis pas sûre d’avoir réussi. Ca, c’était en juillet 2017. Et depuis ?

Et bien ma crise de mal du pays est passée. Doucement, jusqu’à la prochaine fois. Mon mari a repoussé la prochaine crise en m’offrant un appareil à raclette à Noël. Nous avons testé la raclette texane, avec du cheddar et du pepper jack au lieu de la raclette. C’était très chouette.

Et puis nous avons accueilli Elise au mois de janvier. Elle dort beaucoup le jour, ce qui me laisserait un peu de temps pour faire autre chose, même si elle dort un peu moins le soir et se réveille normalement la nuit (normalement c’est à dire à peu près toutes les 2 heures).

Donc je me suis reposée la question de ce blog. Et de l’autre, celui qui parle anglais et de santé… J’ai envie d’écrire, mais sur lequel? Et quels sujets? Alors mes copines m’ont posé cette question: « Pourquoi blogues-tu? ». J’ai mis quelques jours à réussir à réfléchir, et voici le résultat de mes réflexions:

 

  • Pour avoir un support pour ordonner mes idées, sur ce que je veux faire dans la vie, que ce soit professionnelle ou en général. C’est d’ailleurs ce que je fais dans cet article.
  • Pour créer quelque chose, me sentir utile et reconnue par des lecteurs. La maternité c’est chouette, mais ça ne me suffit pas. Depuis toujours mon vœu est d’aider les autres, et je pense que via un blog ce peut être une façon de le faire.
  • Pour préparer tranquillement ce dont j’aimerais parler un jour à un seul endroit à propos de la santé, dans le cadre de la préparation de mon équivalence et de mon installation « à la française » à Waco. Parce que les médicaments sont très utiles mais ne suffisent pas à être en bonne santé. Le mode de vie est également très important, et nous n’en avons pas toujours conscience. Certes le sport, certes l’alimentation (et déjà là ce sujet peut devenir compliquer), mais également notre environnement, nos émotions et notre état d’esprit. Tout un programme.
  • Pour créer une crédibilité pour ce jour lointain où je m’installerai (ou ce jour moins lointain où je dois être candidate pour trouver un poster d’internat).
  • Je pensais bloguer pour rester en contact avec ma famille, mais je me rends compte que je me sens parfois mal à l’aise à partager certaines choses sur un blog « professionnel ». D’où ce blog plus personnel qui reste. Il est des choses autour desquelles j’aimerais échanger, mais je reste encore mal à l’aise d’en parler en public. C’est probablement le signe que ce n’est pas encore le temps d’en parler. Ce temps viendra probablement, mais visiblement chaque chose en son temps.
  • Je pensais bloguer pour raconter mon expatriation, mais je garde ce sentiment que beaucoup d’autres personnes le font bien mieux que moi. Certes peu de gens (voire personne ?) bloguent depuis Waco Texas en français, mais qu’y a-t-il de vraiment intéressant. Si vous me répondez ce qui vous intéresse, je considèrerai cette motivation plus avant.
  • Il est certes plus facile pour moi d’écrire en français, mais je me rends compte que ce que j’aspire à faire à travers un blog nécessite d’être fait en anglais. Que du coup cela me servira d’exercice pour maîtriser tout ce vocabulaire professionnel. Peut-être que je ferai des articles bilingues sur ce blog ci pour parler de la santé aux USA (même si je connais quelqu’un qui le fait déjà très bien !!!).
  • Je pensais bloguer pour soutenir mon projet de coach santé, mais j’avais souvent l’impression de me vendre quand je partageais mes articles. Bloguer sans intention de vendre quelque service que ce soit me permettra je pense de partager plus librement mes articles et peut-être d’avoir plus de lecteurs et donc plus de personnes touchées par ce que j’ai à partager.

 

Une idée a germé pour mon blog professionnel. Après la naissance d’Elise, je me retrouve très fatiguée, frustrée par la fatigue à manger beaucoup de sucreries. J’ai aussi conscience d’autres changements que j’aimerais faire, mais pour lesquels j’ai besoin de faire d’abord des recherches. L’idée est donc de partager mes différents pas de « remise en forme » après cette naissance. Des pas personnels, mais aussi familiaux.
Alors rien n’est encore fait, mais je mets ici le lien vers l’autre blog, celui qui parle anglais.

Et surtout soumettez-moi vos idées, vos commentaires… Parce que je blogue aussi pour dialoguer.

Comment j’ai obtenu mon visa d’épouse pour les USA !

Howdy y’all !

C’est jour de fête. Je vous écris depuis Dallas, où je suis (enfin !) « lawfull permanent resident ». Depuis le 26 juin, où j’ai passé l’immigration tard le soir, après un petit détour par Austin Texas où l’on a atterri pour re-décoler 1heure plus tard afin d’éviter les orages…  Du coup, j’avais envie de reprendre avec vous toutes les étapes de ce processus, qui au final aura duré pour nous plus d’un an !

Etape n°1 : se marier. Nous nous sommes mariés à la mairie le 11 janvier 2014. Nous préparions alors notre mariage religieux un peu plus tard, entourés de nos familles. Nous travaillions tous les deux, alors nous avons bêtement pris un peu de temps à passer à l’étape n°2…

Etape °2 : Monsieur l’Américain doit demander l’initiation du dossier du visa pour son épouse étrangère au NVC, le National Visa Center. Au mois de février, nous remplissons le formulaire G325-A (oui, vous aurez le droit à tous les numéros de formulaire, c’est votre punition), qui est un formulaire biographique. Je dois déjà communiquer mes différentes adresses pour les 5 dernières années, mes employeurs. Nous payons une première fois 420 dollars de frais de candidature.

Etape n°3 : Le 9 avril, nous recevons l’e-mail confirmant l’initiation de notre dossier le 7 avril. C’est la date officielle. A partir de là, je suis prioritaire dans la liste des demandeurs de visa. Nous remplissons aussi le formulaire I-130 que nous envoyons le même jour. C’est LE formulaire de demande de visa d’épouse. Comme nous n’en avons pas de nouvelle, nous envoyons un e-mail de demande d’information le 4 juin.
La réponse arrive le 9 juin 2014, avec acceptation de ce formulaire I 130. Là, on se dit que ça devrait le faire pour la fin de l’été. Comme j’ai été optimiste, j’ai démissionné le 30 juin de mon poste de pneumologue hospitalier (ce que je ne regrette aucunement, cet hôpital aurait sans doute eu ma peau).

Etape n° 3bis : Le 9 juin, je reçois de mon côté un e-mail me demandant le formulaire DS 261, un formulaire qui demande mon e-mail (qu’ils ont déjà donc … vous me suivez ?) pour continuer la correspondance par e-mail. Ils me demandent aussi si je veux désigner une tierce personne, comme un avocat, pour s’occuper de mes papiers.

Etape n°4 : Le 17 juin, on reçoit l’e-mail nous demandant de payer les 88$ de frais pour remplir l’Affidavit of Support I 864. Nous payons dès réception du mail (le 20 juin, nous sommes déjà dans les cartons jusqu’au cou, je travaille encore), et l’Affidavit of Support est envoyé le 10 juillet. C’est un document d’une dizaine de pages, où mon mari donne des informations du genre secret défense sur ses revenus et ses économies, pour justifier qu’il gagne au moins 125% au dessus du seuil de pauvreté et qu’il pourra donc me prendre en charge. Il jure aussi ses grands dieux que même si nous divorçons, il s’occupera de moi financièrement pendant 10 ans.
Sauf que le 2 septembre, on reçoit un e-mail qui nous dit qu’on a oublié une seule foutue ligne … Une ligne d’addition des différentes personnes financièrement soutenantes, c’est à dire une seule personne (vous pensez quand même pas que le NVC pourrait faire l’addition pour nous …) Le document est renvoyé et reçu le 9 septembre.

Etape n°4 bis : Le 28 août, je reçois un e-mail qui me demande 230$ de frais de candidature. Nous les payons le jour-même. Il faudra près d’un mois pour qu’ils soient reçu par le NVC. Entre temps, le 5 août, on reçoit un message qui dit que c’est le bazar au NVC et qu’il ne faut plus 30 jours, mais 60 jours à chaque envoi pour arriver à lire nos documents …

Etape n°5 : Le 3 novembre, ils confirment que l’Affidavit of Support est complet et qu’ils ont bien reçu notre argent. je dois alors remplir le formulaire DS 260. Je remplis aussitôt ce document, ce qui m’a pris, montre en main, 2 heures. Oui, parce que c’est ma biographie de mes 10 dernières années … Mes employeurs (et donc tous mes stages d’interne) avec adresse ET numéro de téléphone (sans parler de la restructuration de l’APHP et des hôpitaux de Corbeil et Evry, j’espère qu’ils n’ont essayé de joindre personne au téléphone). Mes adresses personnelles (et comme j’ai déménagé à peu près tous les 3 ans, ça en fait quelques unes). Les questions concernant mes hypothétiques activités terroristes et/ou communistes.
En parallèle, j’envoie des copies de mon acte de naissance, mon acte de mariage, mon casier judiciaire, mon passeport … A une adresse aux USA, différente de l’adresse où mon Julot a envoyé l’Affidavit of Support, et encore différente de l’adresse où l’on a envoyé la demande toute initiale. A chaque fois un état différent. Le 21 novembre, ils confirment la réception du DS 260 et de l’ensemble de mes documents. Je reçois cette confirmation le 1 décembre.

Etape n°5 bis : là commence l’attente de la lecture de ces documents. Parce qu’après cela, il n’y a « plus que » le rendez-vous médical et à l’ambassade. Je rentre en France le 13 décembre, après 3 mois aux USA … Je sais qu’il leur faut 60 jours pour lire tout ça … Je calcule donc que je n’aurai pas de nouvelle avant la fin janvier … Pendant ce temps là, je travaille en France. C’est la chianlit. Finalement, la dernière semaine de janvier, n’ayant pas de nouvelle du NVC, je craque et rachète un aller-retour pour les Etats Unis, départ le 18 février. Après 2 mois de séparation …

Etape n°6 repoussée : Le 4 février, ils me donnent rendez-vous le 11 mars à l’ambassade à Paris. Si vous me suivez bien, vous avez remarqué que je suis aux USA à cette date là. J’ai décidé que vu le temps qu’ils m’ont fait attendre, ce serait à eux de m’attendre. Oui, je fais ma tête de cochon. Je repousse donc le rendez-vous à l’ambassade le 2 juin, et j’obtiens un RDV avec l’un des 2 médecins assermentés le 20 mai.

Etape n°6 donc : rendez-vous chez un médecin assermenté par l’ambassade. Pour la France, la liste comporte 2 médecins, tous deux en région parisienne. C’est donc 180 euros pour la consultation d’un médecin généraliste, tout Américain qu’il soit, 35 euros une radio des poumons, et 45 euros une prise de sang pour le dépistage de la syphilis. J’ai flippé pour cette consultation. Parce que j’ai eu du mal à me remettre d’une sinusite (genre la fille qui tousse et qui se fait suspecter la tuberculose). Parce que je m’imaginais que je serais dépistée de la tuberculose sur la prise de sang (je pensais que c’était ce test qui justifiait le prix de la consultation) et que vu mon métier ce test serait peut-être positif (explication concernant le dépistage de la TB dans un autre chapitre …). Le matin même enfin, parce que j’ai cru pendant 3 heures que mes vaccins n’était pas à jour (contre la coqueluche, mais le médecin du travail de mon premier hôpital avait fait du zèle, et je ne l’avais pas vu).
A ceux qui pensent que c’est une forme de racket … Je crois que vous avez raison. J’ai reçu à la fin de la journée une enveloppe scellée, à remettre le jour de l’entretien à l’ambassade.

Etape n° 7 : Le 2 juin, après avoir retrouvé mon Julot à Paris (pure coïncidence, sa présence n’était pas requise), je vais à l’ambassade des USA à Paris. Là aussi j’ai flippé … Parce que je suis une flippeuse … C’est tout. Parce que j’ai lu plein de trucs sur internet. Après avoir vérifié 20 fois les documents nécessaires, j’ai découvert 10 minutes avant mon départ pour la gare et 1h avant le départ de Julot pour l’aéroport qu’il me manquait sa dernière déclaration de revenus américaine. Il m’a remis « en main propre » ce document le 2 juin au matin … Genre juste à l’heure. J’avais aussi préparé mon album de photos de mariée, pour montrer la véracité de notre amour, mes billets d’avion de retour de mes séjours aux USA, pour prouver que je n’étais pas restée illégalement (histoire lue d’un Australien tentant de retrouver son épouse Américaine).
A l’ambassade, après s’être fait délestée de mon téléphone portable éteint et de mes écouteur (des fois que j’aimerais écouter l’ambassadrice …), je rencontre 3 personnes en 2 heures. Tout se sera passé en Français. La première personne, c’est seulement pour vérifier que je suis bien là. La seconde, visiblement Française, récupère les originaux des documents que j’avais envoyé en novembre. A ma surprise, les copies postées à une adresse aux USA ont eu le temps d’être renvoyées à l’ambassade à Paris. Il ne manque rien, y compris la déclaration de revenus … Elle récupère aussi l’enveloppe scellée du médecin et mes photos 5 X 5 cm à 25 euros les 2 photos… Puis je rencontre l’officier consulaire, visiblement Américaine, mais qui me parle en Français. Elle me demande la date de mon mariage, le nombre d’invités à la réception (et je m’embarque dans les explications mariage à la mairie / mariage religieux familial), comment je l’ai rencontré … Et en 2 minutes c’était plié. « L’entwetien s’est twès bien passèé » (tentative médiocre de reproduire l’accent américain).

Etape n°8 : comme je suis supersititieuse, je n’ose pas crier victoire avant que ma mère ne reçoive les documents par la poste à la maison (je suis encore à Paris) : une enveloppe scellée à remettre à l’officier d’immigration lors de mon arrivée aux USA, mon passeport avec le visa d’immigrante et une demande d’argent (encore) de 165 $ pour les frais de carte verte. Nous étions au Buttes Chaumont quand ma maman m’a appelée, et je peux vous dire que pendant 1 heure on a sautillé de joie dans tout le parc.

Etape n° 8 bis : Le 26 juin, je pars avec un aller simple vers Dallas. Si j’ai retenu une chose de ce voyage, c’est que pour toutes les personnes qui m’on demandé si je voyageais avec une ESTA et que j’ai répondu « non, un visa d’immigrante », il a été difficile de comprendre que c’était une bonne fois pour toute. Plusieurs personnes m’ont demandé combien de temps je comptais rester (la sécurité d’American Airlines à Londres, la douane après l’immigration). Je vous passe l’épisode de l’orage à l’aéroport exactement 2 minutes avant notre atterrissage, avec pour conséquence la déviation de notre avion à Austin. Une heure pour définir un nouveau plan de vol et faire le plein de carburant et une heure pour décoller d’Austin et revenir à Dallas…
Pour l’officier d’immigration, je crois que je l’ai un peu dérangé en train de manger des graines de tournesol. Il regarde mon visa … Il regarde l’enveloppe scellée. « What happened to the documents with the envelope ? » Je dégaine les 4 pages dont celle qui réclamait de l’argent … « No one with your picture on it ? » Non Monsieur. Il déchire alors littéralement l’enveloppe… Et oui, ma photo elle était dedans … (NB pour Marie et Marie Pierre, pas de cannabis dans l’enveloppe).
Il m’emmène dans le bureau où un 2ème agent a commencé à tout regarder. Un 3ème agent pendant ce temps m’a pris mon empreinte de l’index droit, à l’encre (à l’ancienne), 2 fois. Ainsi que ma signature. A posteriori, je me rends compte que je ne sais même pas ce que j’ai signé … Puis le 2ème me tend mon passeport tamponné (date limite d’utilisation 2 ans) … Et c’est tout ? Et la carte verte arrivera bien par la poste ? Là, c’est un 4ème agent, un peu plus bavard et amical qui m’explique que oui, d’ici 3 à 6 mois je devrais recevoir ma Green Card. Je ne dois pas m’inquiéter, j’ai déjà le droit de travailler avec ce tampon dans mon passeport …

Après la douane, qui m’a souhaité « Welcome » une fois qu’elle a compris que je restais, je me suis sentie littéralement libérée, malgré mon corps qui me disait qu’il était à peu près 5 heures du mat (22h heure locale). Et je suis tombée dans les bras de mon mari.

Et voilà … Un résumé un peu long de mon visa d’épouse (dont je ne connais toujours pas le numéro). Et comme dirait mon ami Gilles … Pour un tel changement de vie, il faut le temps du voyage, et l’avion c’est trop court !
Ce que je retiens de cette procédure ? Tout d’abord qu’on a été vachement optimiste au départ dans les délais. Qu’ensuite il ne faut pas oublier une seule ligne, et c’est peut-être à ce moment là qu’on aurait rentabilisé des frais d’avocat … Mais ce que je retiens de cette année, c’est que ça m’a donné le temps de faire ma propre transition. Quitter mon hôpital, quitter mon appartement, puis décider que je voulais « changer de métier » … Et plus récemment, en fait pendant mon 2ème séjour aux USA (que je ne regrette donc vraiment pas), décider que je voulais exercer mon métier autrement, et commencer à mettre mon projet en oeuvre.
Cette année, bien qu’éprouvante, je décide d’en retenir le meilleur. Et notamment le temps qu’elle m’a donné pour mûrir.

Et aujourd’hui ? Je me sens comme une jeune mariée qui peut enfin emménager avec son nouveau mari, après de si longues fiançailles …

Je vous embrasse,

The lawful permanent resident frog !!!

Et toi ? Pourquoi me lis-tu ?

Bonjour à toutes et à tous,

Je ne vous oublie pas ! Mais la vie est ainsi faite qu’il est des périodes agitées, compliquées, tourmentées, où l’on se demande pourquoi l’on fait les choses. Par exemple pourquoi j’écris ?

J’avais commencé à ma première arrivée aux USA… Oui, parce qu’il y a eu plusieurs arrivées, plusieurs départs aussi. Je voulais écrire pour mes proches, pour ma famille. Je sais que quelques uns me lisent, quand ils me le disent, lors de l’arrivée suivante. Mais voilà, bientôt sera le prochain départ, le bon ! Je viens enfin de recevoir mon visa d’épouse. Je n’ai pas encore acheté le billet d’avion, mais cela ne saurait tarder, probablement pour le début du mois de juillet. Et après cette arrivée là ? Qui me dira de vive-voix qu’il me lit ? Qui osera l’écrire dans les commentaires au bas de la page ? Et que vais-je vous écrire, maintenant que je vais débuter une vie de routines américaines ? Est-ce encore intéressant ? Vais-je faire encore tant de tourisme que je pourrai vous raconter Chicago, New York et Washington en moins de 6 mois ?

J’ai aussi écrit en anglais. Pour m’entraîner. Je sais que j’ai du coup quelques lecteurs anglophones, qui doivent bien rigoler s’ils tentent de lire les articles français avec Google Translate … J’ai aussi quelques lecteurs du bout du monde, dont je ne sais pas vraiment comment ils m’ont trouvée sur la toile. Je ne sais pas ce qu’ils aiment. Mes commentaires littéraires à deux francs (français ou belges, je crois que c’est du pareil au même) six sous ? Mon ton parfois grinçant et désespéré ? Mon romantisme débordant ? Est-ce que j’écris pour ces inconnus ? Parfois oui. Parce que crier dans le vide inter(net)-sidéral paraît moins vain quand on croit que quelqu’un nous entend.

Et voilà que depuis 10 jours j’ai une panne d’inspiration. Je ne sais plus quoi vous raconter. Oui, je vous raconterai toutes les étapes de mon visa, maintenant que je l’ai reçu. Je vous montrerai peut-être le 20ème arrondissement de Paris où je « vis » depuis quelques jours. Mais depuis une semaine, j’ai repris mes réflexions sur le métier que je veux faire, et comment je veux le faire. J’ai repris cette réflexion accompagnée d’un coach. Et c’est extrêmement perturbant. Et c’est extrêmement personnel. Et je vous en raconterai peut-être des petits bouts, à certains moments. Et dans cette réflexion, je voudrais vous recommander la lecture du livre de Baptiste Beaulieu : « Alors vous ne serez plus jamais triste ». L’auteur est médecin généraliste et écrivain, à 29 ans … Il raconte l’histoire d’un médecin qui est sur le point de se suicider, ne pouvant plus vivre après le décès de sa femme. Il tombe sur une vieille dame en robe de soirée, chauffeur de taxi, fumant comme un pompier, qui lui lance le défi de vivre encore quelques jours (ce sera 7 après marchandage) avant d’éventuellement se suicider (ou de décider de vivre ?).

Vous me direz ce que vous en pensez si vous le lisez (ou l’avez lu). Pour l’instant, je peux juste vous dire que j’ai été troublée.

Et vous ne serez plus jamais triste

Et voilà … Pourquoi j’écris ? Parce que j’espère être lue. C’est prétentieux, c’est égocentrique. Mais si vous me lisez pour d’autres raisons, dites-le moi. Et je vous écrirai alors peut-être pour de bonnes raisons.

 

Je vous embrasse,

La grenouille perturbée, mais qui a son visa !

Carte postale d’Ellis Island

Hello,

Chose promise chose due. Après vous avoir emmenés à travers les rues de New York (ici et ), je voudrais vous raconter ce qui était en fait notre première journée, à Ellis Island. Quand les gens nous demandaient ce que nous allions voir à New York, nous répondons Ellis Island … et les gens de nous regarder en s’interrogeant sur ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans quelques murs à l’abandon … Et de nous demander pourquoi nous n’irions pas voir une comédie musicale sur Broadway …
Mais en fait, Broadway ne nous intéressait pas du tout pour cette fois-ci, et dans notre contexte de demande de visa, nous étions curieux de visiter ce lieux mythique de l’immigration aux Etats-Unis. Et la partie accessible au public est restaurée.

Nous avons pris le ferry depuis le New Jersey, avec Liberty cruise. Comme c’est un symbole de l’Amérique, ils sont un peu paranoïaques et passent tout le monde à la sécurité. Ensuite, direction : Ellis Island.

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A l’arrivée, le bâtiment apparaît comme un château. Un grand bâtiment avec une entrée magistrale. Au rez de chaussée, on s’équipe de l’audioguide, et c’est parti. Nous sommes donc entrés par la salle des bagages. C’est l’endroit où les gens laissent leur balluchons pour passer à travers l’immigration. Quelques paranos (dont j’aurais fait probablement partie) gardaient coute que coute leurs affaires avec eux.

 

Ensuite tout le monde devait monter le grand escalier. En fait, c’était déjà le début de la visite médicale. Ceux qui sont essoufflés, ceux qui n’arrivent pas à monter sont déjà repérés par les médecins. En haut de l’escalier, on débarque dans la Registry Room. Une énorme pièce qui pouvait accueillir des milliers de personnes (12 000 personnes la plus grosse journée) dans un bruit qu’on imagine difficilement. Je vous ai fait une bande son de cette salle et de l’exposition qui suit, « Through America’s gate », qui raconte les étapes que l’on traversait lors du processus d’immigration.

La première étape, au fond de la grande salle, c’est la vérification de l’identité, avec traducteur. Les compagnies de bateau devaient préparer le travail en remplissant le manifeste du navire … La liste des passagers, leur origine, leur langue, etc …

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L’étape suivante, est médicale. Très brutale, très rapide. Les gens passent dans les mains de plusieurs médecins, celui qui dépiste les maladies oculaires, comme le trachome, celui qui ausculte plus ou moins à la recherche de la tuberculose. Il y avait tout un système de code pour savoir s’il fallait un examen médical plus approfondi, s’il fallait garder la personne en soins ou la renvoyer par bateau pour les cas désespérés. Il y a pleins de témoignages d’immigrants qui racontent leur arrivée, enfants… On dépistait aussi les problèmes psychiatriques et « d’intelligence ». C’est même là que de grandes avancées ont été faites en matière de test d’intelligence indépendants de la langue.

IMG_0131Le crochet à bouton 

IMG_0133Les codes écrits à la craie sur le col du manteau, en fonction des maladies

IMG_0134Parce que j’aime bien les arbres décisionnels… 

IMG_0152L’hôpital 

IMG_0154Les actes de naissance, et de décès sur Ellis Island

IMG_0156Le bloc opératoire

IMG_0151Les tests d’intelligence

Ensuite, pour ceux dont on se méfiait lors du premier bureau, il y avait un interrogatoire politique et judiciaire, à la recherche des communistes, des criminels. On regardait aussi si les mariages qui justifiaient l’immigration étaient véridiques, et on pouvait demander à l’époux déjà immigré de venir chercher son épouse (et oui, l’Amérique, c’était réputé dangereux pour les femmes seules).

IMG_0145Un télégramme envoyé à Monsieur, pour venir chercher Madame

Mon Julot a mieux retenu que moi les statistiques de passage. C’est par ici, mais c’est en Anglais ! Ensuite, c’est l’aventure qui continue. Munis de petits cartons pour savoir où on allait, les immigrants se répartissaient dans des trains vers le reste des USA. L’exposition montre aussi le commerce et l’organisation autour d’Ellis Island : les commerces d’alimentation et de change à la sortie de l’immigration, les associations caritatives parfois religieuses, parfois culturelles qui aidaient les gens détenus à Ellis Island …

IMG_0162A table … 

IMG_0148Une fois sorties, avec les cartes d’orientation pour les gares.

IMG_0144La buvette, avec les prix dans différentes langues … Sauf le « hot coffee »

Il y avait aussi une exposition sur les début de la nouvelle vie aux USA (le travail rude, les conditions de vie, mais aussi toutes les communautés d’origine et de religion, ainsi que les cours d’américanisation), sur les bâtiments eux-mêmes, et la rénovation du bâtiment (abandonné après la seconde guerre mondiale). J’ai pris moins de photos … Je crois que nous commencions à être un peu fatigués.

 

Alors voilà comment c’était dans les années 20. En général le processus d’immigration ne durait qu’une journée, mais une journée un peu violente, sûrement très angoissante. Il est vrai que les choses se font en douceur en ce qui me concerne, je pense que le médecin que je verrai le 20 mai n’utilisera pas de crochet à bouton pour me chercher le trachome … Mais ça fait un an que ça dure … Je vous raconterai en détail quand ce sera fini.

Aller, je vous laisse. A bientôt …

La grenouille immigrante.

Parce qu’on est quand même passés la voir après Ellis Island

Happy New Year !!

Bonjour,

Je commence par vous souhaiter à toutes et à tous la bonne année 2015. J’ai encore le droit (il paraît qu’on a 15 jours pour le faire) … J’avais un peu disparu de la circulation pour cause de « mari en France ».

Et oui, toujours dans l’attente de mon visa d’épouse de citoyen américain, mon Julot est venu en France pour 2 semaines de vacances. Il est donc arrivé le 25 décembre au soir (c’est ce que ça coûte de chercher le billet le moins cher à la période de Noël et à la presque dernière minute) et vient de repartir ce matin (départ de la maison : 4h00 du matin …).

Ce petit délai m’a permis de lire les bonnes résolutions des uns et des autres. Beaucoup préfèrent dévoiler leurs objectifs ou leurs projets plutôt que des résolutions. J’ai coupé la poire en deux. J’ai pris une bonne résolution/projet : « oser interviewer des personnes exerçant différents métiers aux USA ». La bonne résolution est contenue dans le mot « oser ». Et le projet est contenu dans le reste de la phrase … D’ailleurs, si vous avez envie de découvrir certains métiers, n’hésitez pas à passer commande dans les commentaires. Et j’essaierai de vous exaucer.
L’idée est de poursuivre ma réflexion professionnelle pour le jour où j’aurai le droit de travailler.

Je vous raconterai bientôt aussi notre semaine de vacances en amoureux à Paris (avec quelques photos faites avec mon cadeau de Noël). Je vous raconterai aussi (après un peu de maturation) ma première semaine de pneumologue intérimaire à l’hôpital de Hayange.

 

Altroff060115

En attendant ces prochains articles,
Je vous embrasse,

La grenouille qui ronge son frein dans l’est de la France

un PS : J’ai écrit ce matin cet article. J’y rajoute une pensée attristée et consternée pour les victimes, familles et proches de l’attentat à Charlie Hebdo. Je lis toutes les réactions. J’en ai « aimé » plusieurs. Je n’ai pour l’instant pas d’autre mot que la consternation et la tristesse.

 

Une histoire d’Amour ?

Je vais vous raconter une histoire.

C’est celle d’une fille qui, après 3 mois dans le pays de son mari, doit retourner dans son pays d’origine pour des histoires de visa. C’est celle d’un couple séparé, parce que l’amour et les liens du mariage, ça ne compte qu’à moitié pour les états nations dont nous sommes issus.

C’est aussi l’histoire d’une fille qui se croyait expatriée, mais qui ne l’est pas. C’est Expat Blog qui l’a dit … Après avoir essayé de me faire référencer, j’ai reçu cette réponse surprenante : « Je vois que vous n’êtes pas expatrié. Or nous ne recensons que des blogs d’expatriés. Nous ne pouvons accepter votre blog dans l’annuaire expat blog ». Mais finalement, ils doivent avoir raison, comme les administrations de visa. Je suis résidente en France et je viens officiellement de faire 3 mois de tourisme à Dallas, Texas … Je rentre à présent en France. Je réside dans la chambre d’ami de mes parents, je n’ai plus de travail fixe … Que suis-je ? J’ai l’impression d’être apatride en attendant d’avoir la reconnaissance par quelqu’un de ma situation. J’écris ce billet depuis la zone de transit international de l’aéroport de London Heathrow, et ce sentiment de non-nationalité n’en est qu’exacerbé.

Je pourrais vous parler de l’amour qui me lie à mon mari. De sa puissance, de sa beauté. Je pourrais vous parler de ma foi, mais comme je suis encore française, je ne vais pas le faire ici. Mon blog serait alors en mode « cupcake rose » …

Certains nous soutiennent en nous rappelant qu’il existe peut-être un sens à cette attente, à ce processus (apprendre la patience, servir d’exemple pour les enjeux plus généraux de l’immigration … ). J’avoue qu’aujourd’hui, à Londres, j’ai du mal à le voir.
Mais c’est l’histoire de beaucoup de couples internationaux. Et j’en rencontre de plus en plus.

Finalement, c’est peut-être cela le message. Que l’amour qui réunit ces couples un peu spéciaux est bien la preuve que l’Amour est au delà des nationalités et des Etats.
Je vous laisse méditer, et n’hésitez pas à partager vos médiations dans les commentaires …

A bientôt
A frog in London …

Second Acts and Career Clinic

Howdy y’all !!

Today, I will tell you about the 2 last books I read. They both speak about how to choose your next job. And by « next job » I don’t mean « next hospital » for me, but I’ve been wondering for a few weeks (months?) about what kind of work I want to do. For those who maybe don’t know, I’m a pulmonologist in France (should I say « I was » ?) but with the move to USA and the difficulties of certification added to my existential questions, I’m reading books about the « dream job » to guide my reflection.

Let’s speak about the books.

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Second Act is written by Stephen M. Pollan and Mark Levine. Stephen Pollan worked hard for banks when he was diagnosed with tuberculosis (and not with cancer as he feared). This disease can be very exhausting, so he had to change his way of life. It speaks about money, credit and work to pay the bills. But after his recovering, he decided to keep on his new way of life, and to make it evolve until he became a life coach.

There are 3 parts :
– The first part affirms that everybody can decide to lead the life of his dreams. But you need to decide it and then to plan it. That means knowing what is your dream. The author proposes a few exercises to identify and put words on your dream. I’m working on it. Slowly because I’m savoring it.

– The second part is about identifying the different obstacles between you and your dream. That can be money, age, education and training. Then he proposes you ways to overcome those obstacles.

– The third part is quite short. It’s about « writing your second act script ». Just do it. Just plan it.

At the end of the book, I know I’ve already launched my second act by marrying my husband and moving to the USA. I’ve done the work by forgetting a part of the beginning. I’m not finished with my reflection about my job. That’s why I’m happy to be in the USA. That gives me time to dream more « realistically » about work.

 

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The second book is The Career Clinic, written by Maureen Anderson. The subheading is « 8 rules for finding work you love ». If I should keep one quote, it would be, « How much money are they going to have to pay me to make me forget how much I hate my life? … When you ask something like that, you can’t go backward and unask it. The question’s been asked, the universe hears it, and you can’t just pretend nothing happenend ».

You can’t unask … So there are the 8 titles of the chapters :
-No regrets
-Talk to yourself
-Stop
-Ask for directions when you get lost
-Accept free samples
-Say yes
-Have fun!
-Try something new when you stop having fun

Each chapter is the collection of a few testimonies. From artists who eventually decide to live their passion and to make a living of it, from life coaches, from a guy who made a mustard museum, from a cowboy … That gave me energy to continue my search for my dream job.

The few techniques I would keep from that book are asking for internship (to try a job), to take opportunities that come to you, and to have fun.

 

So here I am, full of good advice … Having some time to think about it … To those who want to know what job I’ll choose, let us make an appointment in the next summer. If I get my visa, it could be the time I begin to work again… Waiting for that day,

Take care of you,

The thinking frog …

Entre les deux mon coeur balance …

Chers tous,

Cette phrase hante mon cortex pariétal ces temps ci …

Entre 2 pays, entre 2 voies de travail … Heureusement mon coeur ne balance que pour un seul homme !!

Entre 2 pays … Parce que je viens de réaliser que dans 3 semaines je dois retourner en France pour une durée … indéterminée. Pour ceux qui n’ont pas suivi, je suis en attente d’un visa d’épouse de citoyen américain. Donc oui je suis prioritaire (mon dossier a débuté dès qu’il a été reçu), mais la procédure dure le temps qu’elle dure (comme le fut du canon) … Donc ça avance doucement, mais je suis depuis 2 mois aux USA avec mon Esta, et je dois donc retourner en France. Mon secret espoir est que ce retour coïncide avec le rendez-vous à l’ambassade (et avec le médecin agréé pour l’évaluation de santé … Sait-on jamais, des fois que je commencerais une exportation de tuberculose depuis la Géorgie via Fontenay les Briis …)

Tout le monde (mes connaissances américaines, ma famille …) me demande si je suis contente de « rentrer ». Comme si j’étais partie pour un long voyage aux USA. Comme si j’allais rentrer, retrouver mon chez-moi et mon boulot, mes fromages et mon pain … Sauf que je n’ai plus mon « chez-moi » et que je retourne chez mes parents (même si je les adore !) … Sauf que je n’ai plus de boulot, et que je ne sais pas si j’en trouverai un en temporaire … Donc j’ai l’impression de quitter mon nouveau chez-moi, mon mari (même si finalement il viendra 15 jours après Noël), mes nouvelles activités …

Donc entre les deux, mon coeur balance.

D’un autre côté, je vais faire une révélation, à ceux qui ne l’auraient pas encore compris, je suis en grande réflexion sur mon avenir professionnel. Je ne vais pas m’étendre longuement, je vous raconterai plus tard les différentes pistes que j’explore. Mais la question peut se résumer entre 2 possibilités : faire les équivalences de médecine ou changer de métier. Ceux qui voudraient me faire part de leur avis, je suis preneuse … Avec le recul nécessaire …

Et là encore plus mon coeur balance. Parce qu’on abandonne pas le métier de médecin pneumologue d’un coup de tête, mais qu’on ne se tape pas un internat de 2 à 4 ans à la période où on imagine pouponner en même temps d’un autre coup de tête.

Je lance un appel à tous ceux qui ont changé de vie en changeant de pays. Ou pas d’ailleurs. Et un appel à ceux qui ont renoncé à exercer la médecine pour d’autres métiers (qu’ils soient en lien ou complètement différents). N’hésitez pas à partager vos témoignages dans les commentaires … Ou par email pour les plus timides … Je vous attends.

A bientôt