Et toi ? Pourquoi me lis-tu ?

Bonjour à toutes et à tous,

Je ne vous oublie pas ! Mais la vie est ainsi faite qu’il est des périodes agitées, compliquées, tourmentées, où l’on se demande pourquoi l’on fait les choses. Par exemple pourquoi j’écris ?

J’avais commencé à ma première arrivée aux USA… Oui, parce qu’il y a eu plusieurs arrivées, plusieurs départs aussi. Je voulais écrire pour mes proches, pour ma famille. Je sais que quelques uns me lisent, quand ils me le disent, lors de l’arrivée suivante. Mais voilà, bientôt sera le prochain départ, le bon ! Je viens enfin de recevoir mon visa d’épouse. Je n’ai pas encore acheté le billet d’avion, mais cela ne saurait tarder, probablement pour le début du mois de juillet. Et après cette arrivée là ? Qui me dira de vive-voix qu’il me lit ? Qui osera l’écrire dans les commentaires au bas de la page ? Et que vais-je vous écrire, maintenant que je vais débuter une vie de routines américaines ? Est-ce encore intéressant ? Vais-je faire encore tant de tourisme que je pourrai vous raconter Chicago, New York et Washington en moins de 6 mois ?

J’ai aussi écrit en anglais. Pour m’entraîner. Je sais que j’ai du coup quelques lecteurs anglophones, qui doivent bien rigoler s’ils tentent de lire les articles français avec Google Translate … J’ai aussi quelques lecteurs du bout du monde, dont je ne sais pas vraiment comment ils m’ont trouvée sur la toile. Je ne sais pas ce qu’ils aiment. Mes commentaires littéraires à deux francs (français ou belges, je crois que c’est du pareil au même) six sous ? Mon ton parfois grinçant et désespéré ? Mon romantisme débordant ? Est-ce que j’écris pour ces inconnus ? Parfois oui. Parce que crier dans le vide inter(net)-sidéral paraît moins vain quand on croit que quelqu’un nous entend.

Et voilà que depuis 10 jours j’ai une panne d’inspiration. Je ne sais plus quoi vous raconter. Oui, je vous raconterai toutes les étapes de mon visa, maintenant que je l’ai reçu. Je vous montrerai peut-être le 20ème arrondissement de Paris où je « vis » depuis quelques jours. Mais depuis une semaine, j’ai repris mes réflexions sur le métier que je veux faire, et comment je veux le faire. J’ai repris cette réflexion accompagnée d’un coach. Et c’est extrêmement perturbant. Et c’est extrêmement personnel. Et je vous en raconterai peut-être des petits bouts, à certains moments. Et dans cette réflexion, je voudrais vous recommander la lecture du livre de Baptiste Beaulieu : « Alors vous ne serez plus jamais triste ». L’auteur est médecin généraliste et écrivain, à 29 ans … Il raconte l’histoire d’un médecin qui est sur le point de se suicider, ne pouvant plus vivre après le décès de sa femme. Il tombe sur une vieille dame en robe de soirée, chauffeur de taxi, fumant comme un pompier, qui lui lance le défi de vivre encore quelques jours (ce sera 7 après marchandage) avant d’éventuellement se suicider (ou de décider de vivre ?).

Vous me direz ce que vous en pensez si vous le lisez (ou l’avez lu). Pour l’instant, je peux juste vous dire que j’ai été troublée.

Et vous ne serez plus jamais triste

Et voilà … Pourquoi j’écris ? Parce que j’espère être lue. C’est prétentieux, c’est égocentrique. Mais si vous me lisez pour d’autres raisons, dites-le moi. Et je vous écrirai alors peut-être pour de bonnes raisons.

 

Je vous embrasse,

La grenouille perturbée, mais qui a son visa !

Carte postale d’Ellis Island

Hello,

Chose promise chose due. Après vous avoir emmenés à travers les rues de New York (ici et ), je voudrais vous raconter ce qui était en fait notre première journée, à Ellis Island. Quand les gens nous demandaient ce que nous allions voir à New York, nous répondons Ellis Island … et les gens de nous regarder en s’interrogeant sur ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans quelques murs à l’abandon … Et de nous demander pourquoi nous n’irions pas voir une comédie musicale sur Broadway …
Mais en fait, Broadway ne nous intéressait pas du tout pour cette fois-ci, et dans notre contexte de demande de visa, nous étions curieux de visiter ce lieux mythique de l’immigration aux Etats-Unis. Et la partie accessible au public est restaurée.

Nous avons pris le ferry depuis le New Jersey, avec Liberty cruise. Comme c’est un symbole de l’Amérique, ils sont un peu paranoïaques et passent tout le monde à la sécurité. Ensuite, direction : Ellis Island.

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A l’arrivée, le bâtiment apparaît comme un château. Un grand bâtiment avec une entrée magistrale. Au rez de chaussée, on s’équipe de l’audioguide, et c’est parti. Nous sommes donc entrés par la salle des bagages. C’est l’endroit où les gens laissent leur balluchons pour passer à travers l’immigration. Quelques paranos (dont j’aurais fait probablement partie) gardaient coute que coute leurs affaires avec eux.

 

Ensuite tout le monde devait monter le grand escalier. En fait, c’était déjà le début de la visite médicale. Ceux qui sont essoufflés, ceux qui n’arrivent pas à monter sont déjà repérés par les médecins. En haut de l’escalier, on débarque dans la Registry Room. Une énorme pièce qui pouvait accueillir des milliers de personnes (12 000 personnes la plus grosse journée) dans un bruit qu’on imagine difficilement. Je vous ai fait une bande son de cette salle et de l’exposition qui suit, « Through America’s gate », qui raconte les étapes que l’on traversait lors du processus d’immigration.

La première étape, au fond de la grande salle, c’est la vérification de l’identité, avec traducteur. Les compagnies de bateau devaient préparer le travail en remplissant le manifeste du navire … La liste des passagers, leur origine, leur langue, etc …

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L’étape suivante, est médicale. Très brutale, très rapide. Les gens passent dans les mains de plusieurs médecins, celui qui dépiste les maladies oculaires, comme le trachome, celui qui ausculte plus ou moins à la recherche de la tuberculose. Il y avait tout un système de code pour savoir s’il fallait un examen médical plus approfondi, s’il fallait garder la personne en soins ou la renvoyer par bateau pour les cas désespérés. Il y a pleins de témoignages d’immigrants qui racontent leur arrivée, enfants… On dépistait aussi les problèmes psychiatriques et « d’intelligence ». C’est même là que de grandes avancées ont été faites en matière de test d’intelligence indépendants de la langue.

IMG_0131Le crochet à bouton 

IMG_0133Les codes écrits à la craie sur le col du manteau, en fonction des maladies

IMG_0134Parce que j’aime bien les arbres décisionnels… 

IMG_0152L’hôpital 

IMG_0154Les actes de naissance, et de décès sur Ellis Island

IMG_0156Le bloc opératoire

IMG_0151Les tests d’intelligence

Ensuite, pour ceux dont on se méfiait lors du premier bureau, il y avait un interrogatoire politique et judiciaire, à la recherche des communistes, des criminels. On regardait aussi si les mariages qui justifiaient l’immigration étaient véridiques, et on pouvait demander à l’époux déjà immigré de venir chercher son épouse (et oui, l’Amérique, c’était réputé dangereux pour les femmes seules).

IMG_0145Un télégramme envoyé à Monsieur, pour venir chercher Madame

Mon Julot a mieux retenu que moi les statistiques de passage. C’est par ici, mais c’est en Anglais ! Ensuite, c’est l’aventure qui continue. Munis de petits cartons pour savoir où on allait, les immigrants se répartissaient dans des trains vers le reste des USA. L’exposition montre aussi le commerce et l’organisation autour d’Ellis Island : les commerces d’alimentation et de change à la sortie de l’immigration, les associations caritatives parfois religieuses, parfois culturelles qui aidaient les gens détenus à Ellis Island …

IMG_0162A table … 

IMG_0148Une fois sorties, avec les cartes d’orientation pour les gares.

IMG_0144La buvette, avec les prix dans différentes langues … Sauf le « hot coffee »

Il y avait aussi une exposition sur les début de la nouvelle vie aux USA (le travail rude, les conditions de vie, mais aussi toutes les communautés d’origine et de religion, ainsi que les cours d’américanisation), sur les bâtiments eux-mêmes, et la rénovation du bâtiment (abandonné après la seconde guerre mondiale). J’ai pris moins de photos … Je crois que nous commencions à être un peu fatigués.

 

Alors voilà comment c’était dans les années 20. En général le processus d’immigration ne durait qu’une journée, mais une journée un peu violente, sûrement très angoissante. Il est vrai que les choses se font en douceur en ce qui me concerne, je pense que le médecin que je verrai le 20 mai n’utilisera pas de crochet à bouton pour me chercher le trachome … Mais ça fait un an que ça dure … Je vous raconterai en détail quand ce sera fini.

Aller, je vous laisse. A bientôt …

La grenouille immigrante.

Parce qu’on est quand même passés la voir après Ellis Island

Réveil frileux

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait quelques temps que je n’ai pas écrit. Initialement complètement absorbée par mon travail de pneumologue intérimaire (oui, ça existe !!), j’ai ensuite beaucoup angoissé à l’idée de mon voyage vers les USA. Je suis partie le 18 février, après à peine un peu plus de 2 mois en France (je le note pour plus tard …).

Le vol s’est lui-même bien passé, y compris la correspondance d’1h50 à l’aéroport de Londres (avec changement de terminal, passage de la sécurité, passage de la pré-immigration sans difficulté, re chek-in et pique-nique). Les choses se sont un peu compliquées à l’arrivée. Je fais gentiment la queue à l’immigration, dans la file ESTA. Quand je passe devant l’officier d’immigration, il me demande pourquoi je viens aux USA et quand je rentre en France. Ma réponse est prête, I’m visiting my husband. Et je rentre le 4 mai … parce que le 5 mai mon ESTA expire (et je ne lui ai pas dis que ça m’a coûté 200 euros pour m’en être rendue compte la veille de mon départ et pour modifier à la dernière minute la date de mon retour qui était initialement le 15 mai …).

Et là, la réponse qui tue : You spend more time in the USA than in France …  Parce qu’il a sous les yeux mon historique de voyage. Et comme j’ai passé 3 mois aux USA entre septembre et décembre, seulement 2 mois en France (vous l’aviez bien noté hein?) … Et me voilà dans la salle du temps qui s’arrête. La numéro 3. Celle où on fait un peu peur aux gens, où on leur posera plus de question quand ce sera le bon moment …

Donc je m’assois et je patiente, partie pour de longues heures d’attente en mon for intérieur. J’ai lu récemment l’histoire d’une résidente française aux USA, qui a passé 3 heures dans ce genre de salle, avant de recevoir un coup de tampon en 3 minutes … Alors je suis préparée à attendre longtemps, un pincement au coeur pour mon chéri qui m’attend de l’autre côté du mur. En fait, l’attente a duré tout au plus un quart d’heure. Et on m’appelle …  par mon prénom, alors je ne réponds pas tout de suite. L’officier d’immigration (un autre cette fois), me demande pourquoi je viens aux USA. I’m visiting my husband. Il vérifie donc un peu la véracité du husband. Pas en me demandant son nom ou mon livret de famille, que j’ai dans mon sac. Mais en me demandant quand nous nous sommes mariés, où, de quand à quand a-t-il vécu en France … Et finalement il me demande si je comprends bien que je devrai rentrer en France le 4 mai. Je lui réponds que oui, que j’ai mon rendez-vous à l’ambassade pour finaliser mon visa d’épouse et que pour rien au monde je ne le manquerais.  Alors avec un grand bruit bureaucratique, mon passeport reçois le tampon « Admitted » … Ouf, je peux sortir libre de la salle numéro 3 et je rejoins 5 minutes plus tard, en larmes, mon mari.

Parce que le tampon « Admitted » est teinté de culpabilité. Oui, j’ai reporté d’un mois mon rendez-vous à l’ambassade pour permettre ce voyage. Oui, je ne travaille de nouveau plus pendant 2 mois. Ou du moins je travaille d’un travail non reconnu par la société : apprendre l’anglais, faire un projet professionnel pour mon retour.
Je me suis morfondue pendant 2 jours. Un peu perdue dans cet océan d’accent texan, bien perdue dans un jetlag … Et puis samedi la vie a commencé à reprendre. Nous avons fait les courses à Central Market (ce magasin pour bobo qui mangent des trucs bio et du bout du monde). Nous avons rendu visite à Belle-Maman, qui est toujours très accueillante et encourageante. Dimanche j’ai retrouvé notre paroisse. Celle où tout le monde m’a souri en me disant « Welcome back ». La langue de l’un d’entre eux a même fourché et m’a souhaité Welcome Home… Ici je suis Madame Frog, l’épouse de Monsieur Frog. Et je suis accueillie … Et c’est bon.

La morale de l’histoire, c’est qu’il ne faut jamais compter sur l’officier de l’immigration pour se sentir accueillie aux USA… Surtout quand on joue à la limite des règles du jeu …

dallas glacée

Enfin, j’ai intitulé ce billet « Réveil frileux » parce que notre météo fait des siennes. J’ai découvert le « sleet ». La pluie verglassante à la texane. Le sol est devenue une plaque de verglas géante. Ben oui, les texans vont quand même pas avoir un « plan salage » pour une ou deux journée dans l’année … Du coup nous sommes avec mon chéri en mode cocooning à la maison… Et c’est bon !!!

Je vous embrasse,

Madame Frog …

Dallas sous la glace

16/9/14 Day one

C’est le jour de l’ouverture ! L’ouverture de ma nouvelle vie. Et comme j’ai envie de la partager, je vous la présente.

Je viens d’arriver à Dallas. Hier, c’était le long voyage de transition. Avec toute l’angoisse de peut générer la gestion de 2 valises pour 3 mois, des embouteillages sur l’autoroute A31 vers l’aéroport de Luxembourg, puis des contrôles de sécurité et d’identité à Luxembourg puis Londres.

Mais finalement je suis arrivée à bon port, avec une agent de l’immigration très compréhensive sur le fait de venir visiter son mari …

Hier ce fut aussi l’inventaire. J’ai retrouvé Jameson, mon américain de mari. Nous nous sommes serrés tellement fort, à 10cm de la porte de la douane, qu’une femme a été émue, nous a pris en photo et nous a proposé de nous envoyer ladite photo par SMS … Ah, 21ème siècle, quand tu nous tiens.

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Nous nous sommes retrouvés, comme 2 étrangers. Skype retransmet bien l’image et le son, mais pas encore le toucher ou l’odeur. Alors nous nous réapprivoisons. Et c’est délicieux de faire l’inventaire de son mari physiquement oublié.

Et finalement, aujourd’hui, c’est l’ouverture. Je suis allée sur le campus de « University of Texas at Dallas », qui se trouve en fait à Richardson, dans la proche banlieue nord. Il fera jusqu’à 86°F cet après-midi, et je présume que ce sera chaud.

A première vue, le campus, ce sont de beaux bâtiments climatisés à vous en donner des sueurs froides,2 grandes artères dont l’une avec de jolies fontaines, et des étudiants en short qui ont tous l’air de marcher seul, et dans toutes les directions. C’est aussi une librairie où l’on a du mal à trouver des livres, mais où l’on peut se procurer toute une collection d’objets et de vêtements à l’effigie de l’université.IMG_1897

Pour l’heure mes contacts avec les gens sont courts. Ce que je demande et soit hyperfacile (« vous ne voulez pas de place de parking ? non ? alors pas besoin de pièce d’identité »), soit impossible (« une carte de la ville ? non, pas ici, prenez l’autoroute 135 jusqu’à la mairie, ils ont une librairie officielle »).

Pour l’instant ce n’est que l’ouverture, mais bientôt j’aurai un vélo, pour agrandir mon champ d’exploration. Il faut bien des jolies choses à vous montrer dans la vitrine de ma boutique !!!