Le mal du pays

Bonjour à tous,

Je reprends ma plume électronique. Je viens de voir que je n’ai rien écris depuis septembre. Une nouvelle éternité.

Là je vous écris avec mon petit de 14 mois qui ne rêve que d’une chose, venir taper sur mon clavier d’ordinateur à son tour. Vous vous souvenez du lapin Duracell ? Et bien c’est mon petit. Il dort correctement, mais 11h la nuit (et pas 12 comme dans les livres), et la sieste dure 2 fois 45min quand j’ai de la chance. Pendant ses 2 siestes, j’ai le choix entre tenter de travailler, l’emmener marcher pendant qu’il dort dans sa poussette, ou faire la sieste avec lui. Parce que durant cette éternité, je suis retombée enceinte. J’en suis à la fin du premier trimestre, celui qui prend toute l’énergie …

Ce samedi nous avons invité nos nouveaux voisins (depuis un an quand même) à déjeûner chez nous. J’ai cuisiné quelque chose de chouette. Pas très compliqué, mais un peu travaillé. Un poulet rôti au thym et au citron, une ratatouille, des pommes de terres, des meringues avec de fraises et de la crème fouettée au dessert. C’était bon. Mais durant le repas, j’ai eu un peu de mal à me poser. Mon enfant qui mendiait sans cesse à manger, ou bien simplement de l’attention. Et nos voisins racontent beaucoup d’histoires, en passant parfois du coq à l’âne, en posant parfois quelques questions sur nos vies, mais en écoutant peu les réponses.
J’ai demandé à mon mari américain si c’était moi, eux ou culturel, ce genre de conversation peu intéressante, peu profonde, et qui ne va nulle part. Il m’a confirmé mon sentiment et nous en avons conclu que c’était probablement une partie des américains.

J’ai ensuite eu une grosse crise de mal du pays. La bonne cuisine me manque, et cuisiner un peu élaboré me demande tellement de travail qu’il me manque vraiment une table qui sait déguster (certes mon mari, mais pour le coup je n’ai pas l’impression que mes voisins ont apprécié mon travail à sa juste valeur). Donc bien manger me manque, manger pendant 4 ou 5 heures en refaisant le monde me manque. Je me suis rappelée le Dîner des 3 lions avec Gilles, Zac (les deux autres lions qui fêtent leur anniversaire le même mois que moi), Marie, Marie-Pierre, et les autres. Le repas pouvait durer toute l’après-midi. Je me suis dit que j’aurais bien bu un verre de vin (mais donc pas aujourd’hui avec la nouvelle crevette dans mon ventre). Mes amis m’ont manqué tellement que d’un coup, j’ai eu la crise de larme (peut-être aidée par les hormones de la grossesse???).

Dans mes méandres de réflexion, le petit centre ville de Metz m’a manqué. Ses cafés, ses boutiques de vêtement. Parce que hier soir nous sommes allés au Mall de Waco, et je vous le confirme, c’est vraiment dépressiogène. Les vêtements de fille sont informes, la moitié des boutiques fermées, l’autre moitié ne vaut pas la peine de s’y arrêter… Alors hier soir je me suis un peu effondrée…

Et aujourd’hui? Mon mari vient de partir en congrès, en me laissant avec mon petit sans voiture… Je peux vous dire que j’en viens presque à regretter le métro parisien.

En recherchant sur internet, je me suis demandée comment soigner le mal du pays. Les réponses vont de « manger la cuisine qui vous manque » (je n’ai pas encore trouvé de restaurant français à Waco), appelez vos proche (du coup c’est raté pour ce week-end avec le décalage horaire), faites des choses qui vous plaisent (et là, ce sera le sujet d’un prochain billet, c’est comment faire ce qui me plait avec mon 14 mois dans les pattes…)

Du coup j’ai décidé de reprendre le contact avec mon blog. On verra bien si je reviens écrire plus souvent par ici.

Point de photo dans ce billet, mais on va essayer de s’améliorer sur ce point.

Je vous embrasse,

 

La bibliothèque des coeurs cabossés

Bonjour à toutes et à tous,

Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de partager une lecture en Français. Bon d’accord, l’auteur (Katarina Bivald) est Suédoise, écrit en Suédois et l’action se passe en Iowa … Vous me voyez venir … Mais comme cette lecture m’a accompagné durant mon immigration proprement dite, et qu’elle est très belle, je voulais la partager avec vous.

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L’histoire commence par une correspondance entre Sara Lindqvist, 28 ans, libraire suédoise récemment remerciée de son travail pour cause de fermeture, et Amy Harris, 65 ans, vieille dame respectable de la ville de Broken Wheel (« Roue Cassée ») en Iowa … C’est l’histoire d’une jeune femme qui voyage pour rendre visite à sa correspondante après 2 ans d’échange de lettres, avec un visa de tourisme (donc 90 jours maxi).

Sauf qu’à son arrivée, Sara découvre qu’Amy a eu le mauvais goût de mourir. Elle arrive « juste à l’heure » pour les funérailles, puis se retrouve invitée par le reste du village à rester dans la maison d’Amy. Et voilà comment l’histoire se met en place.

Je ne vous raconterai pas la fin … J’aimerais trop que vous la lisiez. Mais je peux vous raconter comment cette suédoise se cachait derrière une multitude de bons romans. Ses amis étaient les personnages. Et elle rêvait de devenir l’un deux, un second rôle. Et puis elle a atterri dans ce village et une tornade a traversé sa vie. Le fait est qu’elle est l’invitée du village qui lui offre le gite, le couvert et la bière … Afin de payer en retour ce village qui refuse son argent, elle décide d’ouvrir une librairie avec les livres de sa défunte correspondante. Attention hein, elle ne travaille pas ! Elle aide … (Je croirais m’entendre pendant mes semaines de touriste). Cependant cette librairie est la tornade qui traverse la vie du village. Les habitants vont se fédérer, chacun à leur façon, autour de ce projet complètement fou d’une librairie dans un petit village déserté et au bord de l’agonie …

L’histoire est saupoudrée de romans, bons amis lus ou à lire. Il est saupoudré de sensations, de sentiments d’une femme qui trouve un nouveau foyer alors qu’elle doit repartir 90 jours plus tard. Vous comprenez maintenant pourquoi ce livre m’a accompagnée ! Et en plus la fin est belle.

Aller zou ! Je vous laisse. Ma prochaine lecture est plus professionnelle, je vous en parle bientôt.

La grenouille immigrée !

 

Carte postale de Sens

Bonjour à toutes et à tous,

Ca faisait un petit moment que je n’étais pas venue vous écrire…

La semaine passée a été pour moi a dernière semaine à l’hôpital. Ma dernière semaine de pneumologue en exercice avant longtemps je pense. C’était à l’hôpital de Sens. Le temps de me reconfirmer que je n’en peux plus de travailler à l’hôpital (alors que celui-ci fonctionne correctement) … Et de me voir remercier par des patients et une partie de l’équipe pour mon écoute … Je pars fière de moi, un peu triste pour ces personnes qu’il est difficile de soulager, et heureuse d’aller vers un nouveau projet professionnel … Je vous raconterai bientôt.

De Sens je n’ai vu qu’une rue, vendredi soir. C’était mon dernier soir, et malgré la fatigue de la semaine, je suis « sortie ». Je vous rassure, seule on fait rarement nuit blanche.

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Je suis donc allée à pied depuis l’hôpital jusqu’au centre ville (environ 1,5km), de quoi découvrir certains bâtiments qui faisaient partie de l’enceinte de la ville. Puis une rue commerçante, qui débouche sur la cathédrale.

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Qu’elle est belle cette cathédrale. Elle est fraîchement restaurée. Ce fut la première cathédrale gothique de France, détruite par les intempéries et reconstruite avec la force des bras et la force de la foi. Durant l’été, tous les vendredis et samedis soir, il y a une projection de son et lumière sur la façade de la cathédrale, et c’était la première ce vendredi. Après un concert d’un orchestre d’harmonie, la foule s’est rassemblée pour le spectacle. Je vous le recommande chaleureusement, c’était vraiment chouette.

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De retour dans ma Lorraine, je prépare à présent le « vrai » départ pour les USA. Le 26 juin, je prends l’avion en aller simple, avec mon visa d’immigrante. Je vous raconterai aussi.

Aller, je vous embrasse,

La grenouille presque bourguignonne …

Carte postale de la Brasserie St Charles

Bonjour à toutes et à tous,

La semaine passée, nous sommes allés visiter, en amis, la brasserie St Charles. Avec l’autorisation du patron, j’ai pris pas mal de photographies, et j’avais envie de vous raconter comment on fabrique la bière de façon artisanale. Parce que la bière de la brasserie St Charles est vachement bonne (avec modération, hein ?). Parce que mon Julot et moi avons fabriqué notre première bière méthode en kit à domicile, que c’était vraiment chouette et qu’un jour j’ai envie de recommencer, mais en méthode « tout grain ».

Mon petit livre « faire sa bière maison » est resté à Dallas, alors je demande d’avance l’indulgence du lecteur pour mon manque de vocabulaire. Parce que Sylvain, le brasseur de la ferme St Charles, il dit « oui-oui » à toutes mes questions, mais il n’est pas très précis au niveau vocabulaire. Bon bon, passons aux choses sérieuses.

Il y a 3 grandes étapes dans la fabrication de la bière.

1. La première consiste à faire « cuire » de l’orge, du blé, ou d’autres céréales pour les joueurs, dans de l’eau. Il en reste un liquide qui deviendra la bière, et des résidus de céréales (qu’on a bien touillé, merci beaucoup) qui seront donnés aux cochons (il paraît que c’est une gourmandise pour eux).
Chez Sylvain, la cuve du haut est munie d’un feu à gaz en dessous. Nous sommes arrivés après cette étape. La future bière avait été transvasée dans lacuve du bas et était en train d’être filtrée à travers une pompe pour remonter dans la cuve du haut avant la 2ème étape.Cuves de brassage
Les 2 cuves : en haut la cuve avec brûleur, que l’on remplit avec le liquide pompé dans la cuve du bas

Avec le brasseur
Le brasseur, et la touilleuse de céréales

Après filtration§les céréalesLes résidus de la première cuisson, pour les cochons.
Et en version vidéo. Attention, c’est bruyant !

 

2. Le liquide est à nouveau chauffé, cette fois ci avec ajout de houblon (les espèces différentes) et d’ingrédients parfumés (par exemple des fleurs de sureau, recette suédoise). Nous sommes partis pendant cette étape … Mais le liquide est déjà très parfumé.

Pesée du malt
Dosage du houblon à ajouter dans la recette. 

Le brasseur brasse
Le brasseur brasse.

Cuve avec brûleurLa cuve avec son bruleur à gaz.

On en mesure la densité pour mesurer son taux de sucre (et son futur taux d’alcool) qui a une marge d’erreur autorisée de 0,5% par rapport à l’étiquette. Selon la mesure, on dilue avec un peu d’eau supplémentaire.

Mesure de la densitéOn se prépare à mesurer la densité de la future bière

3. La presque bière est transférée dans les cuves de fermentation. Là, on ajoute la levure pour faire la première fermentation. C’est l’unique étape que nous avons réalisé à la maison (la presque bière est livrée concentrée dans une boîte de conserve, à diluer dans de l’eau), et c’est l’étape que nous n’avons pas vue à la Brasserie St Charles. Ca bulle et ça patiente pendant 15 jours.

Les cuves de fermentationChaque recette a sa cuve … C’est ça d’être une vraie brasserie, même micro !

4. La bière est alors alcoolisée, mais plate. Elle est mise en fût ou en bouteille avec une nouvelle dose de sucre qui sera fermentée en gaz carbonique. Ce gaz, n’ayant pas la place de fuir de la bouteille ou du fût fermé, va se dissoudre dans la bière, et donnera les bulles et la mousse lors de l’ouverture (à l’heure de l’apéro). A la maison, cette étape dure au moins 2 semaines.

Bière St Charles

5. Quand on est un vrai brasseur, on étiquette ses bouteilles pour dire ce qu’il y a dedans (Sylvain a plusieurs recettes, qu’il vous raconte sur son site par ici). On les met en carton, en pack, ou sur palettes.

Etiquetage
L’étiquetage de l’Humeur du Brasseur (recette variable, donc).

Et vous voilà presque prêts à vendre votre production artisanale. Je n’aborde pas les choses administratives. Seulement le côté cuisine. Pour l’instant je viens de visiter la cuisine d’un restaurant… A la maison je réchauffe des plats cuisinés, mais j’ai très envie de suivre les recettes de mon livre de recettes (merci Gilles !) … Et pourquoi pas, un jour avoir une cuisine presque professionnelle ?

Si vous passez en Moselle, et notamment du côté de Flévy, notamment le samedi de 14h à 18h, la brasserie est ouverte aux visiteurs (et potentiels clients). Alors n’hésitez pas !

Prêt à déguster

Je vous embrasse (d’une haleine qui vient de déguster un verre de Black Out en écrivant cet article).

The brewer frog

 

 

 

 

 

 

 

Carte postale de l’Abbaye de la Pierre qui Vire

Chers tous,

Vous avais-je dit que je suis passée par l’Abbaye de la Pierre qui Vire ?
En allant en Bourgogne, j’ai eu envie de pousser un peu vers le Parc National du Morvan. En bonne Française, j’ai aussi regardé la carte des fromages, et j’ai découvert la boulette de la Pierre qui Vire … Quesaco ? C’est une Abbaye bénédictine, qui réunit une communauté de moines depuis 1850. Ils vivent loin de tout, dans la forêt de Vauban-St-Leger, selon la règle de Saint Benoit. Une vie rythmée par la prière et le travail. Ils utilisent le bois de la forêt pour la construction (même si depuis quelques pierres se sont ajoutées à l’édifice), ils cultivent un bout de jardin, et il y a une ferme laitière (même si ce ne sont plus les moines qui s’en occupent).

L'abbaye

Le parvis de l’Abbaye

J’ai donc contacté le frère hôtelier pour lui demander s’il pouvait m’accueillir pour un week-end de « fin de remplacement difficile ». En lisant les règles d’accueil, j’ai vite compris que ce n’est pas une chambre d’hôte de tourisme classique. Et qu’on n’y va pas juste pour goûter la boulette fromagère … J’ai hésité, un peu, beaucoup. Et puis finalement, j’ai décidé d’y aller.

L’arrivée est une transition. Au détour des virages de la petite route, on s’enfonce dans la forêt. Lorsque le moteur s’arrête, enfin … C’est un silence non silencieux. Il y a le bruit de la rivière, des oiseaux. La neige est encore là, en train de fondre, et c’est autant de petits ruisseaux que l’on entend aussi. Mais pas de bruit de la ville … Pas de réseau de téléphone (et donc pas de sonnerie), peu de moteur, pas de sirène. Une place pour faire le silence à l’intérieur de soi, surtout quand on a eu envie de faire la révolution à l’hôpital. Et le silence est venu peu à peu. Avec un petit goût de solitude aussi.

La porte d'entrée de l'hostellerie

La porte de l’hôtellerie. A droite, la lucarne du frère hôtelier.

Le temps est rythmé par la cloche pour chaque temps de prière. Je ne vous fais pas la liste, mais 6 fois par jour, la communauté se réunit dans son église pour prier, souvent en chantant les textes de prière. C’est une prière dont je n’ai pas l’habitude, assez lente, longue… Il est difficile d’y prendre vraiment part quand on ne chante pas soi même.

L'Eglise de l'Abbaye

L’Eglise, dont la façade a été modernisée il y a 10 ans environ

Entre les temps de prière, c’est travail pour les moines, et … Réflexion pour les autres … Je suis partie réfléchir dans la forêt, sur le chemin qui fait le tour de l’Abbaye notamment. C’est de là que viennent les photos.

Le tour de l'Abbaye

Le chemin du tour de l’Abbaye

Les gorges du Trinquelin

Les gorges du Trinquelin

Au détour du chemin

Au détour du chemin, on redécouvre là d’où l’on vient

L'abbaye de la Pierre qui Vire

Vue de la forêt

Le matin, le petit-déjeûner est silencieux. Le midi et le soir, les repas sont pris en commun avec tous les invités de l’hôtellerie. Il se trouve que ce week-end là, il y avait un cours de chant pour les moines et moniales de toute la France (et de langue française, l’une d’elles venait du Couvent de Nazareth en Israël). Ce fut donc l’occasion de multiples rencontres avec des moniales, des moines, des professeurs de chant … J’ai aussi rencontré un couple de Catholiques très impliqués dans leur diocèse (notamment dans la préparation des couples au mariage).
J’étais un peu gênée au début, comme « protestante étrangère » au sein de cette communauté catholique dont je ne possède pas les codes.

Vue de l'Eglise

L’Eglise, vue du haut de l’Abbaye

Au fur et à mesure, le silence s’est fait à l’intérieur. Une certaine sérénité s’est installée. Finalement prête pour le retour à la vie « normale » entre campagne française parentale et retour à Dallas, qui fut mouvementé comme vous le savez.

A ceux qui se posent des questions, à ceux qui veulent rencontrer une communauté, à ceux qui ont besoin d’un silence non silencieux propice à la prière ou à la réflexion, n’hésitez pas à trouver une communauté qui puisse vous accueillir le temps d’une retraite, un week-end ou quelques jours … Et n’hésitez pas à me raconter si vous l’avez déjà fait … Ca m’intéresserait d’avoir votre avis …

Je vous embrasse,

La Grenouille qui cherche

PS : Et vous savez pourquoi la Pierre qui Vire ? Parce qu’il y a des grosses pierres dans la région, dont une qui était devant l’Abbaye, et qui tournait, genre instable. Maintenant elle est fixée, et on lui a même dressé une statue dessus. J’ai essayé de vous la montrer en vidéo, mais j’ai eu quelques soucis techniques …

Carte postale d’Auxerre

Bonjour à toutes et à tous,

Depuis combien de temps est-ce que je vous parle de cette carte postale ??? Environ 1 mois non ? Je crois que le facteur virtuel vient de retrouver un sac de courrier en attente … Donc voilà ma carte postale de 3 semaines de remplacement à l’hôpital d’Auxerre au mois de janvier et février.

J’avais commencé mon séjour par défiler après les attentats de Charlie Hebdo et de l’HyperCasher. J’ai pris quelques photos pour me rappeler, mais rien à vraiment vous montrer. C’est assez bizarre de défiler seule au milieu d’une telle foule.

Je me suis aussi beaucoup promenée pendant ces week-ends de beau temps d’hiver. Je suis arrivée le lendemain de la tombée de la neige, et le beau temps a durer pratiquement les 15 jours …

Vue de la colline

Vu de la colline où se trouve l’hôpital

A Auxerre j’ai découvert le chemin de Cadet Roussel, dans le désordre. Il s’agit d’un parcours qui passe par tous les points marquants de la ville. En fait j’ai acheté le dépliant (1,5 euros) la veille de mon départ, pour découvrir que j’avais pratiquement vu tous les points intéressants par moi-même.

Sur les traces de Cadet Roussel

La statue de Cadet Roussel 

J’ai découvert la Cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre. Elle date de 1215 pour ses fondations et est aujourd’hui une magnifique cathédrale gothique. Je ne suis pas une très bonne guide, alors je vous montre les quelques photos. Mais j’ai vraiment adoré l’enchevêtrement de petites rues autour de la cathédrale. Un labyrinthe charmant.

Cathédrale d'AuxerreLa cathédrale d’Auxerre

 

Détail chapiteau et vitrauxUn chapiteau de la cathédrale 

 

L'orgue de la cathédraleL‘orgue de la cathédraleDétail de la cathédrale

J’ai aussi découvert l’Abbaye de St Germain. Il s’agit d’une Abbaye qui n’accueille plus de  communauté monastique aujourd’hui, mais qui recèle encore un musée. Encore un chef d’oeuvre d’architecture. J’avoue que j’ai adoré la pièce consacrée à l’Ecriture des Moines. Comment ils copiaient la Bible avant l’invention de l’imprimerie, mais aussi les techniques de fabrication des pigments, les techniques de fabrication des « papiers » qu’ils soient végétaux, ou animaux (j’ai découvert que le vélin n’est autre que du parchemin à partir de peau de veau mort-né … Laekker !).

Façade Abbaye St GermainLa façade de l’Abbaye St Germain

Abbaye St Germain

Le déambulatoire

Intérieur Abbaye St Germain

 

L’intérieur de l’Abbaye

J’ai aussi marché à travers les rues, vers la Tour de l’Horloge. J’ai trouvé la cabine téléphonique britannique de la ville (ne me demandez pas pourquoi …).

Cabine téléphonique

 

Une jolie petite place

La banque

Les façades cossues de la ville

La tour de l'horlogeLa Tour de l’Horloge

Petite rue d'Auxerre

Une petite rue qui donne envie d’y aller


Maisons à colombage

Les maisons à colombage. Nous ne sommes pas en Alsace …

C’est une très belle ville. Etant seule et « de service », je n’ai pas beaucoup testé la gastronomie fromagère et vinicole, mais j’ai eu souvent l’eau à la bouche. En tout cas, je vous recommande cette belle ville.

Je vous embrasse,

La Grenouille bourguignonne

Une carte postale de Lorraine

Bonjour,
Howdy y’all,

Aujourd’hui était une journée « je me morfonds ». Télévision, tricot … Une certaine impression de ne pas faire ce que je devrais. Mais c’était sans compter sur mon mari chéri qui m’a poussée à sortir me promener dans mon village lorrain. Je voulais me pousser à faire des photos, alors voici le thème qu’il m’a trouvé : Chercher l’esprit de mon village.

Today was a day « I mope ». Television, knitting … A feeling of not doing what I should do. But that was before my dear husband pushed me to take a walk out in my Lorraine village. I wanted to take some pictures, so there is the theme he found for me : Find the spirit of my village.

Alors je vous montre ce que j’ai vu … C’est sûrement un peu kitsch … en lorrain dans le texte …

So I will show you what I saw … It’s surely a bit kitsch  … in Lorraine’s language in the text …

Je suis d’abord allée vers « le haut du village ». Là où se trouve une vieille grange à l’abandon. Dans le temps, il y a avait une butte juste à côté où on faisait de la luge les jours de neige.
I first went to the « high part of the village ». Where there is an old abandoned barn. In the old days, there was a mound where we rode our sleds on snowy days. 

grange

 

Puis vers le « bas du village », un petit chemin entre les maisons.
Then to the « low part of the village », a path between the houses. au bout du chemin

 

Une place du village
A village square

place du village

La rue « des chats »
The « cats’ street »

rue des chats

 

En remontant, le village s’ouvre vers les champs et un ciel gris parsemé de quelques traits de lumière.
Going up, the village opens toward the fields and a grey sky, sprinkled with a few rays of light. 

ciel d'hiverl'entrée du champ

Et finalement la vieille ferme dans ma rue. Seule la fermière est encore en vie. Elle ne sort plus de sa maison …
And finally the old farm in my street. The farmer lady is the last alive. She never leaves the house anymore.

 vieille ferme

A la question « Ai-je trouvé l’esprit de mon village », la réponse est Oui, dans la rue des chats. Mais la photo ne le montre pas assez. Alors je vous montre la traversée de la rue, avec le son (mais sans l’odeur …)

To the question « Have I found the spirit of my village », the answer is Yes, in the cats’ street. But the picture doesn’t show it enough. So I will show you the crossing of the street, with the sound (but without the odors …)

 

 

 

Bon baisers de Lorraine,
La grenouille dans la neige

Une carte postale de Hayange

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui j’ai décidé de vous vendre du rêve. Aujourd’hui, après Paris, j’ai décidé de vous parler de mon séjour à Hayange, en Moselle, dans la vallée de la Fensch. C’est une ville dont l’historique dépend de l’exploitation des mines de fer

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Vue de la vallée de la Fensch.

En revenant en France j’ai commencé à travailler comme pneumologue intérimaire. Et ma première mission, la semaine de Noël, a eu lieu à Hayange, à 20km de chez mes parents. Pratique pour cette semaine qu’on apprécie de passer en famille !!!

J’ai beaucoup hésité à vous raconter l’hôpital lui-même, mais j’y renonce pour l’instant. Je vous raconterai peut-être l’intérimaire comme pneumologue quand j’aurai fait plusieurs missions.

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L’entrée de l’hôpital.

Le premier dimanche, je me suis promenée dans la ville avec mon téléphone/appareil photo. Et j’ai eu envie de vous montrer cette promenade, et de vous rendre l’ambiance de cette ville.

 

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L’église catholique de la ville

IMG_0733Les rues désertes du dimanche après-midi … 

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Une touche de couleur au milieu des murs un peu gris.IMG_0741

Au loin au fond de la rue, les haut-fourneaux

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Et toujours, au loin à l’horizon, les haut-fourneaux.

Ma mère me disait que j’allais soigner des mineurs. En vérité j’ai soigné quelques métallurgistes, mais je crois que les mineurs ont été malades plus tôt et que je ne les ai pas rencontré en 1 semaine (les survivants doivent être rares). Il reste d’ailleurs beaucoup de signes de cette activité industrielle. Cependant les rues de la villes ont un aspect un peu abandonné (peut-être encore plus le dimanche), grises de la pollution industrielle, avec beaucoup d’affiches « A vendre ».

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Une sculpture dans la ville représentant les travailleurs du fer.

Il s’agit d’une ville dont les Français ont peut-être entendu parler pour son maire « Front National ». J’ai surtout rencontré les gens … Des Lorrains aux noms imprononçables pour les non-lorrains, des italiens, des algériens. J’ai vu le racisme des arabophones envers les italophones (et inversement !) … C’était curieux pour moi, française au prénom danois, au nom alsacien et en attente de migration vers le Texas.IMG_0730

Le conservatoire de musique (si je ne dis pas de bêtise). 

Je n’ai malheureusement pas pu visiter le musée des mines de fer de Lorraine. Mais un jour où je ferai du tourisme « parental », j’emmènerai peut-être ma petite famille américaine visiter ce musée. J’ai fait une mini revue « internétographique » dont je vous donne quelques liens, surtout vers une visite de la mine d’une part, et une vidéo d’archive de l’INA d’autre part.

Parce que tout le monde ne peut pas montrer la Californie ou le Mexique (ou même le Texas, hein !), je vous envoie une carte postale de Hayange, Moselle, France …

 

Je vous embrasse,

La Krenouille de Hhhhayanch’ (à prononcer comme ça, vous aurez un début d’idée de l’accent d’ici).

 

Sainte Machin Hayange

La statue Notre Dame veille sur la ville …

Une semaine à Paris

Bonjour à toutes et à tous,

Quoi de mieux que de vous raconter cette semaine en amoureux à Paris pour exercer ma liberté d’expression ? Quoi de mieux qu’un voyage en terre cosmopolite parisienne pour exercer ma plume ?

Avec la venue en France de mon américain de Julot, nous avons décidé de retourner dans notre région de rencontre pour passer du bon temps, revoir nos amis (à tous le bonjour !!). Je ne vous raconterai pas toutes les rencontres amicales, mais quelques points forts de notre semaine.

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Nous avons visité une exposition sur la liberté d’expression par la contrainte, j’ai nommé « OULIPO, la littérature en jeux, à l’Arsenal« . L’entrée est décorée par Tito Honegger.

oulipo1Photo pillée sur le site de l’Oulipo à propos de Tito Honegger

 

L’OULIPO, c’est l’Ouvroir de Littérature Potentielle, fondé par Raymond Queneau et François le Lionnais en 1960. Le principe est de créer un Ouvroir, c’est à dire un atelier, pour explorer la littérature potentielle. Potentielle parce que la littérature n’a pas de limite, elle a seulement des contraints. Par contrainte on entend des règles, parfois compliquées, mais parfois simples. Par exemple : choisir de ne pas utiliser la lettre E (ce qui s’appelle un lipogramme). Georges Perec en a écrit tout un roman intitulé « La Disparition ». Et je voudrais saluer la traduction anglaise intitulée « A Void » par Gilbert Adair. Les contraintes sont répertoriées par ici, avec toute la poésie que ça évoque.

Comme exemple, je vous propose la Rime berrychone, par Harry Mathews (tirée du site www.oulipo.net)

Berrychonne (avec y) : origine les Dream Songs de John Berryman.

Fonctionne sur trois vers : les deux premiers vers ne riment pas, mais la fin du troisième vers est composée à partir de la consonne de l’un et la voyelle (ou élément vocalique : ou, on, etc) de l’autre.

La scène est sur la scène et la scène était vide,
un espace quelconque où tout se déroula,
se déroule et viendra. Pour l’heure il s’en évade.
(JJ)

J’ai choisi celle-ci, qui est proposée par un membre américain de l’Oulipo. D’autres règles ont un côté franchement mathématique. Alors autant vous dire qu’un mathématicien américain et une rêveuse française s’y sont beaucoup plus.

Pour ceux qui voudraient y aller, c’est jusqu’au 15 février 2015 à la Bibliothèque de l’Arsenal.

 

Un autre grand moment de cette semaine a été le visionnage du film Un Américain à Paris, de 1951, en Technicolor.

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Le film raconte l’histoire d’un peintre américain (Gene Kelly), installé à Montmartre, qui tombe amoureux de Lise (Leslie Caron). Dans le même temps, une riche héritière (qui n’a même pas de nom, jouée par Susan Cummings) s’éprend de lui et le soudoie en finançant son art. Je vous la fais courte…
En fan de swing que je suis, j’aime voir Gene Kelly danser et chanter dans les rues de Paris. J’aime aussi reconnaître des peintures célèbres dans les décors du final du film.

I got music, I got rhythm. Who can ask for anything more ?

Le dernier point fort de notre semaine a été la traversée du 5ème arrondissement, avec arrivée jusqu’à la Grande Mosquée de Paris. Nous y étions le 3 janvier, et c’est tombé le jour de la fête d’Al Mawlid Annabawi.
Je fais genre celle qui connaît, mais c’est à l’écriture de cet article que j’ai appris que c’est la fête de la naissance du prophète Mahomet (merci Wikipedia !)
Nous ne sommes pas seulement rentrés dans un lieu de culte, mais nous sommes également rentrés dans une communauté, avec des conférences, des chants. La fête quoi !

 

mosquee2La cour d’honneur

 

mosquee3Inspiré des jardins hispano-mauresques d’Afrique du Nord, l’impression de voyager en terre étrangère à l’intérieur de Paris

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La cour d’honneur (encore)

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Une fontaine dans le jardin … Avec quelques degrés en plus, nous serions bien restés là à rêver plus longtemps

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Le grand patio où se tient l’assemblée, richement décoré

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Un détail de stuc, de calligraphie et de mosaïque

Je vous montre cette mosquée plutôt que les églises que nous avons vues en raison des événements récents. Parce que j’ai vu une communauté pacifiste (les quelques mots de l’Imam que j’ai compris racontaient comment le Prophète est resté pacifique malgré les provocations). Parce que je suis croyante et que le mot Fraternité m’est également très important.

C’était une belle semaine de vacances. D’ouverture sur d’autres horizons. De rêveries éveillées. Nous avons fêté la nouvelle année en tête à tête avec mon Julot. Et  2015 sera riche.

Aller, je vous embrasse,

La Grenouille française dans son pays …