Et toi ? Pourquoi me lis-tu ?

Bonjour à toutes et à tous,

Je ne vous oublie pas ! Mais la vie est ainsi faite qu’il est des périodes agitées, compliquées, tourmentées, où l’on se demande pourquoi l’on fait les choses. Par exemple pourquoi j’écris ?

J’avais commencé à ma première arrivée aux USA… Oui, parce qu’il y a eu plusieurs arrivées, plusieurs départs aussi. Je voulais écrire pour mes proches, pour ma famille. Je sais que quelques uns me lisent, quand ils me le disent, lors de l’arrivée suivante. Mais voilà, bientôt sera le prochain départ, le bon ! Je viens enfin de recevoir mon visa d’épouse. Je n’ai pas encore acheté le billet d’avion, mais cela ne saurait tarder, probablement pour le début du mois de juillet. Et après cette arrivée là ? Qui me dira de vive-voix qu’il me lit ? Qui osera l’écrire dans les commentaires au bas de la page ? Et que vais-je vous écrire, maintenant que je vais débuter une vie de routines américaines ? Est-ce encore intéressant ? Vais-je faire encore tant de tourisme que je pourrai vous raconter Chicago, New York et Washington en moins de 6 mois ?

J’ai aussi écrit en anglais. Pour m’entraîner. Je sais que j’ai du coup quelques lecteurs anglophones, qui doivent bien rigoler s’ils tentent de lire les articles français avec Google Translate … J’ai aussi quelques lecteurs du bout du monde, dont je ne sais pas vraiment comment ils m’ont trouvée sur la toile. Je ne sais pas ce qu’ils aiment. Mes commentaires littéraires à deux francs (français ou belges, je crois que c’est du pareil au même) six sous ? Mon ton parfois grinçant et désespéré ? Mon romantisme débordant ? Est-ce que j’écris pour ces inconnus ? Parfois oui. Parce que crier dans le vide inter(net)-sidéral paraît moins vain quand on croit que quelqu’un nous entend.

Et voilà que depuis 10 jours j’ai une panne d’inspiration. Je ne sais plus quoi vous raconter. Oui, je vous raconterai toutes les étapes de mon visa, maintenant que je l’ai reçu. Je vous montrerai peut-être le 20ème arrondissement de Paris où je « vis » depuis quelques jours. Mais depuis une semaine, j’ai repris mes réflexions sur le métier que je veux faire, et comment je veux le faire. J’ai repris cette réflexion accompagnée d’un coach. Et c’est extrêmement perturbant. Et c’est extrêmement personnel. Et je vous en raconterai peut-être des petits bouts, à certains moments. Et dans cette réflexion, je voudrais vous recommander la lecture du livre de Baptiste Beaulieu : « Alors vous ne serez plus jamais triste ». L’auteur est médecin généraliste et écrivain, à 29 ans … Il raconte l’histoire d’un médecin qui est sur le point de se suicider, ne pouvant plus vivre après le décès de sa femme. Il tombe sur une vieille dame en robe de soirée, chauffeur de taxi, fumant comme un pompier, qui lui lance le défi de vivre encore quelques jours (ce sera 7 après marchandage) avant d’éventuellement se suicider (ou de décider de vivre ?).

Vous me direz ce que vous en pensez si vous le lisez (ou l’avez lu). Pour l’instant, je peux juste vous dire que j’ai été troublée.

Et vous ne serez plus jamais triste

Et voilà … Pourquoi j’écris ? Parce que j’espère être lue. C’est prétentieux, c’est égocentrique. Mais si vous me lisez pour d’autres raisons, dites-le moi. Et je vous écrirai alors peut-être pour de bonnes raisons.

 

Je vous embrasse,

La grenouille perturbée, mais qui a son visa !

Carte postale d’Ellis Island

Hello,

Chose promise chose due. Après vous avoir emmenés à travers les rues de New York (ici et ), je voudrais vous raconter ce qui était en fait notre première journée, à Ellis Island. Quand les gens nous demandaient ce que nous allions voir à New York, nous répondons Ellis Island … et les gens de nous regarder en s’interrogeant sur ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans quelques murs à l’abandon … Et de nous demander pourquoi nous n’irions pas voir une comédie musicale sur Broadway …
Mais en fait, Broadway ne nous intéressait pas du tout pour cette fois-ci, et dans notre contexte de demande de visa, nous étions curieux de visiter ce lieux mythique de l’immigration aux Etats-Unis. Et la partie accessible au public est restaurée.

Nous avons pris le ferry depuis le New Jersey, avec Liberty cruise. Comme c’est un symbole de l’Amérique, ils sont un peu paranoïaques et passent tout le monde à la sécurité. Ensuite, direction : Ellis Island.

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A l’arrivée, le bâtiment apparaît comme un château. Un grand bâtiment avec une entrée magistrale. Au rez de chaussée, on s’équipe de l’audioguide, et c’est parti. Nous sommes donc entrés par la salle des bagages. C’est l’endroit où les gens laissent leur balluchons pour passer à travers l’immigration. Quelques paranos (dont j’aurais fait probablement partie) gardaient coute que coute leurs affaires avec eux.

 

Ensuite tout le monde devait monter le grand escalier. En fait, c’était déjà le début de la visite médicale. Ceux qui sont essoufflés, ceux qui n’arrivent pas à monter sont déjà repérés par les médecins. En haut de l’escalier, on débarque dans la Registry Room. Une énorme pièce qui pouvait accueillir des milliers de personnes (12 000 personnes la plus grosse journée) dans un bruit qu’on imagine difficilement. Je vous ai fait une bande son de cette salle et de l’exposition qui suit, « Through America’s gate », qui raconte les étapes que l’on traversait lors du processus d’immigration.

La première étape, au fond de la grande salle, c’est la vérification de l’identité, avec traducteur. Les compagnies de bateau devaient préparer le travail en remplissant le manifeste du navire … La liste des passagers, leur origine, leur langue, etc …

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L’étape suivante, est médicale. Très brutale, très rapide. Les gens passent dans les mains de plusieurs médecins, celui qui dépiste les maladies oculaires, comme le trachome, celui qui ausculte plus ou moins à la recherche de la tuberculose. Il y avait tout un système de code pour savoir s’il fallait un examen médical plus approfondi, s’il fallait garder la personne en soins ou la renvoyer par bateau pour les cas désespérés. Il y a pleins de témoignages d’immigrants qui racontent leur arrivée, enfants… On dépistait aussi les problèmes psychiatriques et « d’intelligence ». C’est même là que de grandes avancées ont été faites en matière de test d’intelligence indépendants de la langue.

IMG_0131Le crochet à bouton 

IMG_0133Les codes écrits à la craie sur le col du manteau, en fonction des maladies

IMG_0134Parce que j’aime bien les arbres décisionnels… 

IMG_0152L’hôpital 

IMG_0154Les actes de naissance, et de décès sur Ellis Island

IMG_0156Le bloc opératoire

IMG_0151Les tests d’intelligence

Ensuite, pour ceux dont on se méfiait lors du premier bureau, il y avait un interrogatoire politique et judiciaire, à la recherche des communistes, des criminels. On regardait aussi si les mariages qui justifiaient l’immigration étaient véridiques, et on pouvait demander à l’époux déjà immigré de venir chercher son épouse (et oui, l’Amérique, c’était réputé dangereux pour les femmes seules).

IMG_0145Un télégramme envoyé à Monsieur, pour venir chercher Madame

Mon Julot a mieux retenu que moi les statistiques de passage. C’est par ici, mais c’est en Anglais ! Ensuite, c’est l’aventure qui continue. Munis de petits cartons pour savoir où on allait, les immigrants se répartissaient dans des trains vers le reste des USA. L’exposition montre aussi le commerce et l’organisation autour d’Ellis Island : les commerces d’alimentation et de change à la sortie de l’immigration, les associations caritatives parfois religieuses, parfois culturelles qui aidaient les gens détenus à Ellis Island …

IMG_0162A table … 

IMG_0148Une fois sorties, avec les cartes d’orientation pour les gares.

IMG_0144La buvette, avec les prix dans différentes langues … Sauf le « hot coffee »

Il y avait aussi une exposition sur les début de la nouvelle vie aux USA (le travail rude, les conditions de vie, mais aussi toutes les communautés d’origine et de religion, ainsi que les cours d’américanisation), sur les bâtiments eux-mêmes, et la rénovation du bâtiment (abandonné après la seconde guerre mondiale). J’ai pris moins de photos … Je crois que nous commencions à être un peu fatigués.

 

Alors voilà comment c’était dans les années 20. En général le processus d’immigration ne durait qu’une journée, mais une journée un peu violente, sûrement très angoissante. Il est vrai que les choses se font en douceur en ce qui me concerne, je pense que le médecin que je verrai le 20 mai n’utilisera pas de crochet à bouton pour me chercher le trachome … Mais ça fait un an que ça dure … Je vous raconterai en détail quand ce sera fini.

Aller, je vous laisse. A bientôt …

La grenouille immigrante.

Parce qu’on est quand même passés la voir après Ellis Island

New York ! New York !

Hello,

Comme promis, je reviens vous poster mes cartes postales de New York, depuis la France … Après avoir péniblement voyagé toute la journée du mardi, après s’être perdus dans le métro new-yorkais (certains trains ne s’arrêtent pas à toutes les stations et nous avons mis quelques stations supplémentaires à s’en rendre compte…) nous sommes sortis au pied du World Trade Center. Trainant nos valises, nous avons pris le Path, le train de banlieue qui part vers le New Jersey. Arrivés de l’autre côté de l’Hudson, nous avons finalement trouvé « chambre ». C’est une chambre qu’on a trouvé sur Airbnb. Je mets le mot entre guillemets parce que la chambre était en fait la salle à manger séparée du reste de l’appartement par un rideau tendu et le lit un canapé déplié… Pendant ce temps, le propriétaire vivait dans la chambre, un peu caché … Mais l’avantage, c’est qu’on est dans les étages d’une tour avec vue … J’essaye de vous montrer un peu.IMG_0072

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Je peux vous dire que tous les soirs (et tous les matins), on s’est extasiés sur la skyline de l’autre côté de la rivière.

Mercredi, je vous en parlerai plus tard, nous avons passé toute la journée à Ellis Island (immigrante oblige).

Ce soir là, avec mon chéri, nous avons découvert Korea Town… Quelques rues où tout est écrit en coréen, et parfois traduit en Anglais. Après un dîner de rois, nous nous sommes promenés le long de Broadway, jusqu’à Time Square. Depuis le début de la soirée, je me demandais ce que c’était les deux hélicoptères qui faisaient du surplace. En fait, c’étaient les journalistes qui surveillaient « la » manif. Contre la violence policière (en réaction aux récents événements de Baltimore). Je ne suis pas une grande amie des manif en général … J’ai trop peur des mouvements de foule. Et nous voilà devant un cordon de policier, en train de contenir une foule manifestante, pendant que quelques manifestants se font arrêter … 5 policiers sur le dos d’un manifestant… Je ne sais pas si on fait « aussi bien » en France … Toujours est-il que je me suis enfuie, je peur de me retrouver dans la cohue…

La bande son de la manif…

Nous avons encore un peu zoné dans le quartier, vu la cathédrale de New York, vu Rockefeller Plaza (celle de 30 Rocks …). Impressionnant. Enfin, on s’est un peu galéré pour retrouver le métro. Et oui, qui dit manifestation dit métro fermé … Comme à Paris …IMG_0220IMG_0221IMG_0228The building General Electric

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La cathédrale de New York

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Rockefeller Plaza

Jeudi, monsieur parlait au Courant Institut (l’institut de mathématique de New York University, un endroit chic des mathématiques. Le quartier est chic, puisque c’est à la frontière de Greenwich village (prononcez Grinètch) et de Soho (ou plutôt Noho, au NOrd de HOuston Street).

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Une publicité murale pour une agence immoblière. Notez les toilettes en bas à gauche…

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Entre deux rues, un jardin communautaire à tendance artistique.

Je suis partie vers l’est. D’abord Noho, puis vers le sud, vers Soho, Little Italy et enfin China Town. J’ai voyagé le temps d’une matinée depuis le quartier branché des étudiants, jusqu’à la Chine et ses vieux qui jouent au Majong, en passant par Little Italy et les souvenirs des années 20 et 30 …

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Broadway

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Little Italy

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Une vitrine de « pastissier »… J’adore les tortellone au chocolat !

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Columbus Park … et son ambiance sonore ci dessous

 

Puis j’ai repris le métro vers le nord. Je suis passée devant le musée Guggenheim … Mais j’ai mal calculé mon coup. Jeudi, c’est leur jour de fermeture hebdomadaire … Donc je me suis rabattue sur Central Park. Je ne sais pas si c’est l’effet touriste, mais j’ai trouvé Central Park plus respirant et agréable que le bois de Vincennes par exemple … Un peu crevée de ma marche, je n’ai pas pris beaucoup de photos. Mais je me suis posée sur les bancs. Ah oui, au fait… La langue officielle de Central Park, je crois bien que c’est le Français. La langue numéro 2 c’est quand même l’Anglais. Ensuite j’ai entendu beaucoup d’Italien et un peu d’Espagnol. Tous les arbres de Central Park étaient en fleur. C’était très beau. J’ai aussi espionné les élèves du quartier qui s’entraînaient en base-ball, dans leur tenue complète rouge au nom de l’école .. Et celui qui est dispensé de sport, il est en costume cravate à 12 ans … Ca doit pas rigoler tous les jours …

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Aller, je vous raconterai la deuxième journée de promenade dans la ville bientôt.

Je vous embrasse,

La Grenouille new-yorkaise …

L’étrangère (mais pas de Camus)

Good morning y’all !

J’ai été bien silencieuse la semaine passée. J’ai eu un gros coup de mou. La semaine pascale a été vraiment fatigante et m’a mise au défi (lire devant la paroisse, ce n’est pas facile en Français, ça l’est encore moins en Anglais). J’avoue que ma mini-victoire, c’est que personne n’est venu me voir en me disant qu’il n’avait rien compris.

Mais depuis lundi dernier, j’ai fait une promenade au pays de la déprime. Avec cette impression d’être étrangère, encore et encore … Mardi j’ai découvert que même si c’est l’Ambassade des USA qui m’a donné mon rendez-vous à l’ambassade, il fallait quand même que je l’enregistre sur un autre site internet (et donc que je redonne mon adresse, ma date de naissance, etc.).
Vendredi soir, nous sommes sortis au restaurant du coin. Nous avons commandé deux bières avec mon mari … Et là, la serveuse qui fait du zèle et qui nous demandes nos cartes d’identité. Mon chéri dégaine son permis de conduire texan, je dégaine mon passeport français. Un passeport quoi ! Avec ma photo qui fait la gueule et surtout ma date de naissance qui dit que j’ai 34 ans, bien tôt 35, soit 13 ans de plus que l’âge légal débile de 21 ans pour boire de l’alcool dans ce pays héritier de la prohibition. Mais un passeport, c’était trop nouveau pour cette jeune serveuse … Elle a ressenti le besoin de me l’emprunter pour vérifier avec son manager … Oui, j’étais l’étrangère ce soir là, et du coup je ne me suis pas privée de parler le Français, un peu fort.

Dimanche matin, après le culte, le don du sang s’était installé pour une matinée dans notre  église. Mon chéri, donneur régulier, a voulu renouer avec ses anciennes habitudes. Je suis aussi donneuse en France, alors je me dis que « pourquoi pas ? ». On demande à la dame de l’accueil. « OK, but with a state ID ». Ce qui veut dire qu’elle ne veut qu’un permis de conduire du Texas … D’accord. Je m’éloigne pour attendre mon mari. Elle me rappelle de loin pour me dire qu’un passeport, ça ira aussi. D’accord. Je reviens.
Là commence l’interrogatoire préliminaire. On te fait lire les règles, sauf qu’en France tu le fais dans la salle d’attente. Là, la technicienne te regarde lire … Puis elle te prends la tension, la température (98°6, définitivement trop haute), me demande mon poids (que je lui donne en kilogrammes, qu’elle a péniblement traduit en pounds …), me pique le doigt pour connaître mon taux d’hémoglobine (qui est normal pour ceux que ça intéresse). Ensuite seulement elle commence à me poser les questions du genre est-ce que je me suis déjà droguée, est-ce que j’ai plus de 4 enfants, est-ce que j’ai eu des relations sexuelles contre de l’argent, etc. Puis viennent les questions géographiques du genre « Avez-vous passé plus de 3 mois en Grande Bretagne entre 1980 et 1996 ». Non. avez vous passé plus de 5 ans en Europe avant 1996 (cf liste des pays n°xx qui donne en fait les départements d’outre-mer de la France). Là je ne sais comment répondre. Oui je vis en France, mais je n’ai jamais vécu dans ces départements). On prend donc 10 minutes pour trouver la responsable qui nous explique qu’il y a une erreur, qu’on en a rien à cirer des DOM-TOM et que c’est vraiment de la France métropolitaine qu’on parle. Donc oui, j’y ai passé plus de 5 ans. Après 20 minutes (mon cher et tendre avait déjà rempli sa poche, lui !), la réponse tombe : je ne pourrai jamais donner mon sang aux USA, « à cause de la vache folle… » Jamais. J’aurai beau devenir immigrante, avoir une carte verte, parler l’anglais, manger du boeuf texan, le risque est considéré comme persistant pour ma vie entière. J’avoue qu’à ce moment là j’ai pensé aux Français qui refusent le sang de ceux qui ont passé un certain temps en Grande-Bretagne. J’ai aussi eu une pensée pour les donneurs de sang de Grande-Bretagne, pour les receveurs britanniques …

Je suis médecin, donc d’un point de vue extérieur, je peux comprendre le rapport bénéfice-risque d’une telle règle. Mais j’avoue que toute cette semaine, je me suis sentie étrangère. Différente. Oui, mon passeport est brun et non bleu. Ma prononciation du th se rapproche plus de celle du z. J’ai été élevée à la viande européenne (on pourrait débattre là dessus des siècles). J’essaye d’immigrer aux USA. J’ai maintenant le rendez-vous avec le médecin agréé de l’ambassade, dont la principale mission est de vérifier mes vaccins et l’absence de tuberculose évolutive (et comme pneumologue, je peux vous dire que je n’ai pas l’esprit tranquille).

Les impôts français ont aussi envoyé sa déclaration 2014 à mon mari, assorti d’un document rose pour les revenus à l’étranger de contribuables « français ». 10 pages incompréhensibles pour moi, qui aie pourtant un peu l’habitude de l’administration française … Argh …

Passeports

J’aimerais simplement être un peu comme les autres. Qu’on arrête de me montrer ma différence d’origine administrative. Je me demande si cette impression cessera quand je pourrai dégainer un permis de conduire texan. Est-ce que les gens tomberont dans l’excès inverse, estimant qu’ayant des papiers je suis supposée tout comprendre sans que l’on m’explique ?
Heureusement, mon mari et sa famille m’accueillent, indépendamment de la couleur de mes papiers. Et c’est ce qui me redonne un peu d’énergie pour les jours à venir.

Je vais m’arrêter là… Vous qui êtes de passage ici, partagez vos expériences s’il vous plaît. Les négatives, mais aussi les positives. Elles me donneront un peu de force pour continuer.

La grenouille transatlantique.

Christ is risen ! Indeed !

Bonjour à toutes et à tous,

Vous n’aurez pas manqué le fait que nous sommes le lundi de Pâques. Un jour férié pour ceux qui ne sont pas solidaires avec les vieux de France, ou simplement un jour pour digérer l’orgie de chocolat …

A Dallas, aussi pratiquant soient les Américains, il n’y a aucun jour férié pour Pâques. C’est tout juste si les magasins ouverts le dimanche concèdent un dimanche fermé le dimanche de Pâques … Mais comme ils sont pratiquant, plusieurs célébrations ont rythmé cette semaine sainte. Et je vous en parle parce que j’ai été très marquée. Que ce soit par le carême, que nous avons poursuivi à deux, ou par les célébrations, quelque peu théâtrales.

Jeudi, c’était Maundy Thursday. La célébration du dernier souper. J’ai tenté de vous dessiner l’avant du temple, à défaut d’oser faire des photos. Donc imaginez une table, avec 8 objets, 9 bougies. De chaque côté, les 2 pasteurs et 2 autres lecteurs ont égrenés les étapes de ce dernier jour. A chaque étape correspondait un objet et une bougie, qui était éteinte à la fin de la lecture. Je vous fais la liste ? Aller oui, je vous la traduis. Un vase cassé rappelle l’onction de Jésus, un bol rappelle la célébration de la Pâque (et la désignation de celui qui trahira Jésus), le calice rappelle le partage du pain et du vin, le sac (argent) représente le prix contre la trahison de Jésus, le coq a chanté après que Pierre a renié Jésus 3 fois, les liens sont ceux de Jésus devant Pilate. La couronne d’épine  et les clous racontent le chemin puis la crucifixion.
A la fin de la célébration, la 9ème bougie est éteinte. Jésus est mort. Puis dans le silence, des personnes de l’assemblée ont retiré les objets du culte, comme la Bible et la jarre d’eau, puis ont recouvert tous les pupitres et tables de grands draps noirs … La lumière s’est assombri, et nous sommes tous partis en silence …

 Maundy ThursdayLe dessin à la place de la photo … (coucou papa le dessinateur …)

Vendredi, c’était la célébration de Vendredi Saint, Good Friday. La célébration a eu lieu à 19h, comme la veille, avec l’ambiance de la lumière qui diminue au fur et à mesure du culte. Cette célébration, moins théâtrale, a pris la forme d’un chemin de croix de lectures et de méditations à l’orgue (et je peux vous dire qu’on a un organiste du tonnerre). Le chemin de croix n’est pas une tradition protestante, ici non plus. Je ne saurais vous décrire plus cette célébration comme celle de la veille. Elle a commencé dans un grand stress, qui est retombé quand j’ai fini ma part de lecture publique (oui, en anglais, devant tout le monde). Puis progressivement, la tristesse envahissante, de paire avec les ténèbres de la nuit qui tombe …

Good Friday

Dimanche, lever à 6 heure pour participer à 2 cultes de Pâques avec notre choeur, à 8h30 et à 11h. Nous avons séché la célébration du lever du soleil, à 7 heures dans la maison de paroissiens (surtout que le soleil n’a jamais traversé la couche de nuages ce jour là).
Les 2 services étaient identiques, ce qui m’a permis d’entendre la prédication 2 fois et de la comprendre un peu mieux que d’habitude. Nous avons chanté. Depuis le début du carême, nous avons chanté des extraits du Messie de Haendel. Pour le jour de Pâques, nous avons chanté un mix entre le morceau final, « Worthy is the lamb », et le final de la 2ème partie, « Hallelujah » (oui, Hallelujah, et pas « Ah les nouilles » comme je le pensais quand j’étais petite … A prononcer à haute voix et en chantant pour comprendre). J’avoue avoir été émue quand l’assemblée s’est levée au début du Hallelujah. La légende dit que le roi d’Angleterre s’est levé pendant ce morceaux. Peut-être parce qu’il avait mal aux pieds, peut-être parce qu’il avait envie de pisser … En tout cas, depuis ce jour, tout le monde se lève en écoutant ce morceau.
Sauf que personne ne m’avait prévenue avant, alors ça fait toujours un peu bizarre. Pour ceux qui voudrait écouter l’enregistrement, un peu meilleurs que ce que j’avais fait à Noël, mais pas encore super, c’est par là.
L’après-midi, nous sommes allés chez Belle-Maman Frog pour un dîner de Pâques traditionnel : jambon, patates douces rôties et casserole gratinée de haricots verts. J’ai préparé le dessert, un « parfait naturaliste au chocolat », trouvé dans un livre de cuisine parisiano-littéraire. Comme on a été raisonnables, nous allons tous manger du jambon pendant la semaine qui vient…

Donc oui, Christ est ressuscité ! Indeed ! Et nous ? Nous nous sommes effondrés au lit hier soir …

Je vous embrasse, et digérez bien votre chocolat,

The exhausted frog

Chez le coiffeur !

Bonjour à toutes et à tous,

Ceux qui me connaissent pourront vous dire combien j’aime aller chez le coiffeur, même si ce n’est que 2 à 3 fois par an. J’aime changer de tête. Passer du très long au très court, parfois un peu roux (l’année où j’ai tenté la mini-décoloration). En ce moment, je suis plutôt en train de les faire pousser. Alors j’emmerde les coiffeuses avec mes coupes de mi-longueur.

Mais pour l’instant, je mettais à profit mes aller-retour en France pour repousser l’échéance de devoir me faire couper les cheveux en Anglais. Mon mari a repoussé les choses quand nous étions en France, et je me rappelle de ce jour où je l’ai accompagné chez le coiffeur. Nous n’étions pas encore fiancés, mais on en avait tout l’air. Je me souviens de la coiffeuse, un peu brute, qui lui demande « Et la raie, de quel côté ? » et mon mari, tout penauds, qui n’y comprend pas grand chose. Et la coiffeuse, toujours aussi délicate : « Madame, venez aider votre mari ». Ca nous fait encore rire aujourd’hui, mais cela fait partie des choses qui m’ont fait éviter les coiffeurs en langue étrangère.

J’avais déjà tenté le coiffeur au Danemark, lors de mon stage de 3 mois il y a 10 ans (déjà 10 ans …). C’était la veille du mariage de ma cousine, et j’avais envie de couper mes cheveux, j’avais envie d’une frange. Mais soit je choisissais un coiffeur à 500 couronnes (genre 60 euros), soit c’était le barbier pakistanais. Et malheureusement j’ai choisi le barbier pakistanais, qui ne comprenait ni mon danois (très médiocre en ce qui concerne le  vocabulaire de la coiffure), ni mon anglais d’ailleurs … Alors oui c’était montrable, mais ce n’a pas été ma meilleure coupe.

Tout ça pour vous raconter mon premier coiffeur dallassois. Mmon chéri a déjà été chez le barbier du coin de la rue, à 10 dollars la coupe, et en est ressorti prêt pour faire son service militaire alors qu’il a répondu qu’il aimait bien un peu de longueur … Donc j’ai regardé les « hair dresser » et « beauty salon » chez mon copain Google. Il y a toujours le problème du prix, mais aussi et surtout le problème de la distance (encore et toujours). Je suis donc allée dans le salon de beauté « au coin de la rue », c’est à dire 10 minutes à vélo. Et je suis tombée du Jenelle, souriante, patiente, et qui a pris le temps de dialoguer avec moi. Donc ici un carré n’est pas « a square » mais « a bob ». Et en me demandez pas si c’est en rapport avec le prénom ou le chapeau. J’ai aussi découvert le vocabulaire de base : Is this your part (la raie) ? Do you like layers (les cheveux dégradés) ? Do you like your hairs sleek or with volume (lisse ou volumineux) ? Et là, j’ai répondu que j’aimais bien le volume. Parce que le brushing plat, c’est joli, mais comme son nom l’indique, c’est plat. Alors j’aime bien un coup de vent pour sécher mes cheveux. Là, elle a sorti un spray qu’elle a commencé à appliquer sur mes racines. « It’s a root raiser, so you’ll have more American hairs ». Et elle explose de rire. Là je me suis vue avec le brushing à l’américaine, celui avec les cheveux crêpés en dessous, qui fait 3 fois son volume … Mais j’ai rien osé dire … Au pire je me serais relavé les cheveux en rentrant … Après un long brushing, dos à la glace, j’ai pu découvrir son oeuvre. En fait, c’était un peu gonflé, mais en une heure de temps ma coupe a pris un très joli volume.

Tout ce discours pour un carré. Un carré à 32 dollars, ce que je trouve tout à fait honnête. J’ai la carte de Jenelle, et c’est sûr, c’est devenu ma coiffeuse pour mes prochains mois dallassois …

Aller, je vous offre la photo au retour du coiffeur.

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Je vous embrasse,

La grenouille brushée …

Dallas Downtown !!

Howdy y’all ?

Je flotte un peu dans le temps, je déguste les températures qui montent doucement, mais en restant très agréables. Dimanche dernier (il y a déjà 1 semaine), nous sommes partis à vélo jusqu’à la gare de RER local, le DART. Après 30 minutes de vélo, nous avons pris le train pendant environ 30 minutes pour finalement atteindre le centre ville de Dallas, Downtown.

Gare surexposée

La gare de « quartier », en ouverture maximale, parce que je ne maîtrise pas complètement mon appareil photo …

Lovers Lane

Lovers Lane, la voie des amoureux … Un chemin prédestiné pour nous …

Réflection de tour

Les gratte-ciels qui se reflètent dans les autres gratte-ciels 

Peinture murale

Peinture murale vue du train

Train marchand Union Station, la gare d’arrivée – notez le train de marchandise qui passerait presque sur les mêmes voies que le DART …

Nous avons disserté avec mon cher et tendre de l’intérêt de ce centre ville. J’étais comme une folle avec mon appareil photo entre les gratte-ciels en train, pendant que Monsieur regrettait un peu l’architecture parisienne. Bon, d’accord ce n’est pas l’architecture haussmanienne, mais en même temps, j’aime bien. J’aime bien voir les choses se refléter dans les parois en verre, la cohabitation avec des bâtiments plus vieux. J’aime aussi les vestiges des pionniers, des éleveurs de bétail qui passaient par là …

Oh la vache !

Souvenir des pistes à bétail, qui passaient par Dallas.

Pioneer cemetery park

Pioneer Park Cemetery

The Dallas Morning News

The Dallas Morning News

En tout cas, j’ai enfin compris comment arriver au centre-ville, même si ce n’est pas très facile, ni très court. La ville s’ouvre à moi tout doucement. Je prépare le futur, doucement, sûrement, pour quand j’aurai enfin mon visa. Alors même si je flotte un peu dans le temps, je le goûte. Parce que je ne l’avais pas avant, et que je ne l’aurai peut-être pas de la même façon plus tard.

Vieu bâtiment

Il reste encore quelques vieux bâtiments entre les gratte-ciels

Parcmètre et palmiers

Alternance parcmètre – cactus …

 

Nuage sur gratte-ciel

Quand le ciel se reflète dans les façades de verre !

La tour satellite

Ne me demandez pas le nom de cette tour …

Entre 2 buildings

Quelques bâtiments plus anciens, plus typiques …

 Buildings

Superpositions

Dallas Public Library

Dallas Public Library – ou l’attaque des lampes de bureau cosmiques …

Cathédrale Dallas

Dallas a même sa cathédrale, j’ai nommé Cathedral GuadalupeDétail cathédral

Un détail de la façade de la cathédrale

Cierges à la mexicaine

Même si on est un peu loin de la frontière, ambiance hispano-catholique garantie …

 

Ah, le temps, toujours le temps.

Et vous ? Comment se passe le temps ? (Attention please, this is a call to all the French friends who stayed in France, but also a call to all the other people who want to share a comment here …)

 

Signé : la grenouille temporelle

Carte postale de l’Abbaye de la Pierre qui Vire

Chers tous,

Vous avais-je dit que je suis passée par l’Abbaye de la Pierre qui Vire ?
En allant en Bourgogne, j’ai eu envie de pousser un peu vers le Parc National du Morvan. En bonne Française, j’ai aussi regardé la carte des fromages, et j’ai découvert la boulette de la Pierre qui Vire … Quesaco ? C’est une Abbaye bénédictine, qui réunit une communauté de moines depuis 1850. Ils vivent loin de tout, dans la forêt de Vauban-St-Leger, selon la règle de Saint Benoit. Une vie rythmée par la prière et le travail. Ils utilisent le bois de la forêt pour la construction (même si depuis quelques pierres se sont ajoutées à l’édifice), ils cultivent un bout de jardin, et il y a une ferme laitière (même si ce ne sont plus les moines qui s’en occupent).

L'abbaye

Le parvis de l’Abbaye

J’ai donc contacté le frère hôtelier pour lui demander s’il pouvait m’accueillir pour un week-end de « fin de remplacement difficile ». En lisant les règles d’accueil, j’ai vite compris que ce n’est pas une chambre d’hôte de tourisme classique. Et qu’on n’y va pas juste pour goûter la boulette fromagère … J’ai hésité, un peu, beaucoup. Et puis finalement, j’ai décidé d’y aller.

L’arrivée est une transition. Au détour des virages de la petite route, on s’enfonce dans la forêt. Lorsque le moteur s’arrête, enfin … C’est un silence non silencieux. Il y a le bruit de la rivière, des oiseaux. La neige est encore là, en train de fondre, et c’est autant de petits ruisseaux que l’on entend aussi. Mais pas de bruit de la ville … Pas de réseau de téléphone (et donc pas de sonnerie), peu de moteur, pas de sirène. Une place pour faire le silence à l’intérieur de soi, surtout quand on a eu envie de faire la révolution à l’hôpital. Et le silence est venu peu à peu. Avec un petit goût de solitude aussi.

La porte d'entrée de l'hostellerie

La porte de l’hôtellerie. A droite, la lucarne du frère hôtelier.

Le temps est rythmé par la cloche pour chaque temps de prière. Je ne vous fais pas la liste, mais 6 fois par jour, la communauté se réunit dans son église pour prier, souvent en chantant les textes de prière. C’est une prière dont je n’ai pas l’habitude, assez lente, longue… Il est difficile d’y prendre vraiment part quand on ne chante pas soi même.

L'Eglise de l'Abbaye

L’Eglise, dont la façade a été modernisée il y a 10 ans environ

Entre les temps de prière, c’est travail pour les moines, et … Réflexion pour les autres … Je suis partie réfléchir dans la forêt, sur le chemin qui fait le tour de l’Abbaye notamment. C’est de là que viennent les photos.

Le tour de l'Abbaye

Le chemin du tour de l’Abbaye

Les gorges du Trinquelin

Les gorges du Trinquelin

Au détour du chemin

Au détour du chemin, on redécouvre là d’où l’on vient

L'abbaye de la Pierre qui Vire

Vue de la forêt

Le matin, le petit-déjeûner est silencieux. Le midi et le soir, les repas sont pris en commun avec tous les invités de l’hôtellerie. Il se trouve que ce week-end là, il y avait un cours de chant pour les moines et moniales de toute la France (et de langue française, l’une d’elles venait du Couvent de Nazareth en Israël). Ce fut donc l’occasion de multiples rencontres avec des moniales, des moines, des professeurs de chant … J’ai aussi rencontré un couple de Catholiques très impliqués dans leur diocèse (notamment dans la préparation des couples au mariage).
J’étais un peu gênée au début, comme « protestante étrangère » au sein de cette communauté catholique dont je ne possède pas les codes.

Vue de l'Eglise

L’Eglise, vue du haut de l’Abbaye

Au fur et à mesure, le silence s’est fait à l’intérieur. Une certaine sérénité s’est installée. Finalement prête pour le retour à la vie « normale » entre campagne française parentale et retour à Dallas, qui fut mouvementé comme vous le savez.

A ceux qui se posent des questions, à ceux qui veulent rencontrer une communauté, à ceux qui ont besoin d’un silence non silencieux propice à la prière ou à la réflexion, n’hésitez pas à trouver une communauté qui puisse vous accueillir le temps d’une retraite, un week-end ou quelques jours … Et n’hésitez pas à me raconter si vous l’avez déjà fait … Ca m’intéresserait d’avoir votre avis …

Je vous embrasse,

La Grenouille qui cherche

PS : Et vous savez pourquoi la Pierre qui Vire ? Parce qu’il y a des grosses pierres dans la région, dont une qui était devant l’Abbaye, et qui tournait, genre instable. Maintenant elle est fixée, et on lui a même dressé une statue dessus. J’ai essayé de vous la montrer en vidéo, mais j’ai eu quelques soucis techniques …

To kill a mockingbird

Howdy y’all !

I just finished the Harper Lee’s book « To kill a mockingbird ». It was written in 1960 and won the Pulitzer Prize in 1961. It was precisely the time of the first protests of Black students against segregation.

to kill a mockingbird

This novel takes place where it was written, in Alabama. Scout, an 8 year old girl, explains that summer with her brother Jem and her friend Dill. She describes with her little girl’s eyes the trial of a black man accused of the rape of a white 19 year old white girl. Her father is the court-appointed lawyer of the black guy. This is the story of a girl discovering the human feelings like love and hate, but also the weird polite behavior of the white middle class towards the black population of the town, as well as the hostility of the poor whites towards the same black population. I was completely taken in by the warm ambiance of Alabama, the children playing, the adults working and sweating.

« I’d rather you shot at tin cans in the back yard, but I know you’ll go after birds. Shoot all the bluejays you want, if you can hit ’em, but remember it’s a sin to kill a mockingbird. » That sentence from chapter 10 gives the title to the novel.  It summarizes all the book in one sentence. The father tells his children how they can use their new air-rifle. Bluejays and mockingbirds are birds (I’ve picked some YouTube videos for the non-American or non-naturalist who don’t know those birds), but they are also people or feelings …

It’s a profound book that I recommend to everyone.

The reading frog.

 

Réveil frileux

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait quelques temps que je n’ai pas écrit. Initialement complètement absorbée par mon travail de pneumologue intérimaire (oui, ça existe !!), j’ai ensuite beaucoup angoissé à l’idée de mon voyage vers les USA. Je suis partie le 18 février, après à peine un peu plus de 2 mois en France (je le note pour plus tard …).

Le vol s’est lui-même bien passé, y compris la correspondance d’1h50 à l’aéroport de Londres (avec changement de terminal, passage de la sécurité, passage de la pré-immigration sans difficulté, re chek-in et pique-nique). Les choses se sont un peu compliquées à l’arrivée. Je fais gentiment la queue à l’immigration, dans la file ESTA. Quand je passe devant l’officier d’immigration, il me demande pourquoi je viens aux USA et quand je rentre en France. Ma réponse est prête, I’m visiting my husband. Et je rentre le 4 mai … parce que le 5 mai mon ESTA expire (et je ne lui ai pas dis que ça m’a coûté 200 euros pour m’en être rendue compte la veille de mon départ et pour modifier à la dernière minute la date de mon retour qui était initialement le 15 mai …).

Et là, la réponse qui tue : You spend more time in the USA than in France …  Parce qu’il a sous les yeux mon historique de voyage. Et comme j’ai passé 3 mois aux USA entre septembre et décembre, seulement 2 mois en France (vous l’aviez bien noté hein?) … Et me voilà dans la salle du temps qui s’arrête. La numéro 3. Celle où on fait un peu peur aux gens, où on leur posera plus de question quand ce sera le bon moment …

Donc je m’assois et je patiente, partie pour de longues heures d’attente en mon for intérieur. J’ai lu récemment l’histoire d’une résidente française aux USA, qui a passé 3 heures dans ce genre de salle, avant de recevoir un coup de tampon en 3 minutes … Alors je suis préparée à attendre longtemps, un pincement au coeur pour mon chéri qui m’attend de l’autre côté du mur. En fait, l’attente a duré tout au plus un quart d’heure. Et on m’appelle …  par mon prénom, alors je ne réponds pas tout de suite. L’officier d’immigration (un autre cette fois), me demande pourquoi je viens aux USA. I’m visiting my husband. Il vérifie donc un peu la véracité du husband. Pas en me demandant son nom ou mon livret de famille, que j’ai dans mon sac. Mais en me demandant quand nous nous sommes mariés, où, de quand à quand a-t-il vécu en France … Et finalement il me demande si je comprends bien que je devrai rentrer en France le 4 mai. Je lui réponds que oui, que j’ai mon rendez-vous à l’ambassade pour finaliser mon visa d’épouse et que pour rien au monde je ne le manquerais.  Alors avec un grand bruit bureaucratique, mon passeport reçois le tampon « Admitted » … Ouf, je peux sortir libre de la salle numéro 3 et je rejoins 5 minutes plus tard, en larmes, mon mari.

Parce que le tampon « Admitted » est teinté de culpabilité. Oui, j’ai reporté d’un mois mon rendez-vous à l’ambassade pour permettre ce voyage. Oui, je ne travaille de nouveau plus pendant 2 mois. Ou du moins je travaille d’un travail non reconnu par la société : apprendre l’anglais, faire un projet professionnel pour mon retour.
Je me suis morfondue pendant 2 jours. Un peu perdue dans cet océan d’accent texan, bien perdue dans un jetlag … Et puis samedi la vie a commencé à reprendre. Nous avons fait les courses à Central Market (ce magasin pour bobo qui mangent des trucs bio et du bout du monde). Nous avons rendu visite à Belle-Maman, qui est toujours très accueillante et encourageante. Dimanche j’ai retrouvé notre paroisse. Celle où tout le monde m’a souri en me disant « Welcome back ». La langue de l’un d’entre eux a même fourché et m’a souhaité Welcome Home… Ici je suis Madame Frog, l’épouse de Monsieur Frog. Et je suis accueillie … Et c’est bon.

La morale de l’histoire, c’est qu’il ne faut jamais compter sur l’officier de l’immigration pour se sentir accueillie aux USA… Surtout quand on joue à la limite des règles du jeu …

dallas glacée

Enfin, j’ai intitulé ce billet « Réveil frileux » parce que notre météo fait des siennes. J’ai découvert le « sleet ». La pluie verglassante à la texane. Le sol est devenue une plaque de verglas géante. Ben oui, les texans vont quand même pas avoir un « plan salage » pour une ou deux journée dans l’année … Du coup nous sommes avec mon chéri en mode cocooning à la maison… Et c’est bon !!!

Je vous embrasse,

Madame Frog …

Dallas sous la glace