Le mal du pays

Bonjour à tous,

Je reprends ma plume électronique. Je viens de voir que je n’ai rien écris depuis septembre. Une nouvelle éternité.

Là je vous écris avec mon petit de 14 mois qui ne rêve que d’une chose, venir taper sur mon clavier d’ordinateur à son tour. Vous vous souvenez du lapin Duracell ? Et bien c’est mon petit. Il dort correctement, mais 11h la nuit (et pas 12 comme dans les livres), et la sieste dure 2 fois 45min quand j’ai de la chance. Pendant ses 2 siestes, j’ai le choix entre tenter de travailler, l’emmener marcher pendant qu’il dort dans sa poussette, ou faire la sieste avec lui. Parce que durant cette éternité, je suis retombée enceinte. J’en suis à la fin du premier trimestre, celui qui prend toute l’énergie …

Ce samedi nous avons invité nos nouveaux voisins (depuis un an quand même) à déjeûner chez nous. J’ai cuisiné quelque chose de chouette. Pas très compliqué, mais un peu travaillé. Un poulet rôti au thym et au citron, une ratatouille, des pommes de terres, des meringues avec de fraises et de la crème fouettée au dessert. C’était bon. Mais durant le repas, j’ai eu un peu de mal à me poser. Mon enfant qui mendiait sans cesse à manger, ou bien simplement de l’attention. Et nos voisins racontent beaucoup d’histoires, en passant parfois du coq à l’âne, en posant parfois quelques questions sur nos vies, mais en écoutant peu les réponses.
J’ai demandé à mon mari américain si c’était moi, eux ou culturel, ce genre de conversation peu intéressante, peu profonde, et qui ne va nulle part. Il m’a confirmé mon sentiment et nous en avons conclu que c’était probablement une partie des américains.

J’ai ensuite eu une grosse crise de mal du pays. La bonne cuisine me manque, et cuisiner un peu élaboré me demande tellement de travail qu’il me manque vraiment une table qui sait déguster (certes mon mari, mais pour le coup je n’ai pas l’impression que mes voisins ont apprécié mon travail à sa juste valeur). Donc bien manger me manque, manger pendant 4 ou 5 heures en refaisant le monde me manque. Je me suis rappelée le Dîner des 3 lions avec Gilles, Zac (les deux autres lions qui fêtent leur anniversaire le même mois que moi), Marie, Marie-Pierre, et les autres. Le repas pouvait durer toute l’après-midi. Je me suis dit que j’aurais bien bu un verre de vin (mais donc pas aujourd’hui avec la nouvelle crevette dans mon ventre). Mes amis m’ont manqué tellement que d’un coup, j’ai eu la crise de larme (peut-être aidée par les hormones de la grossesse???).

Dans mes méandres de réflexion, le petit centre ville de Metz m’a manqué. Ses cafés, ses boutiques de vêtement. Parce que hier soir nous sommes allés au Mall de Waco, et je vous le confirme, c’est vraiment dépressiogène. Les vêtements de fille sont informes, la moitié des boutiques fermées, l’autre moitié ne vaut pas la peine de s’y arrêter… Alors hier soir je me suis un peu effondrée…

Et aujourd’hui? Mon mari vient de partir en congrès, en me laissant avec mon petit sans voiture… Je peux vous dire que j’en viens presque à regretter le métro parisien.

En recherchant sur internet, je me suis demandée comment soigner le mal du pays. Les réponses vont de « manger la cuisine qui vous manque » (je n’ai pas encore trouvé de restaurant français à Waco), appelez vos proche (du coup c’est raté pour ce week-end avec le décalage horaire), faites des choses qui vous plaisent (et là, ce sera le sujet d’un prochain billet, c’est comment faire ce qui me plait avec mon 14 mois dans les pattes…)

Du coup j’ai décidé de reprendre le contact avec mon blog. On verra bien si je reviens écrire plus souvent par ici.

Point de photo dans ce billet, mais on va essayer de s’améliorer sur ce point.

Je vous embrasse,

 

Des nouvelles !

Howdy y’all !

Voilà quelques mois que je n’ai pas écrit par ici. Je ne sais pas si je saurai reprendre avec régularité. La vie a complètement changé…
Au mois de mars et avril, j’ai beaucoup travaillé, ayant accompagné une première cliente dans le cadre de mon projet professionnel. Quel bien fou de se sentir à nouveau utile à quelqu’un. Je n’en dis pas plus ici …

Et fin avril est arrivé ce qui devait arriver. Le 26 avril, à 5h02, est né notre fils. Une grosse crevette de 3500g et 51cm. J’ai découvert les joies des sauts d’hormone, de l’allaitement, des nuits décousues. Je ne sais pas combien j’ai envie d’en raconter ici.

img_0426Puis quand les journées ont commencé à se calmer un peu, j’ai commencé à faire les cartons … Parce qu’avec tout ça je ne vous ai jamais dit … Fin février est arrivé la chouette nouvelle que mon homme a obtenu un poste de professeur assistant à l’université de Baylor à Waco. Je voulais vous montrer ma première visite de Waco, une petite ville qui a l’air de renettre de ses cendres, entre la vie universitaire et l’émission télévisée « Fixer Upper » que l’on peut voir sur Netflix, où des familles achètent des ruines et un couple de designer / chef de travaux remet à neuf. img_0293
Bon … Nous avons donc préparé les cartons pour un déménagement fin juillet, avec un bébé de 3 mois dans les bras. Tout s’est passé comme il faut, même si j’ai été exténuée les jours suivants

Puis entre deux ouvertures de carton, on s’est payés le luxe de quelques jours de vacances avant la rentrée de Monsieur. Nous avons accompli beaucoup de tâches administratives (et mon statut d’étrangère ne facilite pas toujours les choses, je vous aurais bien fait un article rien que sur mon nouveau permis de conduire …).
Et nous avons fait le voyage jusqu’à Houston pour faire une demande de passeport pour moi au consulat (rappelez-vous, toujours avec un bébé de 3 mois dans les bras). Quitte à rouler si loin, nous avons poursuivi jusqu’à la mer à Galveston, où nous nous sommes fait chouchoutés dans un bed and breakfast, où on a mis les pieds dans le sable (pas vraiment dans l’eau …). J’ai plein de photos que j’aimerais vous montrer aussi…

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Notre bed and breakfast

Depuis, je découvre la vie à Waco… Le premier qui me demande si j’ai choisi une église (et encore plus laquelle), je le désingue net… C’est le sport national de la ville. Et comme il y a l’embarras du choix, ceci est devenu une question épineuse…
Je fréquente un groupe de mamans avec qui nous allons au parc, à la bibliothèque pour les histoires de bébé … J’ai rencontré dans ce groupe une autre maman française, et sa petite fille de 1 an … J’espère que nous pourrons parler français ensemble régulièrement. Je fréquente aussi un « café allaitement », parce que je me galère un peu avec ça … Je ne suis pas sûre de combien je veux en parler ici…

Et côté travail ? Et bien j’ai mille idées de choses à faire ici. Mais avec mon 4 mois 1/2 sur les bras, que j’ai très envie de laisser dans une crèche à temps partiel, mais que je n’arrive même pas à laisser une heure à la garderie de l’église tellement je suis maman-poule … Ce projet traîne un peu. Mais c’est promis, je vais y arriver.

Et sinon, je projette des vacances en France … En décembre … Oui parce que fin novembre j’accompagne Monsieur à son congrès à Rome (yes !!!!!). Et je poursuis le voyage seule vers ma Moselle d’origine avec mon petit sur les genoux (Monsieur doit retourner faire cours) les premières semaines de décembre. La rencontre de mon petit américain et de ses grands-parents franco-danois … Que j’ai hâte d’y être.

Voili voilou. Ce sera tout pour l’instant. Si je reprends goût à l’écriture ici, je vous ferai peut-être le guide touristique de Waco / Galveston, peut-être le guide maternité de Dallas Nord et Waco… Et je vous enverrai peut-être une carte postale de Moselle et de Paris et sa banlieue ou j’ai l’intention de passer voir les amis.

Je vous embrasse,

 

Les transports en commun à Dallas

Howdy y’all !

J’ai testé pour vous les transports en commun ! Pour vous … J’avais pas vraiment le choix. Monsieur Frog est en déplacement avec la voiture et j’avais rendez-vous pour le suivi de notre têtard en devenir.

Nous avions déjà pris le DART (une sorte de RER) pour aller au centre ville, en atteignant la gare après 1/2 heure de vélo. Le week-end, c’est agréable, et le train est tellement plus accueillant que le RER parisien pour les vélos que j’avais une plutôt bonne opinion.

Donc je partais avec l’esprit positif, tout en sachant que je devais aller loin. Pour vous dire, en voiture il faut compter 20 minutes sans les embouteillages pour une dizaine de miles. Bon … Et ben c’était pas si facile que ça …

A l’aller, j’avais bien prévu l’itinéraire … Bus 451 pendant 30 minutes (avec des arrêts de bus parfois tous les 500m, je me dis que c’est plutôt bien desservi), j’attrape le train pour 2 stations puis je n’ai même pas à attendre le bus 428 qui est là sous mes yeux en descendant du train … Résultat des courses, une heure de trajet tout pile. Comme j’avais prévu large, je suis partie avec le bus de 8h11, arrivée vers 9h10 pour un rendez-vous à 10h40 … J’étais très large … Mais c’était ce que j’avais prévu. J’ai pris mon temps au café du coin, et je suis allée à mon rendez-vous … Je vous passe le fait que l’arrêt de bus d’arrivée descend dans l’herbe (et oui, le trottoir s’est arrêté 20m plus loin) … Je vous passe aussi le fait que voulant repérer l’arrêt de bus retour j’ai testé le feux piéton qui ne passe jamais au vert (et j’ai fait 2 cycles de feux voitures avant d’oser « griller » mon feu rouge)…

Le retour par contre … Ce fut une autre histoire … Plus d’1h30 le voyage retour … Eh oui, je rate un bus à 1 minute près (que je n’ai pas vu passé de loin, donc je pense qu’il était en avance sur son horaire). J’attends donc 15 minutes le suivant. A la gare, le train est passé avec 10 minutes de retard et le fameux 451 est parti à l’heure avec une correspondance de 20 minutes (oui, à 13h il y a un bus 451 toutes les heures …).
La faim se faisant franchement sentir (il est 13h30), je deviens chon-chon … Mon ticket de bus n’est pas passé une seule fois du premier coup dans leur lecteur de m…..

Et là tu te dis que pour une ville aussi grande, aussi peu dense, le réseau est plutôt pas mal. Toujours des places assises, la possibilité de transporter facilement son vélo, même dans le bus (chaque bus à un porte vélo dépliant à l’avant et on charge son vélo soi-même si on veut, et c’est gratuit). Et le ticket à volonté sur toute la région de Dallas est à 5$ (ce qui comparé aux prix parisiens dont j’ai l’habitude est vraiment peu cher). J’ai aussi beaucoup utilisé l’application téléphone du réseau, qui pour le coup est aussi mille fois mieux pensé que ce que j’ai pu essayé avec la RATP.
Mais quand même cette ville aussi grande … C’est pas possible en bus quand tu dépasses 1 correspondance. Et les arrêts de bus … Tu peux avoir de la chance et avoir un panneau avec les horaires et un banc, mais le plus souvent c’est tout juste le numéro de la ligne, un ID number pour l’arrêt (qui pourtant a un nom à bord du bus) …

C’est comme de vous dire que j’aurais tenté un Massy – Charenton le Pont à distance des gares RER … C’est long et compliqué…

Mais je suis rentrée vivante … Et affamée.
Pour ceux qui voudraient savoir, le têtard en devenir va bien …

 

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Mon petit arrêt de bus du retour, à côté du feu qui ne passait jamais au vert … 

 

Et vous ? Ailleurs aux USA ? C’est comment les transports en commun ?

Je vous embrasse,

La grenouille en correspondance …

 

 

 

 

 

 

Carte postale de Pittsburgh (part 2)

Howdy y’all !

Comme promis je reviens avec la 2ème partie de notre semaine de vacances à Pittsburgh, Pennsylvanie.

En fin de journée le 28 décembre, nous sommes allés en famille « élargie » à Phipps botanical garden. C’est un jardin botanique, mais américain… C’est à dire qu’ils prennent les lumières de Noël super au sérieux … Donc de nouveau à la tombée de la nuit. Beaucoup d’orchidées, de sapins de Noël, et des sculptures de verre par l’artiste Chihuly … J’adore. Le jour où je serai « monétairement » riche, je serai mécène d’un artiste de sculpture sur verre…

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L’entrée du parc Phipps … La lumière devient franchement grise

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Tout est décoré pour Noël 

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Des orchidées partout

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Des détails de décoration de verre ou de glace … 

      Les lumières de Noël … Très sérieux vous dis-je ! 

Puis de multiples sculptures de verre … J’adore !

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Mardi 29 décembre, nous nous sommes promenés entre « jeunes adultes », sans enfants, dans Pittsburgh. Encore une fois, les lumières de Noël dans PPG place (un bâtiment tout en verre, assez classe) avec une exposition de maisons de pain d’épice … J’ai eu du mal à mettre dans l’ambiance de Noël cette année (raison pour laquelle vous ne m’avez pas lu pour the 20th in America en décembre), mais avec ce séjour familial … J’étais à fond dedans !!!

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Le magasin de pop-corn à toutes les saveurs … Nous avons essayé parfum peanut butter … Pas mauvais, mais bizarre. 

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Le PPG building … Et sa collection de maisons de pain d’épice

Enfin, le 30 décembre, nous avons marché en amoureux sur Squirrel HIll, quartier situé à proximité des grandes universités : Pitts (le petit nom de University of PIttsburgh) et Cargenie Melon … Nous avons refait le monde en buvant du café … Le genre de jour chômé que j’adore, et qui me manque à Dallas …

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Here we go Steelers … L’équipe de foot que soutient toute ma famille … Et qui a perdu ces derniers temps … N’empêche que les bus l’affichent !

Et voilà une semaine de passée à manger, marcher un peu, regarder les lumières de Noël… Juste assez pour être fatigué et avoir envie de retourner au travail. Et pour attaquer la nouvelle année… Je vous en raconte un peu plus ces prochains temps …IMG_0191

Vues de la ville depuis le Mont Washington 

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Je vous embrasse,

La grenouille sur son banc en fer forgé …

Mon année d’hésitation professionnelle

 

Hello,

Je sais que la majorité de ceux qui me lisent me connaissent personnellement et savent déjà par quelles hésitations professionnelles je suis passée. Ceux-là ne savent pas encore très bien ce que je suis en train de faire. Pour les autres qui ne me connaissent pas personnellement, je vous raconte ma dernière année d’hésitation professionnelle.

Je suis donc pneumologue de formation, spécialisée en cancérologie thoracique… Pourquoi ce choix ? Il y a peu je vous aurais dit que j’ai choisi la pneumologie parce qu’on m’a mis un fibroscope dans les mains pendant mon premier semestre d’interne et que j’ai adoré le côté technique. Egalement parce que cet organe est touché par tous les types de maladie, de la maladie auto-immune au cancer en passant par les traumatismes et l’asthme … Je vous aurais dis aussi que j’ai appris la cancérologie à une époque où je voulais retourner en province, et que cette spécialisation ouvrait beaucoup de portes …

J’ai travaillé dans 2 hôpitaux, dans lesquels j’ai largement porté mon étiquette d’oncologue thoracique. J’ai prescrit beaucoup de chimiothérapie, j’ai annoncé pas mal de cancer, et j’ai malheureusement également soigné beaucoup de mourant et constaté de nombreux décès … Epuisée, j’ai quitté mon dernier hôpital le 30 juin (il y a donc un peu plus d’1 an), rêvant encore d’un visa en quelques mois …

Puis le temps s’est étiré. Les mois sont devenus un an. J’ai fait quelques remplacement pendant mes retours en France, mais vous avez remarqué que ce n’est pas ma meilleure expérience professionnelle. Aux USA, j’ai rêvé. J’ai essayé d’apprendre des choses, et en particulier l’Anglais. Mes rêves professionnels sont partis dans tous les sens.

Initialement, c’était des choses plutôt pratiques comme fabriquer mon fromage, fabriquer ma bière, faire de la permaculture dans un jardin potager … Ok, j’ai fait un brassin de bière (et le second est en route) … Mais ça ne fait pas de moi un brasseur. Puis j’ai fait des test de personnalité genre  Brigs Meyer test … Et j’ai imaginé devenir bibliothécaire, libraire ou conseillère d’orientation en lycée. Que des choses faciles au niveau diplôme (master de science de la bibliothèque en 2 ans, master de pédagogie pour le conseiller d’orientation avec la licence spéciale « lycée »). L’idée de devoir me former pendant 2 ans m’a vraiment fait réfléchir.

Puis je suis rentrée en France … Mon entourage m’a un peu fait comprendre que 2 ans de formation, c’était cher payé (dans tous les sens du terme). Et puis il y a eu les attentats en janvier. Je me suis mise à réfléchir sur la liberté d’expression et ce qu’on en faisait. En même temps mon visa commençait à s’éterniser et je me suis mise à réfléchir sur l’immigration en général, vers les pays riches en particulier.

En revenant aux USA, j’ai suivi un cours sur EdX (la plateforme de Mooc) intitulé « Journalism for Social Change ». J’en ai même écrit un article en Anglais après avoir interviewé par e-mail des personnes de l’Eglise presbytérienne qui s’occupent d’immigration / d’une paroisse près de la frontière mexicaine. Mais quelque chose ne collait pas …

Alors je suis devenue pragmatique et j’ai imaginé devenir prof de français. J’ai regardé les diplômes de l’Alliance Française … très chers … J’ai regardé des livres, des sources internet. J’ai même préparé mes premières leçons, pour niveau très avancé … J’en ai parlé longuement avec ma cousine Eva, professeur de Français langue étrangère en France.

Mais en fait, depuis 3 mois, j’observais les sites de coaching professionnel. Comment trouver son métier. Je me suis nourrie de leurs conseils professionnels, j’ai lu des livres écrits par eux (en Anglais s’il vous plaît). Mais je n’arrivais pas à trouver l’idée qui me faisait vibrer, sans demander 5 ans d’étude et 50 000 dollars d’investissement…
Alors j’ai décidé de payer pour être guidée personnellement.

L’intitulé de la première étape de cet accompagnement s’intitulait « Je trouve le job qui me colle à la peau et me fait vibrer ». En 1 semaine ? ce que je cherche depuis 1 an ?
Et bien oui, cette coach l’a fait… Et depuis 5 mois maintenant elle m’accompagne dans la création de mon entreprise, en se reposant beaucoup sur la notion de « mission », de pourquoi on fait les choses, de leur donner du sens… Et j’avoue que cela m’a parlé.

Je deviens donc spécialiste de l’accompagnement des femmes qui on eu un cancer et veulent accomplir leur vie à l’issue de cette maladie. Je voudrais les aider à reprendre leur vie en main, que ce soit la vie quotidienne, comme leur vie au sens plus large.

Qui l’eut cru, qu’en 1 semaine je trouve mon job (qui en fait se base beaucoup sur le premier travail) ? Si vous voulez en savoir plus sur ma coach, n’hésitez pas à me contacter et je vous dirai. Et pareil si vous voulez en savoir plus sur mon propre travail. Parce que la grenouille se révèle, je vous redonne le lien vers mon nouveau blog : www.projetsdcoeur.com 

La grenouille travailleuse,

 

De retour !

Howdy y’all !

Oui, je sais, ça fait bien longtemps … Mais me voilà de retour, avec une belle énergie. J’ai pensé à vous, souvent … J’espère que vos oreilles ont sifflé un peu … J’ai pensé à vous le 20 octobre, quand j’ai laissé passé le challenge The 20th in America …

Mais voilà … Mon énergie en septembre et octobre est passée ailleurs. Laissez moi vous raconter, ensuite je vous montre notre Halloween …
En septembre … Et bien j’avais la nausée tous les matins, j’étais épuisée … J’aurais pu dormir 12h par nuit et faire encore des siestes matin et après-midi … C’est grave docteur ? J’espère que vous me voyez arriver … Alors voilà la première grande nouvelle, celle qui m’a pris le plus d’énergie : j’attends un bébé ! Un petit bébé qui a reçu la priorité énergétique …

Je n’ai pas complètement décidé si j’allais m’épancher sur les détails d’une grossesse « française » aux USA … J’ai hésité à vous raconter ma première consultation chez le médecin traitant, en mode « journalisme » … Oui, vous savez, le médecin traitant à 300$ la consultation qui finit par te donner ton diagnostic (celui que j’avais déjà fait moi même hein ?) et te répond que comme tu es enceinte, il n’ose te faire aucune prescription … Celui qui te fait une liste de médicaments qu’il aimerait te prescrire sur un post-it et te demande de te démerder avec le gynécologue que tu n’as pas encore …

J’ai hésité … Je n’en ai pas fait tout un article, mais je craque et le dénonce un peu ici quand même … Pour le reste … Seulement si ça vous intéresse … Seulement si vous me le demandez … Parce que c’est très personnel et que j’aime que mon blog ne soit pas que « reportage » mais garde cette touche personnelle … Et là, je n’ai pas encore bien fixé mes limites …

La deuxième chose qui m’a pris beaucoup d’énergie, surtout au mois d’octobre, c’est mon travail. Je vous en ferai un article spécial la semaine prochaine. Mais pour les curieux pressés, voici mon site professionnel … Mon 2ème bébé : www.projetsdcoeur.com

Et comme la vie de « touriste » ne s’est pas arrêtée pour autant, j’ai envie de vous raconter avec du retard, mon Halloween … Parce que comme une gamine j’ai taillé ma première Jack O’Lantern … Mon chéri était à l’appareil photo, et il m’a littéralement mitraillé… Je tente de vous montrer le résultat en version animée (que vous verrez quand j’aurai résolu mon problème technique)…

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J’ai laissé Monsieur creuser et faire le « sale » travail.

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Quand Jack est illuminé.

On a mis notre citrouille à la fenêtre … Et pourtant, dans notre quartier un peu pourri, aucun enfant n’est venu frappé à la porte (et tant mieux, parce que je n’avais aucun bonbon …).fenêtre halloween
Vu de la fenêtre ! J’aime bien le côté balafré de Jack ! 

Jack O'Lantern

Je ne résiste pas à vous montrer aussi la barbe qui a poussé au menton de Jack en l’espace de 48h … Bien dans le ton « fantomatique ».

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Visez la bouche et l’oeil gauche … Tous poilus … Hygiène au top dans ma maison. 

J’ai tenté de récupérer la chair pour en faire des recettes … Je voulais les partager avec vous … Mais de chair il n’y en avait finalement que très peu (c’est vachement creux ces citrouilles spécial Halloween). J’ai récupérer les pépins qu’on a grillé au four et salé pour faire l’apéritif. La chair est devenue « purée de citrouille », utilisée en accompagnement de viande, et incorporé à des pancakes à la citrouille. Très sucré, mais très bon … Tartiné de beurre de cacahuète par Monsieur … Miam !

Voilà voilà …

Je vous embrasse tous,

La grenouille qui attendait un têtard !

L’anniversaire de la grenouille

Howdy y’all !

Oui, je sais, je me fais rare. C’est à dire qu’il se passe pleins de choses dans ma vie, dont je n’ai pas forcément envie de parler ici … Ou pas encore envie. Mais du coup, je vois bien que je n’écris que très peu.

Et ni vu ni connu, j’ai loupé hier de souhaiter un joyeux anniversaire à la grenouille. Hier ça faisait 1 an que je suis arrivée pour le premier long séjour aux USA. Et ça faisait un an que j’ai publié mon premier article.

Alors non, je ne vais pas vous parler de statistiques, de nombres de posts … Ma portée est tellement ridicule au vu des statistiques de certains que ça ne vaut pas la peine d’en parler. Mais attention, ma portée n’est pas nulle. Parce que grâce à ce blog, j’ai fait de belles connaissances, même si elles restent « virtuelles ». J’ai rencontré Karine de Madama Ananas, Poppy des Choses Bleues … Deux expatriées françaises aux USA, qui m’ont aidée à m’accrocher dans ce cagnard … J’ai aussi suivi les recommandations de lecture  et de cinéma de Todd, j’ai aimé les encouragements de Mailenn, deux lecteurs qui ont osé partager leurs commentaires …

Alors oui, même si ce blog est petit, même si ces temps-ci j’ai du mal à écrire, je vais continuer … Parce que dans 3 jours c’est the 20th in America et que j’ai presque préparé mon coup. Parce que dans 3 jours j’ai l’intention de me « réinscrire » dans la communauté blogueuse des expatriés français aux USA.

Alors Bon anniversaire la grenouille !

Je vous embrasse,

Kirsten

C’est la rentrée !

Howdy y’all !

Non, je ne vous ai pas abandonnés … C’est juste que j’ai beau ne plus être salariée, mon emploi du temps se remplit de plus en plus. Du volontariat, de la socialisation …

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Et ce matin, c’était la rentrée de Dallas accueil, l’association qui accueille les français (francophones plutôt) à Dallas. Nous étions dans la maison d’une hôtesse assez grande, bien décorée … Du café, des douceurs sucrées et une trentaines de femmes (et un homme) autour de la table.

 

Quelques anciennes se retrouvent et se demandent des nouvelles de la rentrée de leurs enfants (qui a eu lieu lundi dernier ici). Beaucoup de personnes récemment arrivées. Il y a 3 semaines, il y a 10 jours, il y a 5 jours … Finalement je fais figure d’ancienne avec mes 2 mois officiels et 7 mois en comptant mes séjours de l’année dernière. Oui, j’ai déjà compris  le code de la route texan. Oui, j’ai déjà rencontré du monde, et des Américains en particulier.

Si je voulais vous en parler, c’est que j’ai eu ce moment où j’étais quand même nouvelle parmi les nouvelles. Parler de mes impressions de française devant l’envergure des rues, devant la gentillesse des Américains (qui n’est peut-être que politesse parfois, mais après-tout, n’est-ce pas mieux que d’être renfrogné comme un Parisien ? (Amis Parisiens je vous aime)). Parler de mon acclimatation à la météo texane … Toutes ces choses que je n’ose pas toujours dire à la maison, de peur de provoquer chez mon chéri le syndrome du « C’est de ma faute si tu as quitté ton pays » ou parfois pire, le syndrome du « Je sais que t’aime pas mon pays, t’as qu’à retourner dans le tien ». (Mon amour, si tu lis ces mots … Je t’aime !)

Et puis ensuite, j’ai eu le moment de solitude. Parce que non, je ne fais pas le taxi pour mes 2 ou 3 enfants. Et quand bien même j’aurais eu des enfants, ils n’auraient pas été à la Dallas International School à 10 000 $ l’année. Je comprends bien que les expatriés de 2 ou 3 ans souhaitent que leurs enfants soient toujours dans le cursus du baccalauréat français, pour quand ils reviendront … Je ne suis ni maman, ni officiellement expatriée. Je suis immigrée …

Et puis je suis tombée sur cette jeune femme de 30 ans, sans enfants, qui suit son mari français … « Non, je ne veux pas d’enfants, je veux travailler, pour exister ». Oui, parce que certaines femmes dont je fais partie, ont besoin de travailler pour se réaliser.
Et comme elle habite à 15 minutes de chez moi (une broutille ici …), j’ai le secret espoir de m’être faite une copine française avec qui je peux sortir de temps en temps. Et qu’on parlera d’autres choses que d’enfants … Evidemment, comme rien n’est jamais simple, elle doit retourner en France, fermer son entreprise et attendre son visa … Elle espère revenir en octobre !

Voilou voilou. Je voulais partager mon expérience de Française parmi les Français de Dallas … Une chose est sûre, c’est que je vais continuer de les fréquenter !

Je vous embrasse,

The French frog !

Faire du volontariat à Dallas

Howdy y’all !

Quelle période compliquée ! Cela fait pratiquement 1 mois que je suis revenue à Dallas, cette fois comme résidente permanente. Après avoir passé quelques mois comme touriste, je pensais m’être déjà acclimatée et être prête à tout mettre en route « comme sur des roulettes ». C’est vrai et c’est pas vrai … Je vous raconterai comment j’ai ouvert mon premier compte en banque quand j’aurai réussi à le faire… Je vous raconterai comment j’ai eu mon permis de conduire texan quand j’aurai réussi à réunir toutes les pièces nécessaires.

Mais ce que je mets en place pour l’instant, ce sont des occasions de sortir de la maison. Je m’apprête à faire du volontariat. J’en faisais déjà dans un jardin communautaire, où l’enjeu est mineur. Il n’empêche que je n’avais pas pu commencer tant que l’association n’avais pas reçu mes 3 pages de candidature (et la poste US avait mis 15 jours à acheminer ma lettre à 5 rues de là …).

Mais là, je vise plus « fort ». J’ai deux projets.

– Le premier dans l’idée d’un projet professionnel (je vous fais mariner avec celui-là hein?). J’ai posté il y a 10 jours une candidature de 5 pages pour être volontaire à l’hôpital de Plano. Dans mon idée, c’était comme en France : des civils qui viennent avec un petit badge et la bouche en coeur pour entrer dans toutes les chambres et proposer de discuter avec les patients. Dans les 5 pages, j’autorise 2 fois à dévoiler mon casier judiciaire américain (je vous rassure, tout le monde se fiche du casier judiciaire français que je propose à chaque fois).

Woman sitting up in bed, holding the remote and switching channels.

Hier j’ai eu le premier rendez-vous avec la patronne des volontaires (qui elle est employée de l’hôpital …). J’ai donc découvert que les volontaires, souvent ils rangent le matériel, ils répondent aux sonnettes, ils aident parfois les malades à s’alimenter, à débarrasser leur plateau, à s’installer. J’ai choisi le service d’oncologie du 4ème étage. Mais avant de « volontariser » complètement, j’ai rendez-vous mercredi prochain pour le dépistage de la tuberculose (c’est vrai que je ne viens pas juste de le faire pour mon visa …), pour la réunion d’accueil des nouveaux volontaires. Ensuite je devrai reprendre rendez-vous avec la patronne des volontaires pour acheter 15$ mon T shirt d’uniforme, à charge pour moi de trouver le pantalon kaki qui va avec… C’est seulement après que je commencerai. Avec un engagement de 4h par semaine pendant au moins 6 mois. Vous voyez ? C’est pas du tout comme la France. En secret j’espère quand même avoir (et surtout prendre) du temps pour bavarder avec les patients. Je vous raconterai …

-Mon autre engagement commencera la 15 août. C’est une association d’alphabétisation à Richardson. En lisant leur documentation, ça parlait beaucoup d’anglais 2ème langue, mais leur patronne des volontaires m’a dit que je pouvais quand même volontariser, même en étant Française. Récemment nous avons donné le droit d’accéder à notre casier judiciaire (je dis nous, parce que normalement Julot participe aussi), et le 15 août a lieu l’accueil et la formation des nouveaux volontaires. Ce que j’ai découvert en remplissant le document, c’est que nous serions affectés dans une école … Donc là, je ne sais pas dans quoi je me suis embarquée. Mais je poursuis … Ce second engagement, c’est ma façon d’aider l’immigration aux USA. Je ne saurais donner de conseil sur les visas, je ne saurais défendre les immigrants clandestins. Mais ceux qui sont ici et qui galèrent avec l’anglais et l’alphabet latin, je peux peut-être les aider …

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Donc c’est compliqué, et c’est simple en même temps. Il faut 5 réunions avant de pouvoir commencer, il faut dévoiler son casier judiciaire, même si tout le monde se fiche de mon casier français … Et ensuite ? Et bien je vous raconterai …

Et vous ? Dans quelles associations vous volontarisez ? Et comment ça se passe ?

Je vous embrasse,

The volunteer frog.

Comment j’ai obtenu mon visa d’épouse pour les USA !

Howdy y’all !

C’est jour de fête. Je vous écris depuis Dallas, où je suis (enfin !) « lawfull permanent resident ». Depuis le 26 juin, où j’ai passé l’immigration tard le soir, après un petit détour par Austin Texas où l’on a atterri pour re-décoler 1heure plus tard afin d’éviter les orages…  Du coup, j’avais envie de reprendre avec vous toutes les étapes de ce processus, qui au final aura duré pour nous plus d’un an !

Etape n°1 : se marier. Nous nous sommes mariés à la mairie le 11 janvier 2014. Nous préparions alors notre mariage religieux un peu plus tard, entourés de nos familles. Nous travaillions tous les deux, alors nous avons bêtement pris un peu de temps à passer à l’étape n°2…

Etape °2 : Monsieur l’Américain doit demander l’initiation du dossier du visa pour son épouse étrangère au NVC, le National Visa Center. Au mois de février, nous remplissons le formulaire G325-A (oui, vous aurez le droit à tous les numéros de formulaire, c’est votre punition), qui est un formulaire biographique. Je dois déjà communiquer mes différentes adresses pour les 5 dernières années, mes employeurs. Nous payons une première fois 420 dollars de frais de candidature.

Etape n°3 : Le 9 avril, nous recevons l’e-mail confirmant l’initiation de notre dossier le 7 avril. C’est la date officielle. A partir de là, je suis prioritaire dans la liste des demandeurs de visa. Nous remplissons aussi le formulaire I-130 que nous envoyons le même jour. C’est LE formulaire de demande de visa d’épouse. Comme nous n’en avons pas de nouvelle, nous envoyons un e-mail de demande d’information le 4 juin.
La réponse arrive le 9 juin 2014, avec acceptation de ce formulaire I 130. Là, on se dit que ça devrait le faire pour la fin de l’été. Comme j’ai été optimiste, j’ai démissionné le 30 juin de mon poste de pneumologue hospitalier (ce que je ne regrette aucunement, cet hôpital aurait sans doute eu ma peau).

Etape n° 3bis : Le 9 juin, je reçois de mon côté un e-mail me demandant le formulaire DS 261, un formulaire qui demande mon e-mail (qu’ils ont déjà donc … vous me suivez ?) pour continuer la correspondance par e-mail. Ils me demandent aussi si je veux désigner une tierce personne, comme un avocat, pour s’occuper de mes papiers.

Etape n°4 : Le 17 juin, on reçoit l’e-mail nous demandant de payer les 88$ de frais pour remplir l’Affidavit of Support I 864. Nous payons dès réception du mail (le 20 juin, nous sommes déjà dans les cartons jusqu’au cou, je travaille encore), et l’Affidavit of Support est envoyé le 10 juillet. C’est un document d’une dizaine de pages, où mon mari donne des informations du genre secret défense sur ses revenus et ses économies, pour justifier qu’il gagne au moins 125% au dessus du seuil de pauvreté et qu’il pourra donc me prendre en charge. Il jure aussi ses grands dieux que même si nous divorçons, il s’occupera de moi financièrement pendant 10 ans.
Sauf que le 2 septembre, on reçoit un e-mail qui nous dit qu’on a oublié une seule foutue ligne … Une ligne d’addition des différentes personnes financièrement soutenantes, c’est à dire une seule personne (vous pensez quand même pas que le NVC pourrait faire l’addition pour nous …) Le document est renvoyé et reçu le 9 septembre.

Etape n°4 bis : Le 28 août, je reçois un e-mail qui me demande 230$ de frais de candidature. Nous les payons le jour-même. Il faudra près d’un mois pour qu’ils soient reçu par le NVC. Entre temps, le 5 août, on reçoit un message qui dit que c’est le bazar au NVC et qu’il ne faut plus 30 jours, mais 60 jours à chaque envoi pour arriver à lire nos documents …

Etape n°5 : Le 3 novembre, ils confirment que l’Affidavit of Support est complet et qu’ils ont bien reçu notre argent. je dois alors remplir le formulaire DS 260. Je remplis aussitôt ce document, ce qui m’a pris, montre en main, 2 heures. Oui, parce que c’est ma biographie de mes 10 dernières années … Mes employeurs (et donc tous mes stages d’interne) avec adresse ET numéro de téléphone (sans parler de la restructuration de l’APHP et des hôpitaux de Corbeil et Evry, j’espère qu’ils n’ont essayé de joindre personne au téléphone). Mes adresses personnelles (et comme j’ai déménagé à peu près tous les 3 ans, ça en fait quelques unes). Les questions concernant mes hypothétiques activités terroristes et/ou communistes.
En parallèle, j’envoie des copies de mon acte de naissance, mon acte de mariage, mon casier judiciaire, mon passeport … A une adresse aux USA, différente de l’adresse où mon Julot a envoyé l’Affidavit of Support, et encore différente de l’adresse où l’on a envoyé la demande toute initiale. A chaque fois un état différent. Le 21 novembre, ils confirment la réception du DS 260 et de l’ensemble de mes documents. Je reçois cette confirmation le 1 décembre.

Etape n°5 bis : là commence l’attente de la lecture de ces documents. Parce qu’après cela, il n’y a « plus que » le rendez-vous médical et à l’ambassade. Je rentre en France le 13 décembre, après 3 mois aux USA … Je sais qu’il leur faut 60 jours pour lire tout ça … Je calcule donc que je n’aurai pas de nouvelle avant la fin janvier … Pendant ce temps là, je travaille en France. C’est la chianlit. Finalement, la dernière semaine de janvier, n’ayant pas de nouvelle du NVC, je craque et rachète un aller-retour pour les Etats Unis, départ le 18 février. Après 2 mois de séparation …

Etape n°6 repoussée : Le 4 février, ils me donnent rendez-vous le 11 mars à l’ambassade à Paris. Si vous me suivez bien, vous avez remarqué que je suis aux USA à cette date là. J’ai décidé que vu le temps qu’ils m’ont fait attendre, ce serait à eux de m’attendre. Oui, je fais ma tête de cochon. Je repousse donc le rendez-vous à l’ambassade le 2 juin, et j’obtiens un RDV avec l’un des 2 médecins assermentés le 20 mai.

Etape n°6 donc : rendez-vous chez un médecin assermenté par l’ambassade. Pour la France, la liste comporte 2 médecins, tous deux en région parisienne. C’est donc 180 euros pour la consultation d’un médecin généraliste, tout Américain qu’il soit, 35 euros une radio des poumons, et 45 euros une prise de sang pour le dépistage de la syphilis. J’ai flippé pour cette consultation. Parce que j’ai eu du mal à me remettre d’une sinusite (genre la fille qui tousse et qui se fait suspecter la tuberculose). Parce que je m’imaginais que je serais dépistée de la tuberculose sur la prise de sang (je pensais que c’était ce test qui justifiait le prix de la consultation) et que vu mon métier ce test serait peut-être positif (explication concernant le dépistage de la TB dans un autre chapitre …). Le matin même enfin, parce que j’ai cru pendant 3 heures que mes vaccins n’était pas à jour (contre la coqueluche, mais le médecin du travail de mon premier hôpital avait fait du zèle, et je ne l’avais pas vu).
A ceux qui pensent que c’est une forme de racket … Je crois que vous avez raison. J’ai reçu à la fin de la journée une enveloppe scellée, à remettre le jour de l’entretien à l’ambassade.

Etape n° 7 : Le 2 juin, après avoir retrouvé mon Julot à Paris (pure coïncidence, sa présence n’était pas requise), je vais à l’ambassade des USA à Paris. Là aussi j’ai flippé … Parce que je suis une flippeuse … C’est tout. Parce que j’ai lu plein de trucs sur internet. Après avoir vérifié 20 fois les documents nécessaires, j’ai découvert 10 minutes avant mon départ pour la gare et 1h avant le départ de Julot pour l’aéroport qu’il me manquait sa dernière déclaration de revenus américaine. Il m’a remis « en main propre » ce document le 2 juin au matin … Genre juste à l’heure. J’avais aussi préparé mon album de photos de mariée, pour montrer la véracité de notre amour, mes billets d’avion de retour de mes séjours aux USA, pour prouver que je n’étais pas restée illégalement (histoire lue d’un Australien tentant de retrouver son épouse Américaine).
A l’ambassade, après s’être fait délestée de mon téléphone portable éteint et de mes écouteur (des fois que j’aimerais écouter l’ambassadrice …), je rencontre 3 personnes en 2 heures. Tout se sera passé en Français. La première personne, c’est seulement pour vérifier que je suis bien là. La seconde, visiblement Française, récupère les originaux des documents que j’avais envoyé en novembre. A ma surprise, les copies postées à une adresse aux USA ont eu le temps d’être renvoyées à l’ambassade à Paris. Il ne manque rien, y compris la déclaration de revenus … Elle récupère aussi l’enveloppe scellée du médecin et mes photos 5 X 5 cm à 25 euros les 2 photos… Puis je rencontre l’officier consulaire, visiblement Américaine, mais qui me parle en Français. Elle me demande la date de mon mariage, le nombre d’invités à la réception (et je m’embarque dans les explications mariage à la mairie / mariage religieux familial), comment je l’ai rencontré … Et en 2 minutes c’était plié. « L’entwetien s’est twès bien passèé » (tentative médiocre de reproduire l’accent américain).

Etape n°8 : comme je suis supersititieuse, je n’ose pas crier victoire avant que ma mère ne reçoive les documents par la poste à la maison (je suis encore à Paris) : une enveloppe scellée à remettre à l’officier d’immigration lors de mon arrivée aux USA, mon passeport avec le visa d’immigrante et une demande d’argent (encore) de 165 $ pour les frais de carte verte. Nous étions au Buttes Chaumont quand ma maman m’a appelée, et je peux vous dire que pendant 1 heure on a sautillé de joie dans tout le parc.

Etape n° 8 bis : Le 26 juin, je pars avec un aller simple vers Dallas. Si j’ai retenu une chose de ce voyage, c’est que pour toutes les personnes qui m’on demandé si je voyageais avec une ESTA et que j’ai répondu « non, un visa d’immigrante », il a été difficile de comprendre que c’était une bonne fois pour toute. Plusieurs personnes m’ont demandé combien de temps je comptais rester (la sécurité d’American Airlines à Londres, la douane après l’immigration). Je vous passe l’épisode de l’orage à l’aéroport exactement 2 minutes avant notre atterrissage, avec pour conséquence la déviation de notre avion à Austin. Une heure pour définir un nouveau plan de vol et faire le plein de carburant et une heure pour décoller d’Austin et revenir à Dallas…
Pour l’officier d’immigration, je crois que je l’ai un peu dérangé en train de manger des graines de tournesol. Il regarde mon visa … Il regarde l’enveloppe scellée. « What happened to the documents with the envelope ? » Je dégaine les 4 pages dont celle qui réclamait de l’argent … « No one with your picture on it ? » Non Monsieur. Il déchire alors littéralement l’enveloppe… Et oui, ma photo elle était dedans … (NB pour Marie et Marie Pierre, pas de cannabis dans l’enveloppe).
Il m’emmène dans le bureau où un 2ème agent a commencé à tout regarder. Un 3ème agent pendant ce temps m’a pris mon empreinte de l’index droit, à l’encre (à l’ancienne), 2 fois. Ainsi que ma signature. A posteriori, je me rends compte que je ne sais même pas ce que j’ai signé … Puis le 2ème me tend mon passeport tamponné (date limite d’utilisation 2 ans) … Et c’est tout ? Et la carte verte arrivera bien par la poste ? Là, c’est un 4ème agent, un peu plus bavard et amical qui m’explique que oui, d’ici 3 à 6 mois je devrais recevoir ma Green Card. Je ne dois pas m’inquiéter, j’ai déjà le droit de travailler avec ce tampon dans mon passeport …

Après la douane, qui m’a souhaité « Welcome » une fois qu’elle a compris que je restais, je me suis sentie littéralement libérée, malgré mon corps qui me disait qu’il était à peu près 5 heures du mat (22h heure locale). Et je suis tombée dans les bras de mon mari.

Et voilà … Un résumé un peu long de mon visa d’épouse (dont je ne connais toujours pas le numéro). Et comme dirait mon ami Gilles … Pour un tel changement de vie, il faut le temps du voyage, et l’avion c’est trop court !
Ce que je retiens de cette procédure ? Tout d’abord qu’on a été vachement optimiste au départ dans les délais. Qu’ensuite il ne faut pas oublier une seule ligne, et c’est peut-être à ce moment là qu’on aurait rentabilisé des frais d’avocat … Mais ce que je retiens de cette année, c’est que ça m’a donné le temps de faire ma propre transition. Quitter mon hôpital, quitter mon appartement, puis décider que je voulais « changer de métier » … Et plus récemment, en fait pendant mon 2ème séjour aux USA (que je ne regrette donc vraiment pas), décider que je voulais exercer mon métier autrement, et commencer à mettre mon projet en oeuvre.
Cette année, bien qu’éprouvante, je décide d’en retenir le meilleur. Et notamment le temps qu’elle m’a donné pour mûrir.

Et aujourd’hui ? Je me sens comme une jeune mariée qui peut enfin emménager avec son nouveau mari, après de si longues fiançailles …

Je vous embrasse,

The lawful permanent resident frog !!!