Ballade florale à Plano

Howdy y’all ?

Comment allez-vous ? Chaudement comme à Dallas (40°C au moins l’après-midi) ou froidement comme à Copenhague ? Ou bien à la fraîche dans le Jura ?

DSC_1642A l’ombre des Vitex (ci-dessus et ci-dessous)

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Ici, la vie est encore un peu « comme en vacances ». Les différents volontariats ont du mal à démarrer, je ne tutore encore personne en Français, et mon projet prend son temps … Du coup, ce matin je suis partie à la chasse à la photographie. Je suis allée à l’Environmental Education Center, là où je participe au jardin communautaire. Il y a des jeux, des explications pour les enfants des écoles. Comment jardiner, comment économiser l’eau, comment produire de l’énergie renouvelable. J’aime cet endroit, parce qu’il s’y cache quelques oeuvres d’art, en ferraille de récupération ou en mosaïque. Je lui trouve un côté très inspirant.

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J’apprends doucement comment m’occuper des plantes texanes, un peu moins leurs noms … Mais ça vient au fur et à mesure. Si vous reconnaissez certaines plantes, n’hésitez pas à éclairer ma lanterne. Je sais reconnaître la Turkish cap (les boutons rouges en gros plan ci-dessous), les yuccas (je vous en montre différents gros plan plus loin, c’est la plante un peu phallique du printemps).

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Vous m’excuserez également d’avoir trouvé quelques fonctions de retouche photo, qui n’ont rien à voir avec « l’art de la photo », mais plutôt avec le plaisir de jouer.

DSC_1657 DSC_1681 DSC_1685Un invité sur le yucca

Aller zou, je retourne à mon « travail ».

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Je vous embrasse,

La grenouille du jardin.

Faire du volontariat à Dallas

Howdy y’all !

Quelle période compliquée ! Cela fait pratiquement 1 mois que je suis revenue à Dallas, cette fois comme résidente permanente. Après avoir passé quelques mois comme touriste, je pensais m’être déjà acclimatée et être prête à tout mettre en route « comme sur des roulettes ». C’est vrai et c’est pas vrai … Je vous raconterai comment j’ai ouvert mon premier compte en banque quand j’aurai réussi à le faire… Je vous raconterai comment j’ai eu mon permis de conduire texan quand j’aurai réussi à réunir toutes les pièces nécessaires.

Mais ce que je mets en place pour l’instant, ce sont des occasions de sortir de la maison. Je m’apprête à faire du volontariat. J’en faisais déjà dans un jardin communautaire, où l’enjeu est mineur. Il n’empêche que je n’avais pas pu commencer tant que l’association n’avais pas reçu mes 3 pages de candidature (et la poste US avait mis 15 jours à acheminer ma lettre à 5 rues de là …).

Mais là, je vise plus « fort ». J’ai deux projets.

– Le premier dans l’idée d’un projet professionnel (je vous fais mariner avec celui-là hein?). J’ai posté il y a 10 jours une candidature de 5 pages pour être volontaire à l’hôpital de Plano. Dans mon idée, c’était comme en France : des civils qui viennent avec un petit badge et la bouche en coeur pour entrer dans toutes les chambres et proposer de discuter avec les patients. Dans les 5 pages, j’autorise 2 fois à dévoiler mon casier judiciaire américain (je vous rassure, tout le monde se fiche du casier judiciaire français que je propose à chaque fois).

Woman sitting up in bed, holding the remote and switching channels.

Hier j’ai eu le premier rendez-vous avec la patronne des volontaires (qui elle est employée de l’hôpital …). J’ai donc découvert que les volontaires, souvent ils rangent le matériel, ils répondent aux sonnettes, ils aident parfois les malades à s’alimenter, à débarrasser leur plateau, à s’installer. J’ai choisi le service d’oncologie du 4ème étage. Mais avant de « volontariser » complètement, j’ai rendez-vous mercredi prochain pour le dépistage de la tuberculose (c’est vrai que je ne viens pas juste de le faire pour mon visa …), pour la réunion d’accueil des nouveaux volontaires. Ensuite je devrai reprendre rendez-vous avec la patronne des volontaires pour acheter 15$ mon T shirt d’uniforme, à charge pour moi de trouver le pantalon kaki qui va avec… C’est seulement après que je commencerai. Avec un engagement de 4h par semaine pendant au moins 6 mois. Vous voyez ? C’est pas du tout comme la France. En secret j’espère quand même avoir (et surtout prendre) du temps pour bavarder avec les patients. Je vous raconterai …

-Mon autre engagement commencera la 15 août. C’est une association d’alphabétisation à Richardson. En lisant leur documentation, ça parlait beaucoup d’anglais 2ème langue, mais leur patronne des volontaires m’a dit que je pouvais quand même volontariser, même en étant Française. Récemment nous avons donné le droit d’accéder à notre casier judiciaire (je dis nous, parce que normalement Julot participe aussi), et le 15 août a lieu l’accueil et la formation des nouveaux volontaires. Ce que j’ai découvert en remplissant le document, c’est que nous serions affectés dans une école … Donc là, je ne sais pas dans quoi je me suis embarquée. Mais je poursuis … Ce second engagement, c’est ma façon d’aider l’immigration aux USA. Je ne saurais donner de conseil sur les visas, je ne saurais défendre les immigrants clandestins. Mais ceux qui sont ici et qui galèrent avec l’anglais et l’alphabet latin, je peux peut-être les aider …

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Donc c’est compliqué, et c’est simple en même temps. Il faut 5 réunions avant de pouvoir commencer, il faut dévoiler son casier judiciaire, même si tout le monde se fiche de mon casier français … Et ensuite ? Et bien je vous raconterai …

Et vous ? Dans quelles associations vous volontarisez ? Et comment ça se passe ?

Je vous embrasse,

The volunteer frog.

On death and Dying – Elisabeth Kübler-Ross

Hello,

Today I would like to share a very precious reading of mine. As I’m thinking about how to continue to help people (as I used to do as a medical doctor), but without doing the equivalence, I’m reading a lot of things on dying, living with a cancer or other critical illness.

The first time I went back to my library after my last 2 months in France, I found that very famous book for me: On Death and Dying. It’s famous because I learned during my medical studies the different steps of grief, which come from that book. But I never read the book itself. So today I’m proud to tell you that I read it in its original version!!

On Death and Dying

Elisabeth Kübler-Ross was a psychiatrist, born in Switzerland. She worked in France and in Poland, during a typhoid fever epidemic. She also discovered black butterflies drawn by children in Majdanek concentration camp … After all these special life experiences, she moved to the USA where she became a psychiatrist, and dedicated her research to dying patients, and later dying children.

This book is the first that she wrote, while working in Chicago. She explains the seminar that took place at the hospital, initially with 4 theology students. The principle was to interview a critically sick person, in front of a one way mirror. Behind the mirror, at first 4 students but soon up to 50 people, nurses, medical students, theology students … What impressed me is that I’m not sure that those interviews given in 1965 would be so different today. The only difference would be that no patient would remain without knowing his diagnosis from the doctor himself. At that time, so many patients would only be informed by their family of the severity of the disease … So that’s definitely some progress of the last 40 years.

But the 5 steps of grief are still so true. At first it’s denial and isolation. « That’s not possible! » usually quite short, but sometimes pathologically long. Then comes the anger: « Why me? » People can be angry at their doctor, their nurse. The important thing for caring staff is to remember that this anger is not against them in particular, but against « the entire world » for being sick. And that’s a lesson that every new generation has to learn, that I learned a few times with patients…
The third stage is bargaining: people try to ask « nicely » to try to get something. To God, to their doctor… They try to stay functioning until a child’s wedding for example.
When bargaining cannot be positively answered comes the fourth stage, the depression stage. People are sad, realizing the different losses in life (work, physical appearance …) preceding the loss of life itself. It’s a difficult stage to go through, because often there are some conflicts about how to deal with spouse, with children…

Eventually, when those conflicts are dealt with, the patient enters the last step, aka acceptance. The patient gets detached from his family, is less hungry. That’s the final stage of grief and dying. Not everybody is able to attain that stage, depending on the ability of his entourage to let him go…

Those stages, I did learn during my medical studies. But what I didn’t learn really (or at least what I didn’t remember) is to give hope at every stage. Not false hope, but Hope. At least respect the patients’ hope, such as the discovery of a new treatment (rarely on time…). And I admit this is a hard thing to do in every day life as a thoracic oncologist… And that’s what I would like to work on in the future.

This book is not just a dissertation about the different stages, it’s most of all a collection of patients’ testimonies about dying, and about life. I would recommend this book to every health care student, but also to everybody who has to take care of a sick person (does that mean quite everybody?). This book is very touching…

La bibliothèque des coeurs cabossés

Bonjour à toutes et à tous,

Une fois n’est pas coutume, j’avais envie de partager une lecture en Français. Bon d’accord, l’auteur (Katarina Bivald) est Suédoise, écrit en Suédois et l’action se passe en Iowa … Vous me voyez venir … Mais comme cette lecture m’a accompagné durant mon immigration proprement dite, et qu’elle est très belle, je voulais la partager avec vous.

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L’histoire commence par une correspondance entre Sara Lindqvist, 28 ans, libraire suédoise récemment remerciée de son travail pour cause de fermeture, et Amy Harris, 65 ans, vieille dame respectable de la ville de Broken Wheel (« Roue Cassée ») en Iowa … C’est l’histoire d’une jeune femme qui voyage pour rendre visite à sa correspondante après 2 ans d’échange de lettres, avec un visa de tourisme (donc 90 jours maxi).

Sauf qu’à son arrivée, Sara découvre qu’Amy a eu le mauvais goût de mourir. Elle arrive « juste à l’heure » pour les funérailles, puis se retrouve invitée par le reste du village à rester dans la maison d’Amy. Et voilà comment l’histoire se met en place.

Je ne vous raconterai pas la fin … J’aimerais trop que vous la lisiez. Mais je peux vous raconter comment cette suédoise se cachait derrière une multitude de bons romans. Ses amis étaient les personnages. Et elle rêvait de devenir l’un deux, un second rôle. Et puis elle a atterri dans ce village et une tornade a traversé sa vie. Le fait est qu’elle est l’invitée du village qui lui offre le gite, le couvert et la bière … Afin de payer en retour ce village qui refuse son argent, elle décide d’ouvrir une librairie avec les livres de sa défunte correspondante. Attention hein, elle ne travaille pas ! Elle aide … (Je croirais m’entendre pendant mes semaines de touriste). Cependant cette librairie est la tornade qui traverse la vie du village. Les habitants vont se fédérer, chacun à leur façon, autour de ce projet complètement fou d’une librairie dans un petit village déserté et au bord de l’agonie …

L’histoire est saupoudrée de romans, bons amis lus ou à lire. Il est saupoudré de sensations, de sentiments d’une femme qui trouve un nouveau foyer alors qu’elle doit repartir 90 jours plus tard. Vous comprenez maintenant pourquoi ce livre m’a accompagnée ! Et en plus la fin est belle.

Aller zou ! Je vous laisse. Ma prochaine lecture est plus professionnelle, je vous en parle bientôt.

La grenouille immigrée !

 

Mon premier « Independence Day »

Howdy y’all !

Comment allez-vous ? Ici il fait 100°F le jour et la nuit … Comme en Europe me direz-vous !

Donc je profite de mes premiers jours de résidente pour découvrir les techniques d’échappement de la chaleur. Notamment vivre à l’ombre, voire dans le noir … Profiter des climatisations des magasins (oui, je suis radine, je n’utilise que peu la climatisation à la maison), boire de l’eau et encore de l’eau … Et sortir quand la nuit tombe.

Donc vendredi soir (oui, bon d’accord, c’était encore le 3 juillet), nous sommes allés au feu d’artifice du 4 juillet ! Nous sommes allés à Addison « Kaboom Town », juste à l’ouest de chez nous. C’est un feu d’artifice parmi les 10 meilleurs des Etats Unis, qui draine environ 500 000 personnes. Officiellement le parc où se tient le feu d’artifice ouvre à 17h, pour un tir à 21h30 …

J’avoue que ma capacité à compter les gens est bien en dessous du demi million … Donc nous y sommes allés à la cool, vers 18h30, en se disant que ce serait l’heure du pique-nique que nous avions pris avec nous … Avec de l’eau … Le premier écueil est donc de se garer … Pour le coup, nous étions à l’heure et avons trouvé une place pas trop loin, capables que nous sommes de marcher.

 

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Les familles s’installent, parfois loin du parc pour profiter de leur bbq … Ah Texas !

Mais le long du chemin, ce sont des dizaines de familles qui prennent le même chemin que nous. Equipés de glacières, de chaises pliantes … Nous avons même vu un pick-up qui avait son barbecue texan en remorque (je n’ai pas osé prendre la photo). En arrivant au parc à proprement parlé, nous avons commencé à faire la queue pour passer la sécurité : pas d’arme à feu, pas d’alcool, pas de glacière plus grand qu’une certaine taille… Jusque là, j’ai prévu le coup. Ce que je n’avais pas prévu, c’est qu’après 20 min de queue, à 1 mètre de l’entrée, le parc fermerait ses portes pour avoir atteint sa capacité de personnes …

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Patiemment, nous faisons la queue … 

Sans regret, parce que le parc était un lieu avec des manèges, des bassins et des enfants qui crient dedans …
Nous nous sommes rabattus vers la ligne de chemin de fer qui passe juste à côté, avec la bande de verdure qui la longe. Nous étions 4 familles, puis 10, puis 100 familles (et quand je dis famille, ça va de notre couple à la famille indienne extensive en passant par les 4 américains qui mange leur jambon sur l’os comme des hommes préhistoriques …)

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Le long de la voie de chemin de fer … Le pique nique en attendant le feu d’artifice. 

Mais c’étais la bonne place pour profiter du show aérien à la tombée du jour. De vieux avions militaires, de la voltige … Nous avons même pu voir cet avion qui faisait de la voltige la nuit, pas seulement avec une trainée de fumée (genre patrouille de France), mais avec des feus d’artifice au bout de ses ailes … D’enfer !

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Vous voyez les petits points dans le ciel ? Ce sont des parachutistes. Et le drapeau américain accroché à un parachutiste ?  IMG_0869 IMG_0879

Le dernier tour, à la tombée de la nuit, de l’ensemble de la patrouille. IMG_0881

L’avion en feu … d’artifice !

Puis est venu le feu d’artifice à proprement parler. Je ne vais pas m’aventurer à le décrire par les mots. Je vous offre quelques photos que mon Julot a pris.

Finalement, il fallait rentrer. Tout le monde a pratiquement couru dès le dernier feu pour atteindre leurs voitures. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que 500 000 personnes qui arrivent en 4 heures, ça fait déjà du monde … Mais que 500 000 personnes qui partent au même moment, ça fait un grand bordel. Nous sommes retournés à la voiture après quelques minutes de marche au milieu de milliers de personnes. La police faisait la circulation au croisement de notre boulevard et de l’autoroute du nord (genre un axe majeur de la ville). Un vrai bazar. Finalement, nous sommes retourné dans le quartier du feu d’artifice, avons trouvé un bar et siroté une bière pendant une heure. Juste le temps pour l’embouteillage de se résorber…

Comment conclure … en vous disant que le 4 juillet nous avons lu la déclaration d’indépendance des 13 Etats Unis … A ne pas confondre avec la constitution elle-même… Je vous raconte pas comme mon entraîneur me prépare à gagner ma citoyenneté dans 3 ans …

Pour l’instant, je m’en vais profiter de la piscine chez ma belle-maman !

Je vous embrasse,

La grenouille de la piscine.