Une carte postale de Lorraine

Bonjour,
Howdy y’all,

Aujourd’hui était une journée « je me morfonds ». Télévision, tricot … Une certaine impression de ne pas faire ce que je devrais. Mais c’était sans compter sur mon mari chéri qui m’a poussée à sortir me promener dans mon village lorrain. Je voulais me pousser à faire des photos, alors voici le thème qu’il m’a trouvé : Chercher l’esprit de mon village.

Today was a day « I mope ». Television, knitting … A feeling of not doing what I should do. But that was before my dear husband pushed me to take a walk out in my Lorraine village. I wanted to take some pictures, so there is the theme he found for me : Find the spirit of my village.

Alors je vous montre ce que j’ai vu … C’est sûrement un peu kitsch … en lorrain dans le texte …

So I will show you what I saw … It’s surely a bit kitsch  … in Lorraine’s language in the text …

Je suis d’abord allée vers « le haut du village ». Là où se trouve une vieille grange à l’abandon. Dans le temps, il y a avait une butte juste à côté où on faisait de la luge les jours de neige.
I first went to the « high part of the village ». Where there is an old abandoned barn. In the old days, there was a mound where we rode our sleds on snowy days. 

grange

 

Puis vers le « bas du village », un petit chemin entre les maisons.
Then to the « low part of the village », a path between the houses. au bout du chemin

 

Une place du village
A village square

place du village

La rue « des chats »
The « cats’ street »

rue des chats

 

En remontant, le village s’ouvre vers les champs et un ciel gris parsemé de quelques traits de lumière.
Going up, the village opens toward the fields and a grey sky, sprinkled with a few rays of light. 

ciel d'hiverl'entrée du champ

Et finalement la vieille ferme dans ma rue. Seule la fermière est encore en vie. Elle ne sort plus de sa maison …
And finally the old farm in my street. The farmer lady is the last alive. She never leaves the house anymore.

 vieille ferme

A la question « Ai-je trouvé l’esprit de mon village », la réponse est Oui, dans la rue des chats. Mais la photo ne le montre pas assez. Alors je vous montre la traversée de la rue, avec le son (mais sans l’odeur …)

To the question « Have I found the spirit of my village », the answer is Yes, in the cats’ street. But the picture doesn’t show it enough. So I will show you the crossing of the street, with the sound (but without the odors …)

 

 

 

Bon baisers de Lorraine,
La grenouille dans la neige

Le liseur du 6h27

Bonjour à toutes et à tous,

J’aimerais bous parler d’un nouveau livre aujourd’hui.

Il s’agit de « Le Liseur du 6h27 » de Jean-Paul Didierlaurent. Je vous parle d’abord de l’auteur. Il s’agit de son premier roman, après plusieurs nouvelles, dont 2 ont reçu le prix international Hemingway. Ecrivain originaire et vivant dans les Vosges, notre librairie locale a mis en avant ce roman « lorrain », publié « Au Diable Vauvert »

Pourtant il n’a rien à voir avec la Lorraine. Il se passe en banlieue parisienne. Là où les gens regardent leurs pieds, les écouteurs fichés dans leurs oreilles. Guylain Vignolles travaille comme opérateur d’une machine à détruire les livres (la Zerstor). Et chaque jour d’un travail harassant, il survit en sauvant quelques pages de l’oubli. Une fois récupérées, il lira ces pages dans le RER de 6h27 … C’est son acte de résistance dans la vie.le liseur du 6h27

J’ai dévoré ce roman en 2 jours. J’ai adoré imaginer le RER du matin, avec les gens groguis, qui écoutent néanmoins ce curieux lecteur. Un peu comme ces quelques chauffeurs de métro ou de RER qui vous parlent pour vous dire autre chose que « notre train est stationné en pleine voix pour une durée indéterminée ». Ceux qui vous souhaitent une bonne soirée au terminus, où celui qui m’a fait la visite guidée de l’Essonne sur la ligne D du RER …

Evidemment l’histoire ne s’arrête pas là. C’est l’histoire de rencontres … De partages de mots, de pensées, de lectures.

Aux anglophones qui me liraient grâce à Google translate, j’espère qu’il sera un jour traduit en anglais pour vous. Aux francophones de France, n’hésitez pas à choisir ce livre pour vous redonner un peu d’espoir dans un monde de brutes.

 

Une citation pour vous :

« Alors que le wagon s’ébranlait, il tira de la serviette de cuir qui ne le quittait jamais la chemise cartonnée. Il l’entrouvrit avec précaution et exhuma d’entre les deux buvards rose bonbon qui s’y trouvaient un premier feuillet. La pelure à demi déchirée et rognée dans son angle supérieur gauche pendouillait entre ses doigts. C’était une page de livre, format 13X20. Le jeune homme l’examina un temps avant de la reposer sur le papier buvard. Peu à peu, le silence se fit dans la rame. Parfois des « chut » réprobateurs retentissaient pour faire taire les quelques conversations qui peinaient à s’éteindre. Alors, comme tous les matins, après un dernier raclement de gorge, Guylain se mit à lire à haute voix : »

 

A grief observed by C.S. Lewis

Even from France, I try to keep practicing my English.

Last month I read “A Grief Observed” by C.S. Lewis. For people like me who don’t know very much about theology, he is the author of “The chronicles of Narnia” (Les mondes de Narnia). But he also wrote different theological books, as he became a Christian during his life. He also loved his wife lately but deeply, until she died of cancer (my good old friend “cancer”).

After he died, he wrote what he felt in notebooks. The first sensations were the symptoms of fear but without being afraid, associated with the feeling that everything is too much to do. Meanwhile he is asking the role of God. Could He be so absent? That is a question I find hard to ask. Who dares to express angriness against God while believing in Him? I never did… Maybe I doubted His being, sometimes.

He inquires into life after death … What’s the life of a dead person? Is it through the remembrance by the living relatives, with the fact that all remembrance can be distorted with time? Is it just an end, with a rotten body in a grave? Is it a very comfortable place near God? Are the dead people as sad as the living ones being separate from each other?

The pain sounds intolerable at the beginning. Eventually it lessens, but remains, as a scar. Progressively, he’s afraid to forget. To forget his love for his wife, to forget the memories. It’s like if she’s dying another time…

But finally there can be a kind of peace in these feelings…

C.S. Lewis says it’s about him, his wife and God, in that order …

a grief observed

This book made me remember my classes about the end of life in Medical School. They taught us the 5 stages of grief by Elisabeth Kübler-Ross (the denial, the anger, the bargaining, the depression and eventually the acceptance). But nobody told us anything about faith during the grief process.

Because I live in France, because we have the “laïcité”, we barely talk about religion in the public space. And as a Doctor with my white gown, I never bring faith up for discussion … And I think that it’s something I missed when I worked regularly with dying people.

Who cares about Doctors grieving their patients? How do the other doctors deal with the loss of their patients? If anybody knows, tell me.

Many stages of my life began with a grief of someone or something. Understanding doesn’t make it easier, but I guess that for my next loss, I’ll go back to C.S. Lewis. Because he shares something very important that all of us will unfortunately experience one day… And sharing is so important to get better. That’s why I share with you my reading, and that’s why I would be happy for you to share your comments.

 

Une carte postale de Hayange

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui j’ai décidé de vous vendre du rêve. Aujourd’hui, après Paris, j’ai décidé de vous parler de mon séjour à Hayange, en Moselle, dans la vallée de la Fensch. C’est une ville dont l’historique dépend de l’exploitation des mines de fer

hayange

Vue de la vallée de la Fensch.

En revenant en France j’ai commencé à travailler comme pneumologue intérimaire. Et ma première mission, la semaine de Noël, a eu lieu à Hayange, à 20km de chez mes parents. Pratique pour cette semaine qu’on apprécie de passer en famille !!!

J’ai beaucoup hésité à vous raconter l’hôpital lui-même, mais j’y renonce pour l’instant. Je vous raconterai peut-être l’intérimaire comme pneumologue quand j’aurai fait plusieurs missions.

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L’entrée de l’hôpital.

Le premier dimanche, je me suis promenée dans la ville avec mon téléphone/appareil photo. Et j’ai eu envie de vous montrer cette promenade, et de vous rendre l’ambiance de cette ville.

 

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L’église catholique de la ville

IMG_0733Les rues désertes du dimanche après-midi … 

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Une touche de couleur au milieu des murs un peu gris.IMG_0741

Au loin au fond de la rue, les haut-fourneaux

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Et toujours, au loin à l’horizon, les haut-fourneaux.

Ma mère me disait que j’allais soigner des mineurs. En vérité j’ai soigné quelques métallurgistes, mais je crois que les mineurs ont été malades plus tôt et que je ne les ai pas rencontré en 1 semaine (les survivants doivent être rares). Il reste d’ailleurs beaucoup de signes de cette activité industrielle. Cependant les rues de la villes ont un aspect un peu abandonné (peut-être encore plus le dimanche), grises de la pollution industrielle, avec beaucoup d’affiches « A vendre ».

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Une sculpture dans la ville représentant les travailleurs du fer.

Il s’agit d’une ville dont les Français ont peut-être entendu parler pour son maire « Front National ». J’ai surtout rencontré les gens … Des Lorrains aux noms imprononçables pour les non-lorrains, des italiens, des algériens. J’ai vu le racisme des arabophones envers les italophones (et inversement !) … C’était curieux pour moi, française au prénom danois, au nom alsacien et en attente de migration vers le Texas.IMG_0730

Le conservatoire de musique (si je ne dis pas de bêtise). 

Je n’ai malheureusement pas pu visiter le musée des mines de fer de Lorraine. Mais un jour où je ferai du tourisme « parental », j’emmènerai peut-être ma petite famille américaine visiter ce musée. J’ai fait une mini revue « internétographique » dont je vous donne quelques liens, surtout vers une visite de la mine d’une part, et une vidéo d’archive de l’INA d’autre part.

Parce que tout le monde ne peut pas montrer la Californie ou le Mexique (ou même le Texas, hein !), je vous envoie une carte postale de Hayange, Moselle, France …

 

Je vous embrasse,

La Krenouille de Hhhhayanch’ (à prononcer comme ça, vous aurez un début d’idée de l’accent d’ici).

 

Sainte Machin Hayange

La statue Notre Dame veille sur la ville …

Une semaine à Paris

Bonjour à toutes et à tous,

Quoi de mieux que de vous raconter cette semaine en amoureux à Paris pour exercer ma liberté d’expression ? Quoi de mieux qu’un voyage en terre cosmopolite parisienne pour exercer ma plume ?

Avec la venue en France de mon américain de Julot, nous avons décidé de retourner dans notre région de rencontre pour passer du bon temps, revoir nos amis (à tous le bonjour !!). Je ne vous raconterai pas toutes les rencontres amicales, mais quelques points forts de notre semaine.

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Nous avons visité une exposition sur la liberté d’expression par la contrainte, j’ai nommé « OULIPO, la littérature en jeux, à l’Arsenal« . L’entrée est décorée par Tito Honegger.

oulipo1Photo pillée sur le site de l’Oulipo à propos de Tito Honegger

 

L’OULIPO, c’est l’Ouvroir de Littérature Potentielle, fondé par Raymond Queneau et François le Lionnais en 1960. Le principe est de créer un Ouvroir, c’est à dire un atelier, pour explorer la littérature potentielle. Potentielle parce que la littérature n’a pas de limite, elle a seulement des contraints. Par contrainte on entend des règles, parfois compliquées, mais parfois simples. Par exemple : choisir de ne pas utiliser la lettre E (ce qui s’appelle un lipogramme). Georges Perec en a écrit tout un roman intitulé « La Disparition ». Et je voudrais saluer la traduction anglaise intitulée « A Void » par Gilbert Adair. Les contraintes sont répertoriées par ici, avec toute la poésie que ça évoque.

Comme exemple, je vous propose la Rime berrychone, par Harry Mathews (tirée du site www.oulipo.net)

Berrychonne (avec y) : origine les Dream Songs de John Berryman.

Fonctionne sur trois vers : les deux premiers vers ne riment pas, mais la fin du troisième vers est composée à partir de la consonne de l’un et la voyelle (ou élément vocalique : ou, on, etc) de l’autre.

La scène est sur la scène et la scène était vide,
un espace quelconque où tout se déroula,
se déroule et viendra. Pour l’heure il s’en évade.
(JJ)

J’ai choisi celle-ci, qui est proposée par un membre américain de l’Oulipo. D’autres règles ont un côté franchement mathématique. Alors autant vous dire qu’un mathématicien américain et une rêveuse française s’y sont beaucoup plus.

Pour ceux qui voudraient y aller, c’est jusqu’au 15 février 2015 à la Bibliothèque de l’Arsenal.

 

Un autre grand moment de cette semaine a été le visionnage du film Un Américain à Paris, de 1951, en Technicolor.

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Le film raconte l’histoire d’un peintre américain (Gene Kelly), installé à Montmartre, qui tombe amoureux de Lise (Leslie Caron). Dans le même temps, une riche héritière (qui n’a même pas de nom, jouée par Susan Cummings) s’éprend de lui et le soudoie en finançant son art. Je vous la fais courte…
En fan de swing que je suis, j’aime voir Gene Kelly danser et chanter dans les rues de Paris. J’aime aussi reconnaître des peintures célèbres dans les décors du final du film.

I got music, I got rhythm. Who can ask for anything more ?

Le dernier point fort de notre semaine a été la traversée du 5ème arrondissement, avec arrivée jusqu’à la Grande Mosquée de Paris. Nous y étions le 3 janvier, et c’est tombé le jour de la fête d’Al Mawlid Annabawi.
Je fais genre celle qui connaît, mais c’est à l’écriture de cet article que j’ai appris que c’est la fête de la naissance du prophète Mahomet (merci Wikipedia !)
Nous ne sommes pas seulement rentrés dans un lieu de culte, mais nous sommes également rentrés dans une communauté, avec des conférences, des chants. La fête quoi !

 

mosquee2La cour d’honneur

 

mosquee3Inspiré des jardins hispano-mauresques d’Afrique du Nord, l’impression de voyager en terre étrangère à l’intérieur de Paris

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La cour d’honneur (encore)

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Une fontaine dans le jardin … Avec quelques degrés en plus, nous serions bien restés là à rêver plus longtemps

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Le grand patio où se tient l’assemblée, richement décoré

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Un détail de stuc, de calligraphie et de mosaïque

Je vous montre cette mosquée plutôt que les églises que nous avons vues en raison des événements récents. Parce que j’ai vu une communauté pacifiste (les quelques mots de l’Imam que j’ai compris racontaient comment le Prophète est resté pacifique malgré les provocations). Parce que je suis croyante et que le mot Fraternité m’est également très important.

C’était une belle semaine de vacances. D’ouverture sur d’autres horizons. De rêveries éveillées. Nous avons fêté la nouvelle année en tête à tête avec mon Julot. Et  2015 sera riche.

Aller, je vous embrasse,

La Grenouille française dans son pays …

Happy New Year !!

Bonjour,

Je commence par vous souhaiter à toutes et à tous la bonne année 2015. J’ai encore le droit (il paraît qu’on a 15 jours pour le faire) … J’avais un peu disparu de la circulation pour cause de « mari en France ».

Et oui, toujours dans l’attente de mon visa d’épouse de citoyen américain, mon Julot est venu en France pour 2 semaines de vacances. Il est donc arrivé le 25 décembre au soir (c’est ce que ça coûte de chercher le billet le moins cher à la période de Noël et à la presque dernière minute) et vient de repartir ce matin (départ de la maison : 4h00 du matin …).

Ce petit délai m’a permis de lire les bonnes résolutions des uns et des autres. Beaucoup préfèrent dévoiler leurs objectifs ou leurs projets plutôt que des résolutions. J’ai coupé la poire en deux. J’ai pris une bonne résolution/projet : « oser interviewer des personnes exerçant différents métiers aux USA ». La bonne résolution est contenue dans le mot « oser ». Et le projet est contenu dans le reste de la phrase … D’ailleurs, si vous avez envie de découvrir certains métiers, n’hésitez pas à passer commande dans les commentaires. Et j’essaierai de vous exaucer.
L’idée est de poursuivre ma réflexion professionnelle pour le jour où j’aurai le droit de travailler.

Je vous raconterai bientôt aussi notre semaine de vacances en amoureux à Paris (avec quelques photos faites avec mon cadeau de Noël). Je vous raconterai aussi (après un peu de maturation) ma première semaine de pneumologue intérimaire à l’hôpital de Hayange.

 

Altroff060115

En attendant ces prochains articles,
Je vous embrasse,

La grenouille qui ronge son frein dans l’est de la France

un PS : J’ai écrit ce matin cet article. J’y rajoute une pensée attristée et consternée pour les victimes, familles et proches de l’attentat à Charlie Hebdo. Je lis toutes les réactions. J’en ai « aimé » plusieurs. Je n’ai pour l’instant pas d’autre mot que la consternation et la tristesse.